CHANTONS SOUS LA PLUIE

 


Titre original: Singing in the rain

Scénario : Betty Comden, Adolf Green

Réalisation: Gene Kelly, Stanley Donen

Musique: Nacio Herb Brown

Chansons: Arthur Freedchantons01

Année de création : 1951

 


 LE FILM

« Chantons sous la pluie » sur le site des « Enfants de Cinéma », partenaire du dispositif « École et Cinéma »

« Chantons sous la pluie » sur le site Nanouk, point de vue de Carole Desberats, spécialiste de la pédagogie du cinéma

« Chantons sous la pluie » sur Wikipédia (résumé / personnages  / anecdotes) https://fr.wikipedia.org/wiki/Chantons_sous_la_pluie


L’AFFICHE

Il en existe plusieurs versions.

 

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MOTS-CLÉS

Comédie musicale / danse / trucages / rêve / Hollywood / mensonge / gaieté / cinéma muet / cinéma parlant /  happy-end /


MUSIQUE

Toutes les chansons ont été écrites par Arthur Freed qui est aussi le producteur du film.

« Singing in the rain » est d’une célébrité et d’une universalité indiscutable et mérite une attention particulière.

La bande son, par les rythmes et l’énergie des musiques, participe de la bonne humeur et du dynamisme qui se dégage du film.

Le film relève de la comédie musicale. Scènes parlées et scènes chantées s’enchainent.
« Chantons sous la pluie » est certainement, avec West-Side Story, le film le plus célèbre en terme de comédie musicale.

Sa création fait suite à la grande période des spectacles chantés de Broadway et vient, en quelque sorte « moderniser »  la comédie musicale.  Et de par son  caractère  « Comédie musicale » , le film fait les louanges du  monde du cinéma.


PISTES PÉDAGOGIQUES

1. Un conte

L’histoire portée par le film n’est pas inspirée d’un conte et n’en reprend pas la structure narrative. Pour autant, comme pour beaucoup de films de cette époque, le traitement merveilleux et passionné de sa fin engage à associer l’histoire à un conte de fée. C’est le fameux  happy end qui nous laisse toujours un peu émus et presque envieux de la belle histoire d’amour racontée dans le film.
Avec les élèves :

  • Mettre en lumière le « happy end »,  caractéristique des films américains des années 50.
  • Trouver dans la fin du film, et dans des fins similaires dans d’autres films,  les marqueurs de bonheur (regards / sourires / comportements et attitudes des personnages / choix du décor / choix de la musique / etc
  • Créer un lexique de mots traduisant le bonheur.

Une envie de vivre et une promesse de bonheur

Resituer la réalisation et le  tournage film dans un contexte historique (1952)   et dans l’envie de bonne humeur, de rêve, d’optimisme faisant suite à la 2ème guerre mondiale. Cette réflexion posera certainement problème aux élèves, puisque l’action du film se situe à un autre moment, celui du passage du film muet au film parlant (1927). L’ensemble des propositions d’accompagnement des élèves contribuent  à permettre de comprendre cette subtilité du film (voir ci-dessous  Un film dans le film).
Le parti-pris de l’approche  proposée du film est bien sûr de faciliter la compréhension  de la structure narrative du film et la manière dont la narration est traitée par le réalisateur, mais  aussi, dans le souci d’une éducation citoyenne, de faire comprendre que le cinéma n’est ni un modèle de vie, ni une traduction intègre de la réalité mais qu’elle s’en inspire et l’amplifie, dans les situations de désarroi comme dans les situations d’euphorie. Le cinéma (comme la littérature)  est  aussi fait pour marquer le spectateur et lui donner à réfléchir ses  comportements et ses engagements personnels.
Un regard éclairé sur certaines scènes du film sert avantageuse cette intention pédagogique et permet d’insister sur la valeur exceptionnelle du film.
En effet, « Chantons sous la pluie » est un film populaire dont l’universalité et l’atemporalité sont indiscutables.
Mais  au-delà de la gaieté et de la promesse d’un avenir heureux que le film affiche à travers le jeu des personnages, il valorise la morale et la dignité humaine et le respect de l’autre.

Les personnages ,  des acteurs

Une entrée par la structure du conte permet rapidement de repérer les personnages et leur jeu dans l’histoire. Le jeu des alliances, le jeu des oppositions. Les « méchants » et les « gentils »…. Cette approche facilite la compréhension du film et l’imbrication de deux enjeux. L’enjeu lié au tournage d’un film associé à celui d’ un changement cinématographique et l’enjeu plus personnalisé; celui de l’attirance entre deux personnages de l’histoire. La quête peut alors être discutée et définie.
Avec les élèves :

  • Répertorier les personnages importants de l’histoire.
  • Distinguer leur rôle et leur jeu dans l’histoire.
  • Repérer l’aspect caricatural et la manière dont ces caricatures sont portées par la scénographie (dans le physique et dans les comportements et le langage).
  • Mettre en évidence qu’il s’agit d’un jeu d’acteurs et non de la réalité
  • Rechercher des scènes du film qui témoignent de la différence entre l’attitude des personnages en tant qu’acteurs et l’attitude des personnages en tant que personnes.
  • Échanger autour de la notion de « star » et de « star system », du  fanatisme qui  entoure les stars et qui peut « nous » habiter.

Ce regard sur l’envers du décor du cinéma est consonant  de la composition  de  « Chantons sous la pluie »

   Une scène culte – des scènes cultes –

On peut retenir plusieurs moments remarquables dans le film.

  • « Silence, on tourne ! »  : la scène dans laquelle est utilisée pour la première fois cette phrase qui deviendra célèbre. Scène avant-première du film parlant qui témoignent de  toutes les difficultés liées au micro et à la synchronisation.
  • La scène de la leçon de diction
  • La première scène
  • La scène du chant sous la pluie est LA scène culte du film et participera de la culture cinématographique des élèves.

La scène du chant sous la pluie mérite une attention plus grande. Elle est analysée sur le site Enfants de cinéma

Avec les élèves:

  • Définir ce qu’est une scène culte et donner des exemples de scène culte
  • Mettre en valeur ce qui fait de cette scène une scène culte
    Scène culte en ce qu’elle est universellement connue. / Scène culte pour sa chanson, universellement connue / Scène culte par le climat de jubilation qu’elle dégage et qu’elle communique / Scène culte en ce qu’elle manifeste l’esprit du film / Scène culte grâce à son interprétation / Scène culte par le transfert possible des sensations sur nous / etc.
    On pourra suggérer des  réponses sous forme d’étiquettes aux élèves et les laisser faire le choix d’une réponse personnelle à justifier et à défendre
    (voir des Suggestions de réponses)
  • Apprendre la chanson « Singing in the rain  » (paroles dans les dossiers pédagogiques cités en fin de page)
  • Le dossier pédagogique du groupe de pilotage École et Cinéma du Haut-Rhin
    propose des pratiques et des références plastiques autour des effets de la pluie.

 

2. Un film dans le film

Le film propose un film dans le film.  Ce procédé appelé  mise en abyme est couramment utilisé dans la création artistique (voir des références dans la partie « Lien avec d’autres domaines artistiques »

Ici, le procédé met en scène dans le film,  le tournage d’un film et , ce faisant,  reconstitue un moment important et historique du cinéma; le passage du film muet eu film parlant.
Cette reconstitution a valeur de  film documentaire. Elle met en lumière, avec humour, les difficultés auxquelles se sont heurtées toutes les professions du cinéma lorsque les personnels ont dû s’adapter à l’innovation et à ses conséquences artistiques, techniques et financières.

 

3. Un moment historique pour le  cinéma

A travers des anecdotes et des scènes parfois comiques, l’histoire  traduit combien l’adaptation au cinéma parlant a été difficile.

Avec les élèves:

  • Se familiariser avec une courte histoire du cinéma.
  • La jalonner de moments-clés, de personnages clés et de mots-clés
  • Repérer tout ce qui a posé problème pendant les tournages au moment du passage au cinéma parlant.
  • Catégoriser (ce qui relève du matériel ou de la technique / ce qui relève du jeu des acteurs / etc.)
    Cette activité permettra  d’évoquer, avec plus ou moins de détails,  l’envers du décor d’un film.
  • Une occasion aussi de répertorier les activités cinématographiques, le matériel particulier et certaines professions du cinéma.
  • La réalisation d’un dictionnaire ou un abécédaire de la création cinématographique engage à la recherche des termes exactes et à leur définition et assure  la connaissance d’un un vocabulaire technique pour les élèves. Des images (extraites de magazines), des dessins faits par les élèves viennent enrichir la  production.
  • Inventorier et décrire les inventions et trouvailles qui ont suivi le passage au sonore et qui ont fait évolué le cinéma (film en couleur / stéréo / procédé cinématographique / technique de tournage  /…. /  le numérique / etc.) voir plus en  détails

Avec les élèves:

 

4. Muet et sonore

Le film, par sa valeur de documentaire, permet de réfléchir aux questions du son et de la musique dans les films.

On distingue 3 types de sons dans les prises pour les films:

  • le son direct avec la source visible sur l’écran – son in -
  • le son direct avec la source non visible sur l’écran -son hors champ -
  • la source sonore est décalée dans le temps – son off-

Avec les élèves :

  • Chercher dans le film, les différentes manières d’apporter du son, de la voix, de la musique dans un film. Cette recherche permettra de retracer les difficultés  (déjà évoquées avec les élèves)  liées au passage du muet au parlant
  • Mettre en évidence la différence entre le cinéma parlant et les films sonorisés
  • Réfléchir à tous les moyens possibles d’apporter du son dans un film
  • Dégager 3 types de sons pour le cinéma

On distingue 4 catégories de sons dans les films

  • Les voix, les paroles, les dialogues
  • Les bruitages
  • L’ambiance sonore (par exemple les bruits de la rue )
  • La musique et les chansons

Avec les élèves :

  • Chercher dans le film, les différentes types de sons possibles dans un film.
  • Les catégoriser
  • Mettre en place la  sonorisation pour une petite scène extraite d’une histoire connue en utilisant les 4 types de sons possibles. Travailler un dialogue / une narration en voix off / des bruitages / le choix d’une musique/ etc.
  • Faire le constat de l’ambiance apportée par la bande son et particulièrement par la musique (essayer avec plusieurs extraits de plusieurs types de musique )
  • Faire le constat l’importance de l’élocution et de la diction.

L’élocution et la diction.

En lien avec la scène de la leçon de diction

Avec les élèves :

  • A travers des jeux de vire-langue ; phrase(s) dans laquelle la répétition du même son apporte une difficulté de compréhension et de prononciation. faire des exercices de prononciation (Cf:  la leçon de prononciation du film)  Une bonne prononciation  sera utile aux élèves pour une expression et une lecture plus fluide et plus persuasive.
    La prononciation de  la phrase pourra être individuelle / individuelle mais tous ensemble en groupe / enchainée; chaque élève prononce un mot selon un ordre de passage défini =  les mots s’enchainent / enchainée sans avoir prédéfini l’ordre de passage, l’élève qui vient de parler donne la parole au suivant / de plus en plus vite / etc.
    Des exemples de vire-langue sur le site de l’académie de Lyon
    D
    es exemples de vire-langue sur le site de la médiathèque de Cannes
    Lorsque les élèves seront habitués à cette pratique, ils pourront en inventer (travail sur les sons, les mots et le sens des phrases)

 

5. L’éloge de la danse et de la chanson

Le film exalte le monde du cinéma mais également la chanson et la danse.

Pour cela , le film est construit avec de réelles oppositions marquées entre  les moments parlés aux moments chantés et dansés :

  • Les moments parlés se retrouvent dans des scènes qui font avancer le film, qui servent l’histoire. Des scènes naturelles, « normales »,  de la vie courante.
  • Les moments dansés et chantés servent  la traduction des sentiments,  et se retrouvent dans les passages qui mettent en scène  la joie d’être ensemble, le bonheur de vivre, sans autre intention narrative.

Avec les élèves :

Évoquer des scènes chantées et des scènes dansées (plusieurs et à différents moments du film)

  • Analyser l’intérêt et l’impact des chansons et des danses pour le déroulement de l’histoire
  • Ressentir l’impact des chansons et des danses sur nos impressions et nos émotions
  • Faire le constat que tous les prétextes sont bons pour introduire des séquences dansées et chantées dans le film.
  • Être attentif à la mise en scène et à l’utilisation de l’espace dans les moments chantés et dansés

Un message, disant que le monde de la scène est platonique et plutôt triste alors que le monde de la danse et de la chanson provoque des émotions fortes, pourrait être perçu. Il est amplifié par le statut différent des images.

  • les images filmées pour les scènes de dialogues sont tournées en plan frontal; la caméra disposée devant la scène ne donne aucune profondeur de champ à la scène.
  • les images filmées pour les scènes chantées et dansées sont tournées avec un souci de creusement de l’espace et des structures scénographiques fortes. Le déplacement de la  caméra suit le rythme et les mouvements du danseur. La scène parait alors dynamique et tonique.

 

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D’autres ressources pédagogiques :

 


LIENS VERS D’AUTRES DOMAINES ARTISTIQUES

______   Cinéma  ________
Le Chanteur de Jazz, film musical d’Alain Crosland, 1927

Le cinéma muet

  • Charlie Chaplin (1889 / 1977)
  • Buster Keaton (18895 / 1966)

_____   Arts du son  _______

La comédie musicale

Le magicien d’Oz, Victor Fleming1939

Un américain à Paris, Vincento Minnelli, 1951

West Side Story, Robert Wise, 1961

Peau d’Âne, Jacques Demy, 1970

Cabaret, Bob Fosse, 1972

____ La mise en abyme ___

Arts visuels :

Littérature :

  • Les contes des mille et une nuits
  • Les lettres de mon moulin, 1869, Alphonse Daudet (1840/1897)
    La chèvre de M. Seguin
  • L’histoire sans fin , Michaël Ende (1929/1995)

Cinéma :

  • La nuit américaine, 1973, François Truffaut (1932/1984)
  • L’histoire sans fin , 1984, Wolfang Petersen sur un livre de Michaël Ende

Arts du quotidien :

  • La boite de fromage « La vache qui rit »

Plus de références de mises en abyme

 


___Fabienne Py _ Coordinatrice  École et Cinéma pour le Bas-Rhin ____ DSDEN 67____