JIBURO

Titre anglais : The Way Home
Titre français : Sur le chemin de la maison
Réalisation : Lee Jeong-hyang
Corée, 2002
En couleurs – Durée : 87 minutes

Film en version française

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Prix spécial du jury, festival de San Sebastian, 2002
Grand prix, Festival Ciné Junior

« Magritte du cinéma » pour le son, 2017

Parcours « A table »2019/2020




Sommaire 

1ère partie: Pour l’enseignant 2ème partie: Avec les élèves
  • Informations sur le film
  • Connaissances culturelles utiles
  • Indispensable à considérer avec les élèves
  • Des enjeux comme points d’appui pour former l’entendement et l’éloquence
  • Liens avec d’autres domaines d’enseignement
  • Des dossiers pédagogiques à consulter
  • Avant la séance au cinéma
  • La séance au cinéma
  • Après la séance au cinéma
  • Ouverture culturelle


POUR L’ENSEIGNANT

  INFORMATIONS SUR LE FILM

  • Jiburo sur le site Nanouk, site pédagogique national  du dispositif « École et Cinéma »
  • Le point de vue sur le film, rédigé par Charles Tesson, délégué général de la Semaine de la Critique pour le festival de Cannes, maître de conférence Paris 3, Sorbonne nouvelle, département cinéma.
  • La bande annonce sur le site Sens Critique
  • Des informations sur le film sur le site Wikipédia
  • 2 affiches disponibles sur le site  Nanouk, site pédagogique national du dispositif « École et Cinéma »
  • Le synopsis du film sur le site Nanouk, site pédagogique national du dispositif « Ecole et Cinéma »

  CONNAISSANCES CULTURELLES UTILES 

Film d’apprentissage, Jiburo ou Le chemin de la maison, révèle  le progressif rapprochement d’un petit fils à sa grand mère.

A travers ce film, la réalisatrice Lee Jung-hyang illustre et aborde des enjeux de la société coréenne qui interpellent aussi notre société:

  • une critique de l’enfant-roi et d’une société à domination masculine
  • « le désarroi d’une nation, profondément confucéenne, confrontée à la perte de ses valeurs, en particulier dans le domaine de l’éducation, par où elles se transmettent » (extrait du Point de vue de l’auteur, site Nanouk, site pédagogique national du dispositif « Ecole et Cinéma »)
  • la mise en valeur d’une forme d’éducation qui engage  le  développement personnel et implique une relation avec un (des) maître(s) qui accompagne(nt) l’enfant  à faire de lui un être humain. (selon la pensée de  Confucius  (-551/-479 av. JC) en l’amenant, sans appel à la discipline, la sanction ou la punition,   à prendre conscience de ses actes et de son attitude.

Jamais moralisateur, le film décline subtilement ces questions, et aussi celle de la société de consommation et de la relation de l’homme à la nature.
Et ce propos est tenu à  travers des personnages, à travers des objets et des paysages. 

  • Sang-woo incarne la vie moderne, les excès de la consommation et l’enfant-roi
  • La Grand-Mère représente toutes les grands-mères (dédicace du film) et concentre la tradition, la constance,  l’amour maternel, le besoin de filiation.
    Son personnage éclaire l’importance du sens de l’humain et du souci de l’autre. Elle est la parfaite illustration d’une sentence de Confucius : « Mansuétude [shu], n’est-ce pas le maître mot ? Ce que tu ne voudrais pas que l’on te fasse, ne l’inflige pas aux autres (XV, 27). » (extrait du Point de vue de l’auteur, site Nanouk, site pédagogique national du dispositif « Ecole et Cinéma »).
    Actrice non professionnelle, la vieille dame qui joue le rôle de la grand-mère a été rencontré par hasard par la réalisatrice : « Trouver une grand-mère à la fois belle et talentueuse ne se révélait pas un exercice facile et la production était au bord du découragement quand la réalisatrice a vu une vieille femme marcher au loin. Elle a crié : c’est elle ! Cette femme a d’abord refusé la proposition en prétextant qu’elle n’y arriverait jamais, puis Lee Lung-hyang l’a convaincue » (extrait du dossier de presse du film)
  • Hae-yeon (la petite fille) symbolise l’avenir (ou les attentes) de la femme en Corée. Elle s’oppose à Sang-woo et marque son territoire. Elle manifeste ainsi un pouvoir sur lui. Son jeu et son rôle permettrait-il la manifestation d’une pensée féministe de la réalisatrice ?
  • Cheol-Yee (le garçon voisin) éclaire également la pensée de Confucius et , à travers l’anecdote de la vache enragée, est un déclencheur pour la « transformation » de Sang-woo (conscience de ce qu’il fait aux autres)
  • La nourriture est, traditionnellement,  un vecteur de lien familial et social. Le film donne à la nourriture une place d’importance qui  permet  de mettre en valeur
    ……– les écarts entre la vie de l’enfant et la vie de la grand-mère (entre les générations / entre la vie moderne et la vie traditionnelle),
    ……– la volonté de la grand-mère de faire plaisir à son petit-fils,
    ……– un enjeu dans leur relation,
    ….. – les difficultés de compréhension et le non-rapprochement malgré l’ardeur de ;;;;;;la grand-mère
  • Les jouets témoignent aussi du décalage de vie.
    La séquence avec les rollers montre l’incapacité de Sang-woo à s’adapter à la situation.
    La séquence où la Grand-Mère cherche à « jouer » avec le jeu de son petit fils interpelle : Traduit-elle la recherche pour la Grand-Mère de trouver un moyen d’entrer en  relation complice avec son petit-fils ? Traduit-elle de sa part l’envie de mesurer ses propres capacités intellectuelles ou de les comparer à celles de son petit-fils ? Traduit-elle un désir d’instruction ?
  • Des objets usuels; l‘aiguille et le fil  à enfiler et le pot de chambre permettent des scènes en miroir pour montrer les changements de Sang-woo
  • L’écriture et le dessin; deux activités intellectuelles que maîtrisent Sang-woo et auxquelles la Grand-Mère n’a pas accès. Il essaie de les partager avec sa Grand-Mère car, d’après lui,  ils  seraient le moyen de garder contact. Durant la scène du partage, Sang-woo est patient, tolérant, humain et compréhensif. Il prouve une capacité à se mettre à la place de l’autre en trouvant une solution adaptée aux possibilités de sa Grand-Mère

A noter combien le film laisse au spectateur d’estimer les personnalités, les relations, les rencontres et leurs évolutions.

  INDISPENSABLE A CONSIDÉRER AVEC LES ÉLÈVES 

Un peu de réflexion vers plus de raison
Jiburo ou Sur le chemin de la maison est le récit d’une modification intérieure, du passage de l’égoïsme pur vers la prise en compte de l’autre.
En considérant la séquence de fin du film et les séquences de début du film, on pourrait parler de transformation, mais la prudence reste de mise car nous, spectateur, n’avons aucune garantie d’un changement complet et « définitif » dans la manière d’être de Sang-woo.
Nous ne pouvons que 

  • considérer l’évolution d’un caractère
  • estimer les facteurs qui y ont contribué
  • présumer des ressentis ayant peut-être servis de déclic
  • ??… se livrer à notre introspection

Les élèves seront sensibles aux absences de sensibilités de Sang-woo, à ses excès d’égoïsme, à  l’instrumentalisation qu’il a des autres mais aussi à la solitude pesant sur lui et à son progressif besoin de contacts et de partages.
Ils établiront, naturellement, dans leur for intérieur ou de manière exprimée,  des passerelles avec des situations vécues et avec des attitudes personnelles.

Un lien évident avec l’éducation morale et civique est à saisir. Le constat des attitudes « vertueuses » et des attitudes plus pernicieuses peut alors se faire à travers discussions et argumentations sur le personnage de Sang-woo – le voudrait-on comme ami ? – mais peut aussi passer par une mise en activité des élèves sur des projets d’écriture, évitant toute marque moralisatrice. On pense à

  • un projet d’écriture d’une comptine ou une poésie « éloge de la vertu » 
  • un projet d’écriture d’une comptine ou une poésie »critique de l’égoïsme »
  • l’écriture et la mise en  scène d’une attitude égoïste

Des modes de vie différents et des décalages
Le film joue les contrastes dans les modes de vie mais ne présente en images que la vie traditionnelle de la Grand-mère.
La réalisatrice ne sert au spectateur que quelques indices de la vie de Sang-woo à Séoul et lui laisse le soin d’en fixer 
le style… C’est quelque peu une façon de  prendre le spectateur en « otage  » et de le positionner d’office comme un  homologue de Sang-woo, quelqu’un ayant la connaissance et la pratique d’une telle vie.
Les élèves vivent dans un style de vie moderne et n’auront aucune difficulté à se projeter plutôt dans le style de la vie courante de Sang-woo que dans celui de la Grand-mère.
Ils découvrent par contre, à travers tout le film, son style de vie inconnu d’eux.
Inconnu parce que relevant d’une culture différente de la culture occidentale et encore plus inconnu, parce que inscrit dans une manière de vivre plus ancestrale (même en Corée).
Un troisième décalage qui participe aux difficultés de Sang-woo, relève des contrastes forts existant entre la vie urbaine (surtout dans une grande métropole) et la vie rurale; un décalage que les élèves vivent certainement aussi, quelle que soit la situation de leur habitat (ruraux décalés de la vie urbaine / urbains décalés de la vie rurale).

Sans intention de se positionner en fable écologique,  le film incite toutefois à réinterroger le style de vie urbain moderne et ses travers.

Le rapport au temps
La notion de temps se polarise sur la grand-mère; elle est lente, dans ses gestes et dans ses déplacements, mais elle manifeste aussi une patience qui témoigne d’un certain flegme intérieur dont elle connait les vertus; elle laisse au temps le temps d’agir.
A l’opposé, se trouve la temporalité de l’enfant, toujours dans le besoin d’une réponse immédiate à ses désirs et à sa volonté.
L’importance du rapport au temps (et à l’espace d’ailleurs aussi) est manifestée dès le début du film, dans la séquence du voyage de Séoul chez la Grand-Mère. Les moyens de transport utilisés par Sang-woo et sa maman sont de plus en plus rustique et de ce fait, de plus en plus lent. Ils passent d’un train confortable à grande vitesse, à un autocar puis à un autre autocar beaucoup moins confortable pour finir le trajet à pied.
Le temps est un facteur important de l’éducation dans la pensée de Confucius, d’où le  rythme du film  lent voulu par la réalisatrice. Le film du rythme est lent, certes, mais ne mène pas à l’ennui.
A noter aussi la valeur du temps dans le  tournage du film : la réalisatrice a choisi de filmer les séquences dans l’ordre chronologique de l’histoire plutôt que, comme le voudrait une logistique facilitée de tourner les scènes en les regroupant en fonction des lieux de tournage. Son intention était de pousser les acteurs a plus d’authenticité dans l’évolution du jeu relationnel et des émotions. « Je pensais au départ que le tournage ne dépasserait pas deux mois, mais en réalité, il a duré six mois« 

Le rapport à l’espace
Nous proposons de  considérer l’espace sous plusieurs plans:

;;;;;;L’espace et la nature permettent  à nouveau de marquer les oppositions entre la vie de la Grand-mère et celle de l’enfant.
La Grand-Mère est à l’aise dans son environnement, elle vit en harmonie avec son environnement. Elle s’y déplace sur de grandes distances  malgré son âge et ses difficultés physiques. Elle contemple le paysage, connait son territoire et en tire profit.
A l’inverse, Sang-woo se perd lorsqu’il part seul à la recherche de piles, il manque de connaissances et d’expériences de la nature (anecdote du linge)  et la vie-nature le met plutôt mal à l’aise.
Le film a été  tourné dans un village isolé dans une vallée, le « décor » est authentique. C’est la campagne coréenne et l’habitat est la véritable maison de la personne qui joue le rôle de la Grand-Mère.
A noter que les images montrant les personnages dans leur environnement sont généralement des plans d’ensemble permettant ainsi de mettre en valeur  les images de paysage et les distances (le chemin qui mène à la maison).

;;;;;;L’espace du lieu d’habitation offre peu d’intimité et de confort. C’est le lieu de vie traditionnel coréen avec un mode de vie au sol.
Pour une personne habituée à un logement « moderne » avec des pièces aux fonctions bien définies, ce mode de vie peut être ressenti comme 
un envahissement et une entrave à la « vie privée ». Ce ressenti est lié à l’organisation matérielle (proximité et mélange de l’ensemble des activités domestiques et entassement des objets et mobiliers utiles à ces activités) et à la  proximité humaine.
A noter que les scènes en intérieur sont filmées à hauteur des personnages, avec une caméra presque au sol au plus près du mode de vie coréen traditionnel.
L’espace de l’habitat, organisé autour du principe d’une cohabitation étroite  et d’une proximité familiale, pourrait permettre un scénario dans lequel les deux personnages deviennent plus vite familiers.  A l’inverse, la réalisatrice utilise  l’espace pour souligner le non-accès à  l’autre, grâce à deux plans forts dans lesquels elle articule espace physique et espace mental Ces deux plans sont voulus en miroir  1.  Sang-woo fait du roller et tourne autour de sa Grand-Mère occupée à coudre, il l’encercle de son activité ludique et l’enferme dans son activité fonctionnelle. 2.  La Grand-Mère fait le ménage et tourne  autour de Sang-woo avec son balais, elle ne veut pas le déranger dans son activité et le laisse dans son univers. Dans chaque plan un personnage « tourne autour » de l’autre, délimitant ainsi un territoire (physique et mental) inaccessible. 

;;;;;;L’espace du langage est un élément qui affiche encore le décalage. Les  scènes autour du langage  manifestent judicieusement le rapport entre Sang-woo et sa Grand-Mère et le scénario propose une véritable évolution de l’espace du langage.
Celui-ci passe
d’un espace avec des modes de langages différents à un espace de recherche de langage compréhensible pour les deux personnages, pour aboutir à un espace d’acculturation par le langage.
Au début du film, l’aphasie de la Grand-Mère complique une relation déjà compliquée et est un obstacle supplémentaire à une possible connivence entre les deux personnages. Le langage exclusivement gestuel de la Grand-Mère est compréhensible par ceux qui en ont l’habitude (CF: rencontre avec Meme Choco Pie) et amplifie la situation de réclusion de Sang-woo.  Peut-être même que Sang-woo conforte son isolement grâce à cette situation, voire la trouve complaisante. Il a d’ailleurs, lui aussi un comportement langagier particulier; ses paroles (et son vocabulaire) sont purement utilitaires et son mode d’expression est plutôt agressif et proche du monologue.
La bienveillance de la Grand-Mère se manifeste, entre-autres,  à travers la communication et les efforts qu’elle fait pour assurer un espace de compréhension  avec son petit-fils. La séquence de mime pour « parler » du poulet est un bon exemple.
Le dessin, l’écriture auraient pu être utilisés pour pallier l’absence de paroles, dès le début du film,  mais le spectateur présume bien que la Grand-mère, faute d’instruction, n’y aurait pas eu accès. Le dessin et  l’écriture ont été réservés pour marquer l’évolution relationnelle de Sang-woo. P
our avoir éprouvé le sentiment de solitude et le besoin de l’autre, il redoute, d’avance,  l’absence de  son affectueuse Grand-Mère. Le dessin, l’écriture paraissent alors comme le moyen de garder un lien et permettent un moment de complicité et de partage.  

La relation petits-enfants/grands-parents
Jiburo est dédié à « toutes les grand-mères », comme l’indique un carton avant le générique final. Le film fera inévitablement écho à la relation personnelle à ses grands-parents (aux complicités ou aux distances générationnelles, géographiques, d’activités partagées, affectives,  etc. ) et offre des occasions d’activités et de prises de repères autour de: (Cf: Programmes cycle 2- 2015- , domaine Se situer dans l’espace et dans le temps)
;;;;;;– 
le temps des parents
;;;;;;– 
les générations vivantes et la mémoire familiale
;;;;;;
l’évolution des sociétés à travers des modes de vie (alimentation, habitat, vêtements, outils, déplacements,..) et des techniques à diverses époques.

  DES ENJEUX COMME POINTS D’APPUI POUR FORMER L’ENTENDEMENT ET L’ÉLOQUENCE  

Le retour sur certaines questions posées ou effleurées dans le film, et dans le cinéma en général,  peut jouer un rôle formateur dans le dépassement progressif de ressentis vers le développement de capacités à se forger une opinion, à débattre et à se servir d’ arguments.
Proposition de procédure  : (Cette proposition généraliste peut servir pour d’autres films ou d’autres objets culturels)

  • Dans un premier temps, les élèves peuvent noter, à travers de simples mots, de courtes phrases, de manière individuelle et spontanée, leur(s) idée(s) sur la question en jeu.   L’utilisation de post-it disponibles dans l’espace consacré au cinéma  ou selon tout autre organisation peut être une facilitation.
    Cette activité doit être accessible à tout moment pour l’élève, sur une durée tangible,
  • A partir de l’ensemble de mots collectés, des listes seront établies collectivement en petits groupes d’élèves,
  • Ces listes doivent répondre à un critère de classement,
  • Ces listes s’entendent mobiles et plusieurs listes sont donc composées par le même groupe d’élèves, à partir de critères différents (donnés ou  à déterminer),
  • Ce travail de tri est destiné à mettre en valeur des oppositions, des ressemblances, des différences,
  • La lecture des listes établies par les différents groupes permet de dégager des ressemblances et des différences dans les choix faits et des contradictions qui sont les sources des avis différents,
  • Les listes sont enrichies de nouvelles idées,
  • Des discussions peuvent s’engager selon l’intérêt et les compétences des élèves. Les élèves exercent des capacités à tenir un discours raisonné et convaincant.

Proposition de questionnement   :

Jouer et jouets
L‘espace de jeu amené par les jouets de Sang-woo est purement individuel. On ne le voit pas utiliser le jeu comme moyen d’échanges ou de complicités.
Différentes entrées permettent d’aborder la question du jeu, des jouets et du jouer ensemble:   les différents types de jouets / les différents modes de jeux / jouer seul, jouer à plusieurs /  les règles des jeux / etc.

« A table ! »
Différentes entrées permettent d’aborder la question: différentes manières de manger selon les cultures, les coutumes et les traditionnels / 
comment mangeaient nos grands-parents ?  / nourriture traditionnel et nourriture aujourd’hui / et toutes les problématiques autour de la question du comportement responsable vis-à-vis de l’environnement et de la santé.
Ces questionnements s’inscrivent également dans le parcours-santé de l’élève. 

  RELATIONS AVEC D’AUTRES DOMAINES D’ENSEIGNEMENTS  

  • Lien avec le dire lire écrire
  • Lien avec l’éducation morale et civique par le constat des attitudes vertueuses et des attitudes plus pernicieuses repérées dans le film
  • Le film et ses problématiques permettent  d’aborder le domaine  Questionner l’espace et le temps et d’approcher l’évolution de quelques aspects des modes de vie à l’échelle de deux ou trois générations et la comparaison d’espaces géographiques simples.

  DES DOSSIERS PÉDAGOGIQUES A CONSULTER   



AVEC LES ÉLÈVES

Cette rubrique permet aux enseignants de se saisir de contenus et de démarches pour accompagner la réflexion, l’enrichissement, les connaissances des élèves dans la considération du film.
La page intitulée « Les incontournables d’une séquence autour d’un film au cycle 2« 
donne des contenus indicatifs sur les leviers génériques d’une éducation artistique, culturelle et sensible autour du cinéma.  A consulter, à exploiter ! 
Les rubriques de cette page donnent les recommandations pour le film Jiburo
Les deux pages se complètent.

   AVANT LA SÉANCE AU CINÉMA

Le site Nanouk, site pédagogique national du dispositif « École et Cinéma » présente deux affiches identiques; l’une avec le texte en français, l’autre avec le texte en anglais.

Dans le moment de préparation à la rencontre avec le film, il sera indispensable de présenter une affiche. Selon le cas, il peut être pertinent de présenter les deux affiches.

  • décrire l’affiche
  • prélever des indices pour émettre des hypothèses sur le contenu du film
  • considérer le titre : Jiburo. Donner la traduction et présumer du contenu du film
  • en s’appuyant sur l’analyse de ces données et sur d’autres documents  mis à disposition (photogrammes / bande annonce / lecture d’un résumé), profiler un contenu de plus en plus cerné pour le film
  • individuellement ou en duo, retenir 3 mots clés exprimant une projection personnelle du contenu du film – une liste de mots-clés peut être mise à disposition des élèves –

LA SÉANCE AU CINÉMA

Les élèves y apprécient
  • Une histoire touchante
  • Le dépaysement
  • La dualité des sentiments
  • L’évolution des relations entre les personnages
  • Les émotions véhiculées
Les élèves y découvrent
  • Le plaisir des émotions collectives
  • Un style de vie différent du leur
  • Des paysages
  • Des caractères différents
  • Différents jeux et leur impact
  • Le décalage entre les générations
  • Le décalage entre les modes de vie
  • La valeur du lien affectif
Les élèves y éprouvent (et y apprennent)
  • Des moments de tristesse
  • Les désarrois du petit garçon
  • L’incompréhension de certaines réactions hostiles
  • Le rejet
  • La bienveillance de la grand mère
  • La difficulté relationnelle
  • La capacité de changement
  • La notion de plan (gros plan, plan moyen, plan éloigné) et leurs effets

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   APRÈS LA SÉANCE AU CINÉMA  

Confronter l’idée qu’on s’était faite du film et le film
  • revenir sur la projection personnelle et sur les mots-clés choisis avant la séance
  • estimer les écarts
  • exprimer satisfaction ou déception
  • trouver 3 mots-clés pour caractériser le contenu du film (individuellement / collectivement). Une liste de mots-clés peut être mise à disposition des élèves.

Observer les personnages 

  • lister les différents personnages
  • citer son personnage préféré et en donner la raison
  • examiner le comportement de Sang-woo. Un document de propositions concernant Sang-woo  peut être mis à disposition des élèves. Il  donne des idées aux élèves  et leur permet de faire des choix pertinents. Les choix peuvent se faire de manière individuelle ou en petit groupe . Les choix seront argumentés lors d’une mise en commun.
  • selon le même principe et à l’aide d’un document pour la grand-mère, examiner le caractère de la Grand-Mère
  • écrire une phrase pour chacun des personnages secondaires
  • piste d’écriture: Sang-woo est un enfant de ton âge. En quoi lui ressembles-tu, en quoi es-tu différent de lui ? (pense à des traits de caractère mais aussi à des traits physiques, à ses activités et à ses réactions)

Examiner les modes de vie

  • lister les objets de Sang-woo,  ses jouets /ses vêtements, la nourriture qu’il a emporté pour le voyage dans le train 
  • lister les vêtements traditionnels de la Grand-Mère et constater les différences avec  ceux portés par les enfants. Dégager la notion de tenue traditionnelle. Donner des exemples d’autres tenues traditionnelles (le kimono, la coiffe, la djellaba, le poncho, le paréo, les costumes traditionnels des régions françaises, etc.) 
  • lister  les objets de la maison de la Grand-Mère (outils de portage, pot de chambre, batte à linge, etc.). Les mettre en relation avec les objets d’aujourd’hui ayant les mêmes fonctions
  • lister les plats et l’alimentation préférés de Sang-woo. Parallèlement lister les plats et l’alimentation que la Grand-Mère lui offre
  • pour chaque élève, écrire une phrase personnelle indiquant ce qui semble le plus conciliable dans la relation entre Sang-woo et sa grand-mère et une phrase indiquant ce qui semble le plus inconciliable. (Sous la forme par exemple: Sang-woo et sa Grand-Mère peuvent s’entendre parce que…. et Sang-woo et sa Grand-mère ont du mal à s’entendre parce que….)

Comprendre le changement dans les relations 

  • Définir les grandes étapes de la relation entre Sang-woo et sa Grand-Mère. Trouver des mots-clés pour chaque étape. Des propositions peuvent être faites par l’adulte, les élèves font un choix dans ses propositions.
  • Ecrire une phrase évoquant les 4 grandes étapes de la relation entre Sang-woo et la Grand-Mère. Illustrer chaque étape par un dessin rapportant une anecdote.
    A savoir une phrase et un dessin pour
    ;;;;;;;;;;; ;1. la période du rejet et de l’incompréhension
    ;;;;;;;;;;;; 2.la période de la vie commune, la cohabitation plus ou moins facile
    ;;;;;;;;;;;; 3.la période du partage et des premiers échanges
    ;;;;;;;;;;;; 4.la période de l’ attachement
      Un document élèves est disponible.
    Attention : Les anecdotes pour chaque étape sont nombreuses mais elles ne sont pas marquées de façon linéaire dans le déroulé du film, elles se présentent par petites touches. Les élèves doivent réfléchir leurs réponses et faire des choix. Les réponses seront donc diverses. Chaque élève peut rapporter une anecdote différente par le dessin de celle rapportée par le texte.
  • En tenant compte du contexte culturel et environnemental donné par le film  lister tout ce que Sang-woo aurait pu faire avec sa Grand-Mère s’il avait été moins capricieux et plus ouvert à elle (activités ludiques / activités domestiques / déplacements / échanges de savoir /etc.)
  • Ecrire une (ou plusieurs) devise(s) destinée(s) à rappeler à Sang-woo  une règle de conduite qu’il aura appris durant son séjour chez sa Grand-Mère et qu’il pourra s’appliquer de retour à Séoul.

Hommage aux grands-mères 

  • lire la dédicace du film
  • commenter la dédicace
  • évoquer la relation individuelle et personnelle avec sa grand-mère
  • écrire une ou plusieurs phrases pour évoquer un moment fortement vécu avec sa grand-mère (ou un moment particulier récurrent)
  • envoyer la carte postale numérique du film (site pédagogique national Nanouk) à sa grand-mère en lui écrivant un court texte disant comment et pourquoi le film a permis de penser à elle

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   OUVERTURE CULTURELLE   

Quelques références et clins d’œil culturels 

Des films

  • Abbas Kiarostami, Où est la maison de mon ami ?, 1987, Iran
  •  Hou Hsiao Hsien, Un été chez grand-père, 1984, Taiwan
  • Philippe Muy, Le Papillon,2002, France
  • Wang Junzheng, Message du ciel, 1996, Chine

Des livres et albums

  • Peter Härtling, Oma, ma grand-mère et moi, Pocket jeunesse, 2002. Roman.
  • Yvon Mauffret, Pépé la boulange, Neuf de L’école des loisirs, 1986. Roman (à partir de 9 ans).
  • Allen Say, Le visage de grand-père, L’école des loisirs, 1996
  • Claude Ponti, L’arbre sans fin, L’école des loisirs, 1992 

Des oeuvres d’art


 Fabienne PY  —  Conseillère pédagogique en arts visuels  —
Coordinatrice MetC67 / EetC67
_______    DSDEN du Bas-Rhin   _______

(Publié le 18/02/2020)