JEU d’IMAGES

 

 


7 films de Norman Mac Laren

Réalisateur : Norman Mac Laren

Opening Speech, 1964
Hen Hop, 1942jeux-images05
Caprice en couleurs, 1949
Canon, 1963
Le merle, 1958jeux-images07
Blinkity Blank,
1955
Il était une chaise, 1957

Année de création : entre 1942 et 1963, Canada

Durée : 47 minutes

 

 


 LE PROGRAMME

 

Le programme présente 7 courts métrages et révèle la variété des talents de Norman Mac Laren.
A travers des scènes mettant en jeu une chaise récalcitrante, un micro qui s’agite, des oiseaux qui dansent et se transforment, des jeux de lumières, des formes qui s’animent, dans des techniques et des styles différents, le spectateur découvre la fantaisie et l’inventivité d’un grand maître du cinéma expérimental.

Jeu d’images sur le site d’Enfants de cinéma, partenaire du dispositif « École et Cinéma » (résumé / notes d’intention / images)

Jeu d’images sur le site Nanouk, point de vue de Marcel Jean, producteur


 MOTS-CLES

Cinéma d’animation / Techniques d’animation / Inventivité / Couleurs / Musique / Jazz / Ecriture /


 MUSIQUE

Les musiques qui accompagnent les films de Norman Mac Laren sont d’origines diverses mais toujours façonnées pour être en symbiose avec l’image.

Dans ses choix musicaux, Mac Laren a le souci de nous aider à voir. Il utilise des musiques et des chansons populaires, des musiques originales (jazz / musique indienne) et innove, crée du son en établissant de réelles coorespondances physiques entre  les espaces des traits et les notes de musique.

Pour lui, l’œil voit ce que l’oreille entend et réciproquement:  l’œil entend, l’oreille voit.

L’analyse des enjeux de la musique dans les films de Mac Laren est développée dans la page consacrée à Jeux d’images pour le parcours « En avant la musique ».

 

 NORMAN MAC LAREN

Norman Mc Laren est né en Ecosse en 1914.

En 1933, aux beaux-arts de Glasgow, étudiant passionné de cinéma, il trouve quelques bouts de pellicule. Il n’a pas de caméra. Alors, dans sa baignoire, il décape le film jusqu’à le rendre transparent. Puis, au pinceau, il le recouvre de graffitis.  On projette la bande. Légers, aériens, des points, des taches, des lignes sautillent joyeusement…
Norman Mac Laren n’a que 19 ans, il vient de réaliser ses trois premières minutes de cinéma sans caméra !

A partir de 1941, il s’installe au Canada et y réalise la plupart de ses films. Il s’intéresse à l’animation et la pratique dans des expérimentations diverses : traçage et grattage sur pellicule / préparation sur calque / superposition / mélange d’animation d’objets et de prise de vue avec acteurs / etc.
C’est un « bricoleur » qui est à l’origine de nombreuses techniques d’animation.

Humaniste, il dénoncera dans toute son œuvre la bêtise et l’ambition humaine. Il est mort à Montréal le 26 janvier 1987.


 

 FILM PAR FILM, des PISTES PÉDAGOGIQUES

Opening Speech, (Discours de bienvenue), 1964, 6min52, noir et blanc
Un orateur confronté à un micro récalcitrant. Norman Mac Laren se met, lui-même en scène devant un micro, désirant souhaiter la bienvenue à une assistance, non repérée. Par un jeu de trucages, le micro s’anime, s’oppose et empêche l’orateur de faire son discours.
L’objet devient personnage principal du film et agit, réagit comme un humain, espiègle.
Par le jeu de répétition de gags, par l’absurdité de la situation, ce court film possède les caractéristiques du burlesque.
Techniques utilisées: jeu de ficelles / trucage en prises de vue réelles
Avec les élèves :
Autour des gags et du caractère burlesque du film

  • Retrouver et décrire les moments où on rit dans le film
  • Définir ce qui est drôle, ce qui fait comique
  • Écrire un (des) court(s) scénario(i) mettant en scène un orateur dans des situations gaguesques
  • Mettre le scénario en scène

Autour des trucages

  • Imaginer et éventuellement expérimenter les trucages qui ont permis au  micro d’ être « autonome »

_______________________________

Hen Hop, 1942, 3min39, couleur

Un court film d’animation dans lequel une poule se transforme au rythme d’une musique folklorique populaire. La force de ce moment réside dans l’attente et la surprise des transformations du personnage et dans l’accord parfait avec les variations musicales.

Dans le générique, Norman Mac Laren annonce la technique originale qu’il a utilisée pour la réalisation du film et utilise le terme de « film expérimental ».

Voir une image de la pellicule du film sur le site du Centre Georges Pompidou, Paris

Avec les élèves :

Autour de la musique:

  • Repérer l’instrument  présent dans la bande sonore
  • Repérer les trois phases bien marquées de la musique. Les caractériser en utilisant un vocabulaire approprié.

_________________________________

Blinkity Blank, 1955, 5min15, couleurjeux-images06

C’est le film le plus étonnant de Mac Laren, de par la technique qu’il a utilisée pour sa réalisation.
Mac Laren joue aux peintres, utilise leurs techniques, en prenant une pellicule de film comme support. Il peint la pellicule en un noir bien opaque, y  grave des formes étranges avec un stylet ou d’autres outils pointus, il met ensuite ces formes  en couleur avec une brosse.  Et, ce sont ces formes, volatiles, qui surgiront comme des feux d’artifice sur l’écran.
Les couleurs, les formes lumineuses qui défilent, fascinent, perturbent les spectateurs. Elles sont évocatrices d’ oiseaux et  de leur rituel amoureux mais laissent aussi une grande place à l’imaginaire de chacun.

Ce film a obtenu la Palme d’Or de Cannes en 1955.

Avec les élèves :

  • Présenter une pellicule et expliquer le principe des films avant le numérique. Un petit film animé Opération Coucou, réalisé par Pierre M. Trudeau sur ce thème peut être montré aux élèves (à partir de 10’40). Il est disponible sur le site de  l’Office National du Film du Canada.
  • Si vous disposez d’anciennes pellicules, les montrer aux élèves. Les mettre à disposition des élèves pour des manipulations :  essayer de voir à travers la pellicule / éclairer la pellicule avec des lampes / des lampes de poche / la lumière du jour pour mieux percevoir les images.
  • Expliquez aux élèves la technique de grattage inventée par Mac Laren. Un court métrage documentaire sur le site de l’Office National du Film du Canada  présente le cinéaste Pierre Hébert, spécialiste de l’animation sans caméra, intervenant directement sur la pellicule à la façon de Norman Mac Laren. Ce film met en évidence l’extraordinaire savoir-faire de ces artistes : dextérité, rigueur, patience.
  • Si vous disposez d’anciennes pellicules, proposer aux élèves de mettre en oeuvre la technique de grattage inventée par Norman Mac Laren.
_________________________________

Canon, 1963, 9min13, couleur, bande sonore, sans paroles

Le titre de ce court métrage est éloquent. Norman Mac Laren y parle de  la musique mais l’engage différemment qu’avec juste une  bande son.
Il souhaite mettre en images le principe du canon, forme musicale polyphonique dans laquelle les différentes voix interprètent la même mélodie mais de manière différée amenant ainsi une superposition de la mélodie.

Différentes techniques d’animation sont proposées. Elles jouent sur des déplacements différés d’objets ou de personnages, selon une même trajectoire créant ainsi de vraies chorégraphies orchestrées par la musique.
Dans la bande sonore, Mac Laren utilise, entre autres musiques,  l’emblématique  chanson « Frère Jacques », interprétée avec des sons électroniques.

 Avec les élèves :

    • Déterminer les différences et les  points communs entre les trois courtes animations présentées dans Canon.
    • Observer, repérer le jeu des répétitions (de trajectoires / de musiques) de chaque petite séquence.
    • Expliquer ce qu’est un canon. Selon les compétences des élèves, donner une définition du canon.
    • Écouter des canons chantés
    • Apprendre un canon facile (Coucou Hibou par exemple).
    • Réaliser  un jeu de déplacements en canon: La classe est divisée en deux groupes se faisant face. Au signal, les élèves du groupe 1 se rendent lentement à un endroit déterminé en chantant. Au signal  2, les  élèves du groupe 2 se rendent lentement à l’endroit où était le groupe 1 en chantant. Et ainsi de suite. Ce jeu peut aussi s’envisager sans déplacement, avec des gestes (lever les bras très haut / s’accroupir / se relever / etc…)

_________________________________

Le Merle, 1958, 4 min, couleur, bande sonore

Ce film a été réalisé avec une animation de papier découpé. Il met en scène un merle qui, au rythme de la chanson populaire canadienne , perd tour tour à tour son bec, son cou, son œil, ses ailes, ses pattes, et qui les retrouve en double et en triple. Les lignes, éléments corporels du merle dansent sur la musique  et offrent à l’oeil d’entendre et à l’oreille de voir.

Avec les élèves :

  • Apprendre la chanson « Mon merle »  Paroles disponibles (attention site commercial)
  • Réaliser des compositions plastiques éphémères et variables à l’aide de bandes de papier blanc (il serait intéressant de limiter la quantité de bandes de papier disponibles). Faire des photos des compositions réalisées.
  • Réaliser un court film d’animation en Stop Motion à partir d’une composition plastique de lignes et de points déplacés progressivement sur le support .

________________________________

Caprice en couleurs, 1949, 7min 47, couleur, bande sonore, animation sans paroles

Caprice en couleurs est aussi construit selon la technique du grattage de pellicule. (voir ci-dessus, Blinkity Blank)
Pour réaliser ce film, Mac Laren qui a travaillé avec Evelyn Lambart, se libère du cadrage et  ne tient plus compte de la séparation des images. Les tracés se déploient sur toute la longueur de la pellicule. Le film se présente en 3 parties
1.  Différents procédés de marquage de la pellicule se mêlent tout au long d’une première partie dans laquelle des lignes, des points, des taches, des signes évoluent sur l’écran.
2. Lignes et points blancs  s’animent sur un fond noir dans un jeu très poétique et apaisant.
3. Des effets de matières, de couleurs, de lignes occupent l’espace de l’écran dans une continuité et une linéarité mettant en évidence le procédé de création utilisé par les artistes.

Avec les élèves :
(voir ci-dessus Blinkity Blank)

_________________________________

Il était une chaise, 1957, noir et blanc, sans parole

Ce court métrage peut se rapprocher de Opening Skeech, en ce qu’il présente un « duel » entre un homme et un objet récalcitrant : Une chaise blanche  résiste à un lecteur et invente toutes sortes de farces pour qu’il ne puisse pas s’asseoir.
Les mouvements expressifs  de la chaise en font  un personnage à part entière. Le film, au ton plutôt espiègle, voire badin,  offre  d’ailleurs une lecture possible d’un jeu de séduction entre l’objet et l’homme ou celle de la revendication du respect et de l’égalité de traitement.
La chaise est manipulée subtilement, comme une marionnette, grâce des fils invisibles.
La musique indienne de Ravir Shanka accompagne agréablement cette joutte.

Avec les élèves :
Autour du film

  • Retrouver et décrire les moments où on rit dans le film et les moyens mis en œuvre pour faire rire.
  • Émettre des hypothèses sur  les raisons qui poussent la chaise à se refuser. Rechercher les raisons présentes et perceptibles dans le film.
  • A partir de la connaissance de la fin du film, essayer de préciser  le « message » du film.

Autour des chaises :

  • En salle de motricité, explorer les possibilités de manipulations de chaises (emporter les chaises de la classe. 1 chaise par élève). Rechercher des actions sur les chaises pour les « poser » autrement que d’habitude et Explorer les lois d’équilibre de l’objet.  Explorer des actions motrices possibles avec des chaises posées autrement que d’habitude.
  • En salle de motricité, explorer les possibilités de déplacements de chaises (pousser / tirer / retourner / (emporter les chaises de la classe. 1 chaise par élève).

Autour des trucages :

  • Imaginer et éventuellement expérimenter les trucages qui ont permis à la chaise d’ être « autonome »
  • Equiper des objets divers (plus ou moins encombrants mais non fragiles) de ficelles accrochées à divers endroits de l’objet comme pour en faire des marionnettes à fils. Manipuler les fils pour faire déplacer, renverser, retourner les objets.

______________________________________

D’autres pistes de travail :

A noter, la place importante de l’écriture dans les films de Norman Mac Laren. Le générique fait partie intégrante de chaque petit film.
Selon les films, les écritures prennent des formes variées et sont animées selon diverses techniques en lien avec le contenu du film.
Un travail autour des  formes des lettres et de leurs diverses animations est possible.

D’autres aides pédagogiques:
Le dossier Jeux d’images rédigé dans l’académie de Poitiers par Anne Foucher, conseillère pédagogique en éducation musicale.


 Découvrir le cinéma d’animation

Le programme Jeux d’images permet de faire émerger la notion de cinéma d’animation et ses variations de technique de réalisation.

En donnant à voir différentes techniques il permet une première approche  et facilite le travail de comparaison et de reconnaissance.
D’autres films relevant du cinéma d’animation peuvent être vus pour fixer les différents procédés de réalisation.  Des références incontournables, participant d’une culture cinématographique  sont données ci-dessous:

Les techniques du cinéma d’animation:

Le dessin animé consiste à donner l’illusion du mouvement des personnages en projetant une série de dessins successifs qui décomposent ces mouvements

  • Au bout du monde, Konstantin Bronzit, 1998 France (série Petites Z’escapades Voir programmation 2015/2016)
  • Fantasmagorie Emile Cohl, 1908, France
  • Loulou, Serge Elissalde, 2002, France

Les marionnettes des figurines articulée ou non, en bois, carton ou toutes autres sortes de matériaux  sont manipulée et  déplacée par une ou plusieurs personnes. Le film peut être fait en prises directes ou en stop-motion

  • Le Jardinier qui voulait être roi, Vlasta Pospisilova, 2011, République tchèque (voir programmation 2014/2015)
  • Pierre et le loup, Suzie Templeton, 2006, Royaume Uni (voir programmation 2014/2015)
  • L’étrange Noël de M. Jack, Tim Burton, 1993 (programmation 2015/2016)

Le papier découpé est  très utilisé par les réalisateurs indépendants; c’est une technique économique qui permet l’animation de silhouette, dans l’esprit du théatre d’ombre ou l’articulation de personnages

  • Les aventures du Prince Ahmed, Lotte Reiniger, 1926, Allemagne
  • Princes et princesses, Michel Ocelot, 2000, France

La pâte à modeler  et Le sable sont utilisés pour la réalisation des personnages et des décors en volume qui se forment et se déforment  dans des films animés image par image.  

  • Meunier, tu dors, de la série Mon âne, Pascal Lenôtre, 1994, France (série Petites Z’escapades Voir programmation 2015/2016)
  • Wallace et Gromit, Nick Park, 1980, Royaume Uni
  • Le château de sable, Co Hoedman, 1977, Canada

L’intervention sur pellicule  , technique inventée par Norman Mac Laren qui consiste à tracer sir la pellicule. Un  film documentaire  réalisé par l’Office National du Film du Canada, met en évidence l’extraordinaire savoir-faire de ces artistes : dextérité, rigueur, patience et présente le cinéaste Pierre Hébert, spécialiste de l’animation sans caméra.

  • Blinkity Blank, Norman Mac Laren, 1955
  • Caprice en couleurs, Norman Mac Laren,1949

La pixellisation fait partie des premières techniques d’effets spéciquax et  consiste à animer un personnage réel ou un accessoire de cinéma d’une manière impossible à filmer en temps réel en combinant de très longs temps de pose et des prises image par image. . 

  • Manipulation, Daniel Greaves, 1990, Royaume Uni
  • Il était une chaise, Norman Mac Laren, 1957, Canada

Les images de synthèse sont des images générées par ordinateurs et peuvent être travaillées en deux ou en trois dimensions. elles ont révolutionné le cinéma d’animation.

  • Insektors « Making off», Georges Lacroix, Gilbert Louet, 1992, France
  • Toy Story, John Lasseter, (1995), premier long métrage réalisé entièrement sur ordinateur

A voir aussi, un site présentant un panorama des techniques d’animation