LA BARBE A PAPA

Film en noir et blanc
Titre original: Paper moon
Réalisation : Peter Bogdanovich
Version originale sous-titrée – Durée 98 minutes
Etats-Unis, 1973
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Sommaire

1ère partie: Pour l’enseignant  2ème partie: Avec les élèves
  • Informations sur le film
  • Connaissances culturelles utiles
  • Indispensable à considérer avec les élèves
  • Points d’appui pour des débats
  • Liens avec d’autres domaines d’enseignement
  • Des dossiers pédagogiques à consulter
  • Avant la séance au cinéma;
    – un essentiel pour ce film – 
  • La séance au cinéma
  • Après la séance au cinéma
  • Ouverture culturelle

 

POUR L’ENSEIGNANT

    INFORMATIONS SUR LE FILM   

  •  La Barbe à Papa sur le site Nanouk, site pédagogique national  du dispositif « École et Cinéma »
  • Le point de vue sur le film, rédigé par Carole Desbarats.
    Carole Desbarats a dirigé les études à la Fémis (École nationale supérieure des métiers de l’image et du son) puis créé le pôle de communication de l’École normale supérieure (Ulm). Elle contribue au dispositif Ecole et Cinéma
  • La bande annonce en version originale et en version française
  • Des informations sur le film sur le site Wikipédia
  • L’ affiche. Disponible sur le site  Nanouk, site pédagogique national du dispositif « École et Cinéma »
  • Le synopsis du film 
  • Une critique, une analyse du film et des repères relatifs à sa réalisation  sur le site DVDclassic

   CONNAISSANCES CULTURELLES UTILES    

Un périple à l’américaine
Le film relève du genre des road movies ; un genre qui inclut le voyage et plus précisément les films nord-américains construits à partir d’un périple sur les routes, à travers de vastes espaces avec pour moyen de locomotion la moto ou la voiture. 
Dans le genre,  Easy Rider (Dennis Hopper, 1969) ou  Thelma & Louise (Ridley Scott,1991) sont des références. Le magicien d’Oz (Victor Fleming, 1939), Les raisins de la colère (John Ford, 1940) sont les films précurseurs du genre.
 3 grandes étapes dans ces récits : 1. un  personnage laisse son passé derrière lui  2. il part dans une aventure  avec une destination plus ou moins connue. Au cours de son errance il fait un bout de chemin avec un autre personnage 3. les personnages continuent leur route ensemble. L’aventure se termine généralement plutôt mal ou est un retour à la situation initiale. 
L’errance produit  une expérience intérieure qui provoque un changement, une transformation,  pour le meilleur et/ou pour le pire. 
L’errance permet au  film d’aborder des questions liées à l’exercice des libertés individuelles et sociales.

Un contexte historique
Le film est créé par Peter Bogdanovich dans les années 70. 
Le réalisateur fait le choix de le situer dans l’Amérique des années  30,  durant la Grande Dépression, crise économique majeure de l’histoire des Etats-Unis. 
Ce contexte historique et social est important pour le film et permet de comprendre certains enjeux de la narration, tout comme est important le contexte de la prohibition qui règne à l’époque aux Etats-Unis.
La Grande Dépression débute avec le krach boursier de 1929 aux Etats-Unis et court jusqu’à la Première Guerre Mondiale. Elle engendre  la ruine de nombreuses familles, la faillite de milliers de banques, celle de dizaines de milliers d’entreprises et un immense chômage. Elle engage la remise en question des politiques économiques (spéculation, investissements  insolvables ou frauduleux) et une réforme des systèmes bancaires et économiques. 
La prohibition fait référence à des lois interdisant la vente et la consommation d’alcool existant dans certains états des États-Unis entre 1919 et 1933.  A ces restrictions  se combinent une période de recherche de moralisation de la société et d’intolérance. Les effets et les conséquences de cette prohibition aboutissent plutôt au développement de la fabrication clandestine d’alcool, à une consommation dissimulée d’alcool, à un marché clandestin et au crime organisé. 
Pour en savoir plus sur la Grande Dépression 
Pour en savoir plus sur la prohibition 
Une vidéo de 6 minutes sur la crise de 1929

Les photos de Dorothea Lange (1895-1965) servent de témoignage en images de cette période. Entre photo d’art, photojournalisme et photo documentaire,  ses clichés de la pauvreté et de la détresse qui touchent  la population américaine, publiés dans le San Francisco News, permettront le déblocage d’une aide d’urgence de nourriture par le gouvernement fédéral.
Voir des images – site du jeu de Paume – exposition 2018/2019

Bogdanovich évoque la crise économique à travers quelques « clins d’oeil » dans des scènes (la présence de familles pauvres ou sans logis sur les routes,  l’apparence miséreuse de Addie au début du film, la scène à la station d’essence)  mais ne l’affiche pas de manière ostensible dans le film.  
Avec la même discrétion,  Bogdanovich suggère la prohibition dans quelques scènes.  Il  exploite cinématographiquement ces contextes historiques, au cours desquels les repères de la morale sont mis à mal et qui profitent à la petite et la grande délinquance,  pour raconter la rencontre entre deux personnages. 

Les codes de la morale discrédités et des personnages discutables
Dans La barbe à papa, Bogdanovich, présente des personnages apparemment démunis de morale.  Qu’on pense à Moze,  au shériff et même aux dames bien pensantes de la première séquence du film, leur attitude questionne. Bogdanovich  insiste sur la déliquescence morale des États-Unis de cette époque et la met  en scène. 
Addie aussi choque le spectateur par son manque de respect des règles de vie sociales et par sa conduite dépravée.  Son comportement immoral, ses réactions dévergondées sont certainement empreints des adultes qui l’entourent ou l’entouraient et qui lui servent d’uniques modèles. Addie est condamnée à trouver une voie entre une mère à la vie dévoyée et un environnement de voisinage puritain,  entre un père manquant  et un présumé père défectueux.  Elle s’est « émancipée » des préjugés et des conventions morales et sociales plus par nécessité que par choix . Elle avance dans un monde sans foi, ni loi et ne se fait guère d’illusion sur son existence. Par son attitude, elle surmonte  l’ingratitude des adultes et compense l’ingratitude de sa vie. Mais, au fond, comme le souligne Carole Desbarats dans le Point de vue de l’auteur (site Nanouk, site pédagogique national du dispositif ‘Ecole et Cinéma), elle est peut-être la plus dotée de sens éthique et de compassion. 

Le choix de présenter une autre image de l’enfance
 En 1963,  Maurice Sendak publie Max et les maximonstres et choque  en présentant  une réalité de l’enfance avec les conflits parents-enfants, avec les colères et les désarrois enfantins. A peu près à la même époque, Tomi Ungerer publie Pas de baisers pour maman, une histoire dans laquelle le personnage manifeste son aversion pour la débordante affection maternelle.
Le film de Bogdonovich s’inscrit dans cette veine de présenter une plus grande vérité de l’enfance et de contrecarrer les films aux rôles surfaits et niais de petites filles bien élevées (Shirley Temple par exemple).
« On est loin des petites filles modèles qu’affectionne le cinéma et en particulier le cinéma hollywoodien classique, celles qui font de charmants « mots d’enfants », qui sont bien coiffées, pimpantes, hardies dans la limite de la décence, et surtout si féminines déjà, de vraies « petites bonnes femmes » comme le disait le titre original des Quatre Filles du docteur March, de Louisa May Alcott : Little Women, en 1868 ». Carole Desbarats dans le Point de vue de l’auteur
Tatum O’Neal (Addie) est à ce jour la plus jeune personne à avoir jamais remporté  un Oscar, celui de la meilleure actrice second rôle   (Shirley Temple en reçut un, de façon honorifique, à l’âge de 6 ans…).
Il faut reconnaître que la réussite du film doit beaucoup, pour ne pas dire l’essentiel, au tempérament de cette jeune actrice.

Un apprivoisement ? une complicité ?
C’est l’histoire de deux personnes qui s’exploitent mutuellement, se servent l’une de l’autre et finissent par ne plus pouvoir se passer l’une de l’autre. Mon intention était de faire de ce film une histoire qui en aucun cas n’adoucirait ou n’amoindrirait les comportements premiers de deux personnages principaux. » Peter Bogdanovich
Et pourtant,  des changements s’opèrent progressivement dans la relation entre les deux personnages. Si elle est toujours conflictuelle, elle se colore d’un apprivoisement et de tendresse.
Les deux acteurs manifestent une réelle complicité dans leur jeu. Cette complicité se perçoit dans toutes les situations : dramatiques, comiques, tendues, graves, etc. et est manifestement due à la complicité naturelle des deux acteurs qui sont père et fille (Tatum O’Neal et Ryan O’Neil). D’où, la ressemblance du menton….

Un film classique à l’américaine 
À une époque où les films  sont présentés en couleurs, Peter Bogdanovich tourne en noir & blanc. Il ne pouvait pas imaginer cette Amérique des années 1930 autrement qu’en noir & blanc et travaille particulièrement ses images, en utilisant des filtres  pour obtenir un noir et blanc authentique inscrit dans le respect des images de  l’époque.
Bogdanovich inscrit sa réalisation dans l’esprit du cinéma hollywoodien qu’il affectionne particulièrement et souhaite perpétuer. On retrouve dans son style des influences  du cinéma de John Ford (1895-1973, Les raisins de la colère), de Howard Hawks (1896-1977), d’Orson Welles (1915-1985) . 
Dans son film,  Bogdanovich soigne chaque image. Il travaille  les détails de fond d’image et offre ainsi des références, des clins d’oeil que le spectateur averti peut prendre.  Il peaufine le choix des objectifs pour  jouer sur la profondeur de champ et éviter les flous d’arrière-plan.  Il utilise le panoramique et comme dans tout road movie,  le film dépeint les paysages  secs, déserts et les longues routes qui les traversent.  Il travaille les plans longs fixes et les travelling. Il multiplie les   gros plans sur les personnages et particulièrement sur le visage de Addie et ses changements d’expression remarquablement éloquents.
Le scénario offre une riche palette allant du burlesque au dramatique, de la fiction au documentaire, de la fable au road movie et convoque une   diversité des ressentis chez les spectateurs.
En lire davantage (critique et une analyse du film) sur le site DVDklassik 

    INDISPENSABLE A CONSIDÉRER AVEC LES ÉLÈVES    

Version originale et sous-titrage
La question  du sous-titrage doit être abordée avec les élèves avant la séance au cinéma. Des réactions négatives sont possibles. Il nous semble  profitable que élèves  désamorcent certaines craintes en proposant une séance autour des avantages et inconvénients de la version originale sous-titrée. 
Des points d’appui et une démarche  sont données dans la partie pédagogique « avant la séance ». 
Par ailleurs, dans le cadre d’un dispositif d’éducation à l’image, l’enseignant doit sensibiliser les élèves au rapport culturel à l’œuvre et considérer avec eux qu’un film étranger est le produit d’une culture autre, définie notamment par une langue à laquelle le film en version originale donne accès.

Un road movie
Un film, entre drame et comédie, dans la tradition des films hollywoodiens. 
Mais aussi un film construit selon les codes du genre « road movie ».

L’époque représentée et ses caractéristiques économiques, sociales, morales
Le contexte social et économique est particulier et éclaire la narration et les images. Il doit être annoncé et expliqué aux élèves avant la séance en salle (voir ci-dessous le chapitre Avec les élèves).
En lien avec le programme d’enseignement de l’histoire, la recherche   autour du contexte du film et sa compréhension vont engager
– de mobiliser des repères déjà connus des élèves  pour placer le contexte du film  par rapport à une période référente,
– de construire de nouveaux repères ayant du sens pour les élèves,
– d’élargir la conscience de l’espace géographique et du temps historique.

Le noir et blanc
Le premier film en couleur apparaît en 1935.   Bogdanovich  réalise un film en noir en blanc dans les années 1970 alors que toutes les productions se font en couleur. Il contribue ainsi à resituer l’histoire dans son  époque et en amplifie la crudité. 

Le titre du film 
Le titre donné par les distributeurs français n’est pas la traduction du titre original. Les deux sont inspirés de la fête foraine dans laquelle Addie et Moze se ressourcent, chacun à sa manière. 
Un paper moon est une image traditionnelle des fêtes et foires  des Etats-Unis  : une photographie que les amoureux et autres personnes souhaitant garder un souvenir de leur escapade foraine se faisaient faire à la foire. La photo est prise dans un décor « romantique » d’une lune. 
Dans le film, Addie prend du temps pour se faire photographier dans ce décor, elle compte offrir cette image à Moze.
Paper moon est aussi le titre d’ une chanson écrite en 1932 pour un spectacle à Broadway (New-York). Le titre exact est It’s Only a Paper Moon. La pièce pour laquelle la chanson a été écrite ne connaîtra pas de succès, par contre la chanson deviendra très populaire.
Elle a été chantée par de grands jazzmen et jazzwomen comme Nat Kin Cole, Ella Fitzgerald, Bing Crosby en duo avec Rosemary Clooney.
Cette chanson a inspiré Bogdanovich pour  le titre de son film et accompagne le générique du film.
(Ecouter la chanson It’s Only a Paper Moon )

Des personnes difficilement recommandables 
Tous les adultes sont corrompus à leur manière et chacun donne du monde des adultes une image peu glorieuse. Le climat de désastre économique et avec lui, le manque  de nourriture et  le souci de survie,  est une  possible explication de l’affaiblissement moral des adultes.
Autant le contexte social du film est une réalité, comme en témoigne les photographies de l’époque, autant l’histoire de la rencontre et de l’aventure de Addie et Moze est une fiction. Le cinéma et le théâtre,  les séries aussi, sont des espaces qui permettent la mise en scène de la méchanceté, de la violence, de la brutalité, de la jalousie, de l’absence de morale. Par l’intermédiaire des personnages, ces supports nous offrent la possibilité de ressentir ce que nous nous interdisons la plupart du temps dans notre vie. Ils satisfont quelque peu  le plaisir de vivre, sans blâme, ni remords,  des situations que nous nous refusons »moralement ».

    POINTS D’APPUI POUR DES DÉBATS    

Addie pourrait-elle être ma meilleure copine ? 
Est-elle un bon exemple ? A t-elle une morale ? Une conscience de ce qu’elle fait ? Si c’est ma copine, va-t-elle m’entraîner à faire dans des « bêtises » ? 
Si c’est mon amie, va-t-elle m’influencer ou pourrai-je l’influencer ? Comment ?
Elle fume…  et c’est inadmissible à son âge.  Mais pourquoi  et quand  fume -t-elle ? Si c’est mon amie, va-t-elle m’entraîner à fumer ? Comment pourrais-je lui faire comprendre que ce n’est pas souhaitable à son âge ? 
Elle est maline et trouve les solutions à des situations délicates. Si c’est mon amie va-t-elle pouvoir m’aider dans certaines situations. Jusqu’où, jusqu’à quel point d’honnêteté pourrais-je accepter son aide ?  
Elle sait ce qu’elle veut et met tout en oeuvre pour arriver à ses fins. Pour quelles raisons est-elle aussi déterminée et inflexible ? Est-ce une façon d’être  pertinente quelle que soit la situation ? 
 – Elle est authentique et généreuse
Pour chacun des points dire  en quoi cela peut être précieux ou totalement préjudiciable d’avoir une telle copine (ce qu’elle apporterait à ma personnalité). Réfléchir et discuter aussi les influences que chacun pourrait avoir sur elle en tant qu’ami(e) (ce que je pourrais lui apporter).

La moralité des adultes du film. 
 – Moze est-il moral ? S’appuyer sur des exemples de situation  montrant son égoïsme, son indifférence à la misère, ses penchants frauduleux, sa générosité calculée. Comment considère-t-il Addie ? Est-il généreux ? Est-il aimable ? Retrouver des situations montrant  » l’instrumentalisation » qu’il fait de Addie. Estimer les situations dans lesquelles il est « honnête » . Est-il un modèle pour Addie dont il a la responsabilité provisoire ? 
 – Trixie  Pourquoi veut-elle se faire remarquer et comment fait-elle pour cela ?  Est-elle intelligente ? Comment vit-elle ? (elle se fait entretenir et joue avec ses charmes). Pourquoi vit-elle ainsi ? Attention : S’appuyer sur le contexte sociétal et économique pour justifier le choix de vie de Trixie permet d’éviter un jugement de valeur.
Le policier est-il un bon représentant de la loi ?  Le contexte de la prohibition permet-il d’exonérer  la corruption ? 
Les autres adultes (la tante / les vieilles femmes du début du film) ont-ils une attitude de sensibilité à la situation orpheline de Addie ? Qu’attendrait-on d’eux ? Peut-on trouver de  la générosité, de la compréhension, de la compassion ? 

    DES DOSSIERS PÉDAGOGIQUES     



AVEC LES ÉLÈVES

Cette rubrique permet aux enseignants de se saisir de contenus et de démarches pour accompagner la réflexion, l’enrichissement, les connaissances des élèves dans la considération du film.
La page intitulée « Les incontournables d’une séquence autour d’un film au cycle 3 « 
donne des contenus indicatifs sur les leviers génériques d’une éducation artistique, culturelle et sensible autour du cinéma.  A consulter, à exploiter ! 
Les rubriques ci-dessous donnent les recommandations pour le film La barbe à papa
Les deux pages d’approche pédagogique se complètent.

    AVANT LA SÉANCE AU CINÉMA    

La préparation à la rencontre avec le film est indispensable. 
Elle revêt plusieurs aspects  (L’ordre dans lequel l’enseignant présentera ces propositions aux élèves influencera sur leurs réactions et leurs anticipations du film) 
1. Des informations et avertissements pour ne pas se faire surprendre
  – Les élèves doivent savoir avant la séance au cinéma  que le film est en version originale sous-titrée  . Le terme « Version Originale » et le terme VOST sont définis et expliqués. Quelques éclairages sur le principe de la VOST ,  les avantages et inconvénients de la VOST peuvent être exposés par l’enseignant ou faire l’objet d’une discussion avec et entre les élèves. 
Un document sur les avantages et les inconvénients de la VOST est disponible pour les enseignants. L’objectif est de rassurer les élèves quant à leurs réticences et aux difficultés qu’ils pourront rencontrer lors de la séance.
  – Les élèves doivent savoir que les attitudes et comportements des personnages du film (adultes et enfant) ne sont pas exemplaires et sont discutables. L’enseignant indique que l’histoire du film se déroule dans une période de corruption générale et dans un contexte historique et social particulier (voir ci-dessous). Il rappelle également que le cinéma sert (entre autres) à  raconter des histoires et permet l’exagération des sentiments, des attitudes  et une représentation excessive de comportements.
L’enseignant propose aux élèves que la classe reviendra sur les questions de moralité après la séance.

2. Des connaissances indispensables pour une meilleure compréhension du film
Les élèves doivent être sensibilisés au contexte sociétal des années 30 aux Etats-Unis (époque du déroulement de l’histoire). 
Des documents destinés aux élèves sont disponibles (ci-dessous dans le chapitre Des dossiers pour les élèves ). Ils seront lus individuellement par chaque élève puis commentés en groupe pour assurer la compréhension de tous.
Regarder avec les élèves une vidéo de 6 minutes sur la crise de 1929
Des photos de Dorothea Lange sont présentées aux élèves pour donner à voir la réalité de cette époque. Elles sont commentées avec et par les élèves.

3. Un avant-goût du film grâce à la fréquentation de quelques  outils  de communication du film

  •  l’affiche du film à observer. D’autres affiches existent.
  • y prélever des indices / découvrir, lire le(s) titre(s)
  • expliquer la présence de deux titres
  • échanger autour de ce qu’est une barbe à papa ( vécu / plaisirs gourmands / lieu et mode de consommation / connaissances techniques et scientifiques de fabrication /  intérêt nutritionnel)
  • découvrir ce qu’est un « paper moon« . 
    Un document définissant le paper moon, document conçu pour les élèves est à découvrir individuellement. Les informations prélevées permettent à la classe de définir le « paper moon ». Ecouter la chanson It’s Only a Paper Moon, qui participe du générique du film. 
  •  raconter ou lire l’histoire du film ou différents synopsis en  replaçant le contexte historique qui  donne des  clés de lecture (voir ci-dessus §2)

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    LA SÉANCE AU CINÉMA et LE FILM     

Les élèves  découvrent
  • Une aventure inconcevable, voire excessive
  • Un film en version originale 

Les élèves  s’étonnent de 

  • Leur capacité à suivre et comprendre l’histoire dans sa version originale
  • Des  règles sociales et des principes moraux malmenés
  • Des adultes peu scrupuleux
  • Une petite fille déterminée, courageuse
  • L’insolence et l’audace de Addie
  • La nature de la relation de Moze à Addie et la complicité grandissante
  • Le rythme de l’action
Les élèves  éprouvent
et apprennent
  • Les sensations et les émotions de l’identification 
  • Le plaisir de l’humour mêlé au malaise des mauvaises conduites et des malhonnêtetés
  • Les conditions de vie, les manières de penser et les enjeux d’une autre époque
  • La qualité et les effets des images en noir et blanc 
  • La gamme des plans (plan général / plan rapproché / gros plan) et  leurs effets

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    APRES LA SÉANCE AU CINÉMA    

Revenir sur l’expérience de la  VOST  
  • revenir sur l’appréhension personnelle que chacun s’était fait de la VOST
  • dire les difficultés rencontrées et les difficultés surmontées.  Un document à remplir par l’élève  peut être proposé aux élèves. Il permet à chaque élève de faire un point personnel de sa relation au film en VOST
  • exprimer satisfaction ou déception
  • exprimer intérêts et retenues

Revenir sur la narration et sur la compréhension de l’histoire

  • retracer les grands moments de l’histoire
  • établir une chronologie. Différentes formes d’évolution peuvent être prises comme point d’appui pour une chronologie. Par exemple: l’évolution physique, affective et sociable de Addie /  l’évolution des relations Addie -Moze / l’évolution matérielle de Moze / …
  • donner son avis sur l’histoire en dégageant 3 moments plaisants et 3 moments dérangeants. Cet exercice peut s’envisager à l’oral ou à l’écrit. Il donne à chaque élève l’occasion de réfléchir sa relation au film
  • refaire le point sur les connaissances acquises et comprises du contexte économique et social.

Évoquer les personnages, leur caractère, leur moralité

  • recenser tous les personnages du film
  • les catégoriser. Les critères peuvent être définis par les élèves, cependant, dans le cadre d’une éducation à l’image, on visera les critères : personnages principaux, personnages secondaires, personnages mineurs et  figurants.
  • qualifier les attitudes, comportements et personnalités affichées des personnages principaux et secondaires. Le travail peut se faire individuellement en duo ou trio, il  peut être réparti entre les élèves, leur laissant le choix du personnage étudié.
    Un document  comportant des qualificatifs_est mis à disposition des élèves.  
  • faire émerger la plus ou moins grande  moralité des personnages à travers un débat. L’enseignant s’appuie sur les propositions faites dans la rubrique « Points d’appui pour des débats » (ci-dessus)

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    DOCUMENTS POUR LES ÉLÈVES    

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    LIENS AVEC D’AUTRES DOMAINES    

  • Histoire et géographie : le contexte économique et social du film
  • Education morale et civique : voir les débats proposés + question de l’obéissance aux règles et à la loi dans une société démocratique

   OUVERTURE CULTURELLE   

CINÉMA

  • Charlie Chaplin (1889-1977),  Les temps modernes, 1936 pour la scène finale
  • Victor Fleming (1889-1949), La magicien d’Oz, 1939, film  considéré comme le premier road movie

ARTS PLASTIQUES ET VISUELS

MUSIQUE

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 Fabienne PY  —  Conseillère pédagogique en arts visuels  —
Coordinatrice MetC67 / EetC67
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Publié le 20/01/2020