DÉCOUVRIR LE CINÉMA

 

Des pistes pédagogiques pour découvrir ce qu’est

le cinéma

MAITRISE DE LA LANGUE

La fréquentation de films dans une salle de cinéma met les élèves dans deux situations culturelles nouvelles :

  • Celle de découvrir un nouveau lieu avec une fonction et une organisation particulière.
  • Celle d’être initié à un nouvel art.

Les parcours conçus dans la programmation ont chaque année  pour ambition de permettre aux élèves d’être à l’aise dans ces situations nouvelles.

Il nous semble que la connaissance (compréhension et utilisation) du vocabulaire spécifique à ces situations nouvelles est un facteur important de cette aisance.

L’enseignant établit, en début d’année,  une liste de mots dont les élèves devraient avoir une fréquentation régulière au long du parcours.
Document pédagogique pour l’enseignant :Un lexique du cinéma et du film

  • Dans les classes de maternelle, la fréquentation de ce vocabulaire spécifique par les élèves passe essentiellement par la parole de l’enseignant (modèle de la parole) qui en use largement lors de situations construites mais aussi dans les situations authentiques de la vie de la classe.
  • Dans les classes de cycle 2, l’adulte vise une utilisation régulière et aisée de ce vocabulaire par ses élèves. Le vocabulaire spécifique connu ou nouveau est engrangé dans  un abécédaire de la classe (« fabrication maison »)
  • Dans les classes de cycle 3, le vocabulaire spécifique connu est utilisé par les élèves et exigé par l’adulte. Il s’enrichit de mots nouveaux dont la définition est recherché et engrangé dans un dictionnaire  (« fabrication maison »).

Ces outils de la classe permet non seulement de répertorier les mots nouveaux, connus mais aussi de s’y référer régulièrement et à chaque fois que nécessaire.
Ils engagent des situations de lecture et d’écriture. Ils contraignent à la rédaction de définitions. Le niveau d’exigence de ces définitions est adapté aux compétences des élèves et évolue au cours de l’année
Il s’enrichit au cours de l’année scolaire.
Il sert toute activité autour du cinéma, comme par exemple la rédaction d’une critique



LES ÉMOTIONS ET RESSENTIS

Toute éducation artistique, quel que soit le domaine artistique en jeu passe par la rencontre sensible avec l’œuvre.

Cette rencontre commence avec les ressentis, les émotions mis en relation avec les expériences sensitives antérieures du vécu particulier de chacun.

Au cinéma, les émotions sont amplifiées et sollicitées bien au-delà de l’histoire ou l’aventure présentée par le film.
Elles sont exaltées par une immersion totale dans l’histoire qui facilite l’ identification aux personnages. Elles sont façonnées par la force des images et des musiques, bruitages et effets sonores.

Un des enjeux de l’éducation artistique à l’école est de permettre aux élèves de s’exprimer sur leurs ressentis et leurs sentiments.
Plus les enfants sont jeunes, plus cette approche de l’œuvre par les émotions est première.

Un des enjeux de la maitrise des langages à l’école est de permettre aux élèves de disposer des mots justes pour dire leurs émotions.

Un des enjeux du dispositif « École et Cinéma » et des parcours est de permettre aux élèves de percevoir ce qui, dans le film, a provoqué leurs émotions

Le jeu des questions, des activités mises en place par l’adulte va permettre de prolonger le plaisir de la découverte puis de dépasser l’expérience purement subjective pour une expérience plus raisonnée vers une compréhension des mécanismes du film

La démarche pédagogique comporte successivement :

1. Une approche sensible du film : les enjeux émotionnels et affectifs

Émotions, vécu et imaginaires des élèves sont sollicités.

Par la parole, par le dessin, par le mime, grâce à des images explicites, les élèves évoquent les différentes émotions ressenties lors du visionnage du film.
Ils les mettent en lien avec le contenu du film.

Par les sollicitations de l’adulte, les élèves font appel à des événements vécus, à des histoires connues ayant provoqué les mêmes émotions.
Ces moments sont précieux et les enfants s’y engouffrent avec plaisir.
La mise en tension des contextes divers des émotions permet de mieux percevoir ses émotions, de les nuancer.
Un vocabulaire juste et riche de synonyme est proposé aux élèves (voir document ci-dessous)

La fréquentation d’images et d’œuvres d’art (par simple affichage ou lors de séances construites), mettant en jeu les émotions ressenties, ancre le discernement et le vocabulaire des émotions.

La classe peut se doter d’un dictionnaire des émotions réalisé par la classe.
Sur chaque page:
– Le nom de l’’émotion
– Une photo ou une image mettant en scène l’émotion
– Une définition rédigée par les élèves qui indique les effets physiques marquants liés à l’émotion. Par exemple, je transpire / j’ai la chair de poule / j’ai envie d’être avec maman / etc.)
– Une ou des situations vécues.

Référence utile : Des larmes aux rires – Les émotions et les sentiments dans l’art – Claire d’Harcourt, Editions du Seuil-Le funambule- ISBN :2-02-089311-8
Document pédagogique pour l’enseignant : Un lexique des émotions

2. Une approche formelle : les composantes du film et ses enjeux filmiques

Capacités d’observation, de mémorisation, de narration sont sollicitées.

Constat à faire avec les élèves:
Nous avons tous ressenti, à quelques nuances près, les mêmes émotions au même moment….

L’approche formelle du film permet d’essayer de comprendre ce qui dans le film a déclenché nos émotions.
Elle s’envisage comme un temps de réflexion et de partage faisant suite au plaisir cinématographique et est possible dès la section des petits.

Elle prend, par exemple, la forme suivante:
– « Quand est ce que j’ai(nous avons) eu peur dans le film ? = repérage d’un passage
– Qu’est ce qui m’a (nous) fait peur ? = repérage des éléments de ce passage. Les élèves doivent aller au delà de la narration pour repérer des éléments du film (personnage / décor / musique / etc.)
– Pourquoi et comment le personnage (ou le décor ou la musique ) m’a fait peur ? = description
Cette formulation nous semble plus adaptée qu’une formulation « j’ai eu peur de… parce que ». Elle indique l’intention du metteur en scène
Cette approche est l’occasion de parler et de décrire:
– Les personnages du film
– Les décors ou les paysages
– Les musiques et les éléments de la bande son
– Les jeux de lumière
– Les manières de filmer (ou de dessiner) du metteur en scène

Les élèves, à hauteur de leurs capacités entrent dans une analyse filmique.
Le vocabulaire technique du cinéma peut être proposé par l’adulte ( plan d’ensemble / plan rapproché / gros plan zoom / cadrage / flou / etc.)

Document pour l’enseignant : L’institut français du cinéma propose un lexique du cinéma sur son site

3. Une approche culturelle : la mise en réseau du film

Connaissances, mémoire sont sollicitées.

La mise en réseau du film vu avec d’autres œuvres artistiques pose les fondements d’une culture artistique.
Elle permet la comparaison avec d’autres objets artistiques similaires.

Elle revêt deux aspects:
– mettre en réseau et comparer le film vu avec des objets artistiques déjà connus des élèves
– mettre en réseau et comparer le film vu avec des objets artistiques non connus des élèves, que l’enseignant a choisi avec pertinence et qu’il souhaite faire découvrir à ses élèves.

La comparaison des œuvres les unes par rapport aux autres permet de dégager les notions suivantes:
– la notion de type d’œuvre (un film /  un dessin animé / un film animé / etc.ou dans un autre domaine une peinture / une sculpture / une photo / un dessin)
– la notion de genre (un film aventurier / un film documentaire / un conte / un film fantastique / etc. ou, dans un autre domaine un ballet / un solo / un duo / une pièce courte / etc. )

La comparaison des œuvres les unes par rapport aux autres permet d’évoquer le contexte de création.
De ces premières « analyse » ressortiront:
– des invariants qui permettent d’ancrer le genre
– des différences qui évitent de tomber dans des stéréotypes
– des singularités qui font l’originalité de chaque film

Pour plus d’aides sur chaque film, consultez les rubriques des films.

Coordination: Fabienne Py – Conseillère pédagogique en arts visuels – DSDEN du Bas-Rhin