AZUR ET ASMAR – maternelle

Film d’animation en couleur
Réalisation : Michel Ocelot
2006,  France
Durée : 90 minutes

Maternelle et Cinéma 2019/2020



SOMMAIRE 

  1ère partie: Pour l’enseignant      2ème partie: Avec les élèves
  • Informations sur le film
  • Connaissances culturelles utiles
  • Avant tout un conte
  • Liens avec « Vivre ensemble » 
  • Des images et un art de vivre
  • Des dossiers pédagogiques à consulter
  • Avant la séance au cinéma
  • La séance au cinéma et le  film
  • Après la séance au cinéma
    1. s’émerveiller d’un conte
    2. s’émerveiller des images
    3. découvrir un art de vivre et une esthétique
    4. aborder des valeurs humaines

    Agir, s’exprimer, comprendre à travers les activités artistiques

    1. la répétition 
    2. la symétrie
    Des ouvertures culturelles


    POUR L’ENSEIGNANT   

   DES INFORMATIONS SUR LE FILM      

      CONNAISSANCES CULTURELLES UTILES    

Le film d’animation Azur et Asmar  est un conte dans lequel le merveilleux, la magie et la morale  des contes agissent. 
L’histoire mise en scène  est construite autour de questions  d’humanisme,  et d’ouverture à d’autres cultures. Elle questionne la place de l’ « étranger », de la différence tout en dénonçant indirectement l’incompréhension qui existe et persiste entre  pensée et  culture orientales et  pensée et  culture occidentales.  Des thèmes et des sujets de réflexion chers à Michel Ocelot,  le réalisateur, qui valorise également dans son film,  la valeur de l’entraide et les bienfaits de la différence. 
Michel Ocelot (1943-)  est un réalisateur français de films d’animation . Parmi ses films célèbres,   Kirikou la sorcière,  son premier long métrage (1998) lui vaut une trentaine de récompenses et ouvre le champ vers un nouveau style de film d’animation.
Avec Azur et Asmar, Michel Ocelot  consolide sa réputation de maître de l’animation  « à la française ».  Dans ces films, Michel Ocelot joue autant avec la force et la beauté des images qu’avec la narration pour révéler les valeurs humaines qu’il défend.

   AVANT TOUT UN CONTE     

 Marqué par les contes africains de son enfance (Michel Ocelot a grandi en Guinée) et les classiques européens , Michel Ocelot intègre dans ses scénarios  le merveilleux et le magique possibles pour résoudre les problèmes.   En situant l’histoire de Azur et Asmar dans le Moyen-Age de l’Orient,  il  donne à la sagesse de son histoire, une dimension universelle et intemporelle. 
Pour autant, Michel Ocelot veut nous parler de notre époque.    « Le sujet qui me tenait à coeur ?  D’une part, tous ces gens qui se détestent – ils ont été élevés comme cela – qui se font la guerre ; d’autre part, les individus  qui ne suivent pas, et qui s’estiment, s’aiment au delà des barbelés. (…) L’animosité ordinaire, entre citoyens de souche et citoyens récents, et, poussant plus loin, mais parallèlement, entre Occident et Moyen Orient.  Une réalité brûlante, à traiter en conte de fée merveilleux. » Extraits du cahier_vert édité par Enfants de Cinéma

   LIENS AVEC « VIVRE ENSEMBLE »    

Des valeurs mises en histoire
 Égalité, respect, mixité, fraternité, liberté, diversité s’opposent dans le film à  jalousie,  rivalité, supériorité.
 Ces valeurs sont incarnées par  des personnages.  La mère nourricière fait figure d’égalité. Elle élève les deux enfants, son fils et l’enfant dont elle est la nourrice (enfant de lait),  sans distinction d’affection, sans marque  de préférence  et attend d’eux qu’ils agissent avec les mêmes convictions et dans le respect l’un de l’autre. 
A l’inverse, le père d’Azur manifeste et affirme clairement une supériorité; une différence de classe amplifiée par une différence d’origine.
Azur et Asmar  servent à la fois de marqueurs pour la jalousie, la rivalité,  la discrimination mais aussi pour la solidarité et le respect.
Des personnages adjuvants renforcent les valeurs : Crapoux en anti-modèle fait s’interroger sur  la moralité, l’honnêteté et la compassion, la princesse Chansous-Sabah affiche le respect et les bienfaits de la connaissance, le sage Yadoa  manifeste la diversité, l’éclectisme et la bienveillance.

   DES IMAGES ET LA MISE EN VALEUR D’UN ART DE VIVRE     

Pour réaliser Azur et Asmar, Michel Ocelot utilise des images de synthèse. Plutôt que d’exploiter les illusions de perspective et l’animation en 3D possibles grâce aux images de synthèse,  il privilégie  de travailler et épurer  les motifs, d’affiner les nuances de couleurs pour aboutir à des images à la fois simples et raffinées qui restituent l’esprit de l’art oriental.
Le traitement des images  dans Azur et Asmar est orienté vers de l’aplat; Ocelot se défait des questions de perspective pour privilégier une représentation sans profondeur, sans jeu d’ombre et de lumière. Il s’inspire des miniatures persanes, des icônes, de la peinture indienne et extrême-orientale  et, selon leurs principes,   il travaille les  effets d’éclairage uniquement pour mettre en lumière et en valeur les visages et les mains.  « Au fond ce sont les têtes qui nous intéressent » (M.Ocelot) et pour faire porter notre attention sur les têtes, Michel Ocelot les dessine de manière très réaliste en prenant appui sur  la représentation dans  Les Très riches heures du Duc de Berry, manuscrit du XVeme siècle. Il s’inspire d’ailleurs de nombreuses références artistiques, historiques, architecturales et puise dans la culture orientale  et dans la culture occidentale.
La 3D est utile à Michel Ocelot pour le travail  des bijoux berbères. Il les façonne très réalistes, perfectionne le motif, amplifie la brillance et leur donne du mouvement  pour les rendre  présents. 
Les plantes et les fleurs sont  étudiées comme les planches de botanique, de manière simple mais très réaliste. La répétition des motifs avec quelques variations de couleurs permettent la mise en scène d’une végétation luxuriante.
La pratique de la répétition se retrouve dans la construction de nombreuses images. D’autres procédés créatifs contribuent à l’harmonie et la beauté des images créées par Michel Ocelot. La symétrie, présente autant dans le contenu narratif que dans le traitement des image, renforce  la narrationSelon Michel Ocelot, elle garantit l’équilibre et l’harmonie et est une composante du monde et de son organisation. L’utilisation du profil que Michel Ocelot défend selon son principe  que le profil permet plus d’expressivité des visages et des attitudes et que le profil d’un objet, d’un personnage, d’un animal révèle plus de beauté que sa face.

     DES DOSSIERS PÉDAGOGIQUES A CONSULTER   

  • Le dossier de la coordination Ecole et Cinéma Haute-Marne avec un plaidoyer de Michel Ocelot pour son film
  • Arts visuels et habits, habillages, SCEREN/CRDP Poitou, 2009,  ISBN 978-2-86632-747-7
  • Arts visuels et cultures du monde, SCEREN/CRDP Poitou, 2012, ISBN 978-2-8142-0291-7


   AVEC LES ÉLÈVES   

Cette rubrique permet aux enseignants de se saisir de contenus et de démarches pour accompagner la réflexion, l’enrichissement, les connaissances des élèves dans la considération du film.
La page intitulée « Les incontournables d’une séquence autour d’un film au cycle 1   donne des contenus indicatifs sur les leviers génériques d’une éducation artistique, culturelle et sensible autour du cinéma.  A consulter, à exploiter ! 
Les rubriques ci-dessous donnent les recommandations pour le film Azur et Asmar
Les deux pages d’approche pédagogique se complètent.

      AVANT LA SÉANCE AU CINÉMA   

Autour de l’affiche
  • présenter  deux affiches
  • prélever les similitudes et les différences
  • prélever des indices forts qui permettent d’émettre des hypothèses (les animaux fantastiques / les personnages /  les vêtements / la gamme des couleurs / les écrits -forme et sens-)
  • en s’appuyant sur ces hypothèses et sur d’autres données mises à disposition par l’enseignant (court résumé / critiques / photogrammes / bande annonce), profiler un contenu de film (genre du film = film d’animation / type de narration = histoire vraie – fiction – conte fantastique -aventure – etc.) 
  • évoquer un contexte  possible pour l’histoire (= où et quand cela peut-il se passer ?)
  • évoquer un contenu possible, imaginé,  pour l’histoire
Les autres outils de communication du cinéma

Selon ses choix, l’enseignant présente

   LA SÉANCE AU CINÉMA   

Les élèves y apprécient
  • une histoire sous forme de conte
  • des enjeux humains 
  • une rencontre pour certains élèves avec un autre univers, pour d’autres élèves avec un univers familier  placé dans une autre époque
  • la qualité esthétique des images
Les élèves y découvrent
  • des valeurs humaines défendues par des personnages
  • des émotions et ressentis mis en scène
  • l’esthétique de l’art oriental
Les élèves y éprouvent (et y apprennent)

 

 

  • la beauté des images de M. Ocelot
  • la force de la fraternité et de l’entraide
  • la notion de symétrie
  • la gamme des plans (plan général / plan rapproché / gros plan / très gros plan) et  leurs effets

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   APRÈS LA SÉANCE AU CINÉMA     

Confronter les premières impressions sur le film 
  • revenir sur l’idée qu’on s’était faite du film avant la séance
  • dire simplement les premiers ressentis :  les passages vécus plus fortement,  les personnages considérés comme attachants ou détestés, les images retenues
  • exprimer satisfaction ou déception
S’émerveiller d’une histoire : un conte
  •  dire/ dessiner son personnage préféré (des photogrammes sont à disposition du regard des élèves) 
  • retrouver l’ensemble des personnages de l’histoire. Catégoriser (héros / gentils / méchants / personnages aides ou personnages obstacles)
  • citer l’objet de la quête et retrouver les 3 épreuves à surmonter pour atteindre la quête
  • retrouver et lister des éléments du merveilleux et du  conte dans le film  – palais, princesse, fée, forêt qui fait peur, bestiaire , objets magiques, pluie d’étoiles –  Justifier en quoi et pourquoi  ils appartiennent à l’univers magique du fantastique
  • retrouver quelques aides et quelques entraves
  • par l’interaction des élèves et grâce à des photogrammes, accompagner les élèves dans la compréhension de l’histoire  (le site nanouk offre un séquençage sous forme de déroulant) .
S’émerveiller des images 
  • décrire quelques photogrammes choisis par l’enseignant
  • décrire les éléments constitutifs de l’image
  • porter son attention sur les couleurs, leurs nuances et leur disposition
  • porter son attention sur les formes et leur disposition spatiale (à côté / devant / derrière / beaucoup / peu / serré / éloigné / etc.)
  • porter son attention sur la répétition de formes 
  • décrire son image préférée ou l’image ayant particulièrement retenu l’attention. Justifier son choix et tenter d’expliquer la (les) raison(s) de ce choix (affectif / plastique / relatif aux éléments constitutifs / relatif à la narration/ etc.)
  • comprendre le jeu de la symétrie dans  les images
    • à partir d’une collection d’images symétriques réalisée par l’enseignant et affichée dans la classe
      – ces images seront utiles pour nourrir la séquence d’arts plastiques – 
      – ces images seront puisées  de préférence dans le domaine scientifique / dans le domaine architectural  / dans le domaine artistique (accéder à des images
    • observer quelques  images présentant des formes symétriques, décrire ce qu’elles ont de particulier. Définir le principe de la symétrie
    • explorer la symétrie à travers des pratiques plastiques (voir ci-dessous § Agir, s’exprimer, comprendre à travers les activités artistiques)
    • observer  les symétries dans les  photogrammes du film
    • aborder quelques symétries dans l’histoire et particulièrement celles entre Azur et Asmar

Découvrir  l’esthétique artistique et culturelle de l’Orient

  • citer des éléments repérés dans le film comme étant différent de notre quotidien  (marché / épices / jardins et flore / décor de mosaïques / vêtements et bijoux / architecture du palais / manière de manger et convivialité / etc.)
  • repérer des photogrammes mettant en scène ces éléments ou s’appuyer sur eux pour mettre en valeur les différences
  • décrire quelques particularités plastiques des décors, des mosaïques, des vaisselles, des tapis en terme de couleur / ligne / forme / rythme et répétition
  • selon le choix de l’enseignant, présenter quelques oeuvres ayant servi de référence à Michel Ocelot

Aborder des valeurs humaines

  • A partir des  personnages du film – les lister – 
  • s’imaginer être un des personnages du film, dire lequel et donner les raisons de ce choix
  • dire le personnage qu’on aimerait le moins être et donner les  raisons de ce choix
  • recenser les marques d’humanité développée par Jenane
  • indiquer quelques valeurs et quelques faiblesses (générosité / solidarité / fraternité / rivalité / jalousie / curiosité / enthousiasme / etc.) et les associer aux personnages

    AGIR, S’EXPRIMER, COMPRENDRE A TRAVERS  LES ACTIVITÉS ARTISTIQUES 

Des explorations de composition rythmée sont à proposer en pratiques plastiques

 

La confrontation des travaux permet des constats sur les différents effets obtenus par l’organisation, la répétition, le rythme des motifs sur le support. 
La confrontation des travaux permet de mettre en oeuvre le vocabulaire spatial et plastique.

  •  La symétrie

Démarche :
1. Autour de la collection de l’image pour faire émerger le concept de symétrie
– réaliser une collection d’images et/ou d’objets présentant une symétrie pour permettre aux élèves un repérage visuel du concept. Les images seront puisées  dans différents domaines (scientifique /  architectural  / artistique) (accéder à des images) afin d’élargir au maximum le concept
– observer et décrire les images 
 – passer du contenu « narratif » et  thématique à une analyse plastique mettant en jeu le  langage plastique : couleur / forme / organisation et composition
– définir la  particularité des images
– définir les propriétés invariables de la symétrie et  mettre en oeuvre le vocabulaire utile 
2.  Pratiques plastiques : 

 La symétrie sera explorée grâce à  différents procédés créatifs:
– par pliage du papier portant un médium (peinture)
– par reproduction  de tracés, de motifs donnés  selon un axe de symétrie 
– par collage d’éléments autour d’ un axe de symétrie donné

       OUVERTURE CULTURELLE      

Quelques références et clins d’œil culturels  pour l’enseignant. (Un choix sera fait pour les élèves)

Les références artistiques de Michel Ocelot

Les arts du Moyen Orient :

Littérature :

  • Contes d’Orient, J.Darwiche/C.Louis
  • Aladin, Agnese Baruzzi, Mango-jeunesse (illustrations en papiers découpés)
  • Michel Ocelot, Azur et Asmar,  (petit et grand album), Nathan
  • Michel Ocelot, Au temps d’Azur et Asmar,  Nathan
  • Nacer Khémir, L’alphabet des sables,  Syros, 2006
  • Nacer Khémir, Le livre des Djinns, Syros, 2002

 

 Fabienne PY  —  Conseillère pédagogique en arts visuels  —
Coordinatrice MetC67 / EetC67
_______    DSDEN du Bas-Rhin   _______

Publié le 08/02/2020