Le chien jaune de Mongolie

chien_jauneTitre original : Die Höhle des gelben Hundes
Titre mongol : Shar nokhoïn tam (« La Caverne du chien jaune »)
Film d’après le conte La Cave du chien jaune de Gantuya Lhagva.
Réalisateur : Byambasuren Davaa
Année de création : 2005
Durée : 93 minutes


 
LE FILM

 

 » Le chien jaune de Mongolie  » sur le site des « Enfants de Cinéma », partenaire du dispositif « École et Cinéma » (résumé / notes d’intention / images)
http://www.enfants-de-cinema.com/2011/films

 

Un extrait de « Le chien jaune de Mongolie »

 

Les 20 premières minutes du film


 
L’AFFICHE

affiche_chien_jaune

 

Disponible en grand format sur le site « Enfants de Cinéma »

 

 

 

 

 

 


 
LA MUSIQUE

Ganpurev Dagvan est un compositeur de musique traditionnelle mongole.
Il joue du ikh-khuur, du Morin-khuur et du Tobshuur, des instruments de musique traditionnelle.
Le ikh khuur (littéralement le violoncelle à tête de cheval)
Le Morin khuur (littéralement : viole à tête de cheval) est un instrument à cordes

Entendre la musique du film


 
MOTS CLE

Film , famille, vie quotidienne, déménagement, chien , nomade, maison, vacances, fugue, caverne, sauvages/apprivoisés, cercle
mais aussi
Acteurs / tournage / scénario / film documentaire /


 
DES PISTES PÉDAGOGIQUES AUTOUR DU FILM

Un dossier pédagogique réalisé dans l’Académie de Clermont -Ferrand (par Didier Lutz, CPD arts visuels Allier, Janvier 2012) propose des pistes de préparation au visionnnage par les élèves et des séances pour prolonger le plaisir et la compréhension du film.
Réflexion intéressante autour de la narration et de la structure du récit.

 

Le dossier pédagogique du dispositif Ecole et Cinéma dans le Haut-Rhin, Académie de Strasbourg.
Un document complet avec de nombreuses ouvertures culturelles vers – l’architecture (la yourte et ses interprétations contemporaines )
– les arts appliqués (le travail du feutre)
– les arts du son (musique mongole).

 

Un dossier pédagogique réalisé par Les Grignoux (Association liégeoise de promotion et d’exploitation de films cinématographiques ) est disponible sur leur site (coût: 4,50 euros)


 
LES POINTS D’APPUI POUR LE PARCOURS « DÉCOUVERTE »

Autour de la sortie au cinéma

Voir propositions dans la rubrique « Des pistes pour découvrir le cinéma »

Autour du film

1. La notion de film

- Comparer le film vu au « dessin animé » vu lors de la première séance de cette année.
– Constater les grandes différences pour entrer dans la notion de film scénarisé, mis en scène, joué.

Attention, dans ce film, le metteur en scène a fait le choix de faire jouer une famille. Ils sont acteurs pour le film mais pas « acteurs professionnels ».

2. L’histoire

- Comprendre que le film raconte une histoire mise en scène et jouée.

Attention à une difficulté de compréhension qui fait l’originalité du film : le film oscille entre narration et documentaire.
Il remplit doublement une fonction de rêve :
il raconte une histoire avec des épisodes tristes, des épisodes plus angoissants et un dénouement heureux.
il montre des paysages et des manières de vivre inconnus de nous.
C’est réellement le parti pris par la réalisatrice Byambasuren Davaa, qui utilise une histoire basée sur un conte mongol pour présenter une région et un peuple auxquels elle appartient.
C’est l’enjeu du film.

Comprendre le film, c’est comprendre cette donnée qu’il faut dévoiler ou faire émerger par les élèves.

Des activités permettent de comprendre la valeur documentaire du film.
Ainsi, cette compréhension peut passer par
Le rappel du conte: (re)découvrir le conte original (voir le document ci-dessous)
retrouver son déroulé dans le film = reconstituer l’histoire pour s’assurer de la compréhension du récit
– Le repérage et la distinction entre les scènes relevant du documentaire et les scènes mettant en jeu le conte.
– Le repérage et la comparaison entre le mode de vie dans le film et notre mode de vie.
– Dans le mode de vie du film, l’opposition entre ce qui relève de la tradition, de l’ancestral et des marques de modernité. La recherche se fait en s’appuyant sur des objets du quotidien, sur des actes, des actions mais aussi sur des paroles. (voir le dossier pédagogique de l’académie de Clermont-Ferrand ci-dessus ).

Cette opposition sera encore plus compréhensible par la rencontre avec des objets traditionnels du quotidien; Une visite au Musée Alsacien de Strasbourg ou dans un musée patrimonial local permet d’ancrer l’opposition entre le « traditionnel » et la modernité.

3. Les ressentis

- Évoquer l’ambiance du film et l’état d’esprit dans lequel le film a été vécu.
– Évoquer les ressentis personnels. (voir lexique et démarche dans Rubrique « Des pistes pour découvrir le cinéma »).
– Constater que les émotions sollicitées sont plutôt de l’ordre de la tendresse / le contentement / le calme / la confiance / l’enchantement / l’émerveillement.
– Rechercher dans le film pourquoi et comment mes émotions ont été éveillées.

Voici les points sur la gestion filmique de l’histoire qui pourront faire avancer la réflexion des élèves (à moduler en fonction de leur âge et de leurs compétences). Ils apportent aussi des éléments de réponse à la question de savoir ce qui a éveillé mes émotions.

- la notion de temps
L’essentiel des scènes présentes dans le film montrent des activités du quotidien, utiles à la vie ( se nourrir / s’habiller / travailler / jouer / construire sa maison / etc.). Elles traduisent ce qui est primordial dans la vie précaire en Mongolie. Les parents travaillent beaucoup. Ces travaux se font dans la sérénité, sans urgence et presque toujours en présence et avec la complicité des enfants Le seul passage duquel ressort un peu de « violence » est le moment de la disparition du garçon.
Les scènes de la vie quotidienne sont filmées pratiquement dans leur intégralité, ce qui leur donnent une valeur d’importance et renforce cette idée d’une vie qui s’écoule dans le calme et la douceur.

- la bande sonore
Les voix des personnages (doublées pour la version française) sont claires, calmes, chantante pour la mère, ferme pour le père. Les voix s’élèvent seulement lors de la disparition du garçon, et ceci pour servir le scénario.
La musique est une musique traditionnelle mongole; elle participe de la valeur documentaire du film. Une musique plus occidentale intervient pour accompagner le scénario et renforcer les émotions lors de la disparition du garçon ou pour accompagner les réflexions philosophiques de Nansa.
Les bruits sont des bruits du quotidien et des bruits de la nature. Ils servent les enjeux du film.

- la portée spirituelle du film
C’est le niveau de compréhension du film le plus difficile; non seulement la portée spirituelle touche à la compréhension de l’existence mais elle est abordée du point de vue de la conception bouddhiste.
Le film affiche clairement ses intentions spirituelles dès le début, lorsque le père explique à Nansa que « Tout le monde décède, personne ne meurt ». On retrouve cette idée à plusieurs reprises (dans le rêve de Nansa / dans le jeu des enfants autour des nuages ).

La réalisatrice a conduit le film dans ce sens et nous pouvons envisager quelques réflexions plus philosophiques avec les élèves; ceux-ci, quel que soit leur âge, ressentent intuitivement une relativisation rassurante de la vie dans le film.
Le cycle de la vie est l’idée forte de la philosophie bouddhiste Il est présent sous différentes formes dans le film
– La vie quotidienne ritualisée
– La relation à la nature et le recyclage des matières premières (les bouses de yack par exemple)
– La transformation du lait en fromage (présentée dans le désordre dans le film)
– Les paroles du père au début du film (Tout le monde décède, personne ne meurt )

L’idée du cycle est aussi présente dans la forme ronde, rassurante, récurrente tout au long du film et mise en évidence par les plans en plongée de la réalisatrice.
On retrouve cette forme dans la yourte et la trace qu’elle laisse au sol lors du démontage / dans les récipients utilisées par la mère / dans l’enclos du bétail / dans les roues qui symbolisent aussi la roue du temps qui passe.

La légende du chien jaune.
Une légende quelque peu difficile et qui demande à être expliquée.
Elle est un appel à grandir et à comprendre qu’un jour il faut quitter ses parents.


 
DES LIENS AVEC D’AUTRES DOMAINES ARTISTIQUES

Arts du Langage :
« La tête dans les nuages »
François David, Marc Solal,
Motus
tete_dans_nuages2
Arts Visuels ;

Le sculpteur est un chasseur de nuages

Hans Jean Arp, artiste né à Strasbourg, sculpte des formes très pures, proches de la nature.
Il cherche son inspiration dans les formes des nuages
Il écrit:
 » Celui qui voudrait abattre un nuage avec des flèches épuiserait en vain ses flèches. Pourtant, bien des sculpteurs ressemblent à ces chasseurs étranges.

Voici comment il faut s’y prendre:
On charme le nuage d’un air de violon sur un tambour ou d’un air de tambour sur un violon. Alors, très vite, on voit le nuage descendre et on le voit se tordre de plaisir à même la terre jusqu’à ce que par gratitude pure, il se pétrifie. C’est ainsi que le sculpteur peut réaliser la plus belle sculpture. »(1954)

Hans Jean Arp (1886/1966)
Berger de nuages (1953)
berger_nuages
Joseph Beuys (1921/1986)
Infiltration for piano, 1966
Centre Georges Pompidou, Paris
infiltration_piano
Tony Cragg (1949)
Lens , 1985
Sculpture
MAMCS Strasbourg
sculptures
Arts des espaces : Architecture
Architectures mobiles
Mouvement européen des années 60.Yona Friedman
Claude Parent
Pascal Häusermann (1936/2011) (image ci contre)
mobiles

 Coordination : Fabienne Py, Conseillère pédagogique en arts visuels