LA TORTUE ROUGE

Titre original : The Red Turtle
Film d’animation
Réalisation : Michael Dudok de Wit et Toshio Suzuki
France, Belgique, Japon, 2016.
En couleurs – Durée : 80 minutes

Film sans parole

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Prix spécial de la « Fondation Gan pour le cinéma« , 2014
Prix spécial « Un certain regard » Festival de Cannes, 2016
« Magritte du cinéma » pour le son, 2017


Sommaire 

1ère partie: Pour l’enseignant 2ème partie: Avec les élèves
  • Informations sur le film
  • Connaissances culturelles utiles
  • Indispensable à considérer avec les élèves
  • Points d’appui pour des débats
  • Liens avec d’autres domaines d’enseignement
  • Des dossiers pédagogiques à consulter
  • Avant la séance au cinéma
  • La séance au cinéma
  • Après la séance au cinéma
  • Ouverture culturelle


POUR L’ENSEIGNANT

  INFORMATIONS SUR LE FILM

  • La Tortue Rouge sur le site Nanouk, site pédagogique national  du dispositif « École et Cinéma »
  • Le point de vue sur le film, rédigé par Stéphane Kahn, critique de cinéma et programmateur de films
  • La bande annonce sur Allo-ciné
  • Des informations sur le film sur le site Wikipédia
  • 2 affiches disponibles sur le site  Nanouk, site pédagogique national du dispositif « École et Cinéma »
  • Le synopsis du film

  CONNAISSANCES CULTURELLES UTILES 

La Tortue Rouge est un long métrage d’animation « multiculturel ». La mise en scène du film est réalisé par un réalisateur néerlandais, le film est scénarisé par Pascale Ferran, un Français et la  direction artistique est assuré par Isao Takahata, le réalisateur japonais qui travaille au studio Ghibli et est connu, notamment,  pour les films Mon Voisin Totoro ou Ponyo sur la falaise.

L’histoire du film n’est pas une nouveauté ni pour le cinéma, ni pour la littérature. Des romans, des albums jeunesse, des bandes dessinées, des séries télévisées, des longs métrages ont déjà traité d’un naufragé sur une île déserte tropicale. Dans La tortue rouge aussi, un homme échoue seul sur une île déserte et, malgré tous ses efforts, n’arrive pas à s’en échapper.
Ce qui fait l’originalité du film réside dans le fait que le film ne traite pas de la manière dont le naufragé va assurer sa survie;  il ne s’agissait pas pour Michaël Dudok de Wit  de « raconter comment il survit, car cela a déjà été fait si souvent il fallait plus ». Et ce plus   consiste pour lui à raconter les grandes étapes de la vie, à travers son personnage.

Un film tout en délicatesse, aux lectures multiples
Le film évite  tous les poncifs liés à la recherche de la nourriture et de la survie.
Après avoir traité des premières difficultés psychologiques liées à la situation d’isolement et d’emprisonnement, avec une charge émotive 
subtile qui pénètre le spectateur, l’histoire prend comme sujet le passage de l’homme sur la terre, le cycle de la vie, la relation de l’homme à la nature, la chaîne alimentaire, la transmission et l’éternel recommencement.
L’histoire se déroule sans aucune explication, avec des éléments de réalité, des éléments symboliques et des éléments imaginaires. Cet ensemble donne  au film un côté, à la fois, hermétique, énigmatique et enchanteur.

Une place volontairement laissée à une contribution personnelle de l’imaginaire
« Je veux permettre aux spectateurs de percevoir ce qu’ils veulent, sans leur imposer un point de vue. Il faut qu’ils ressentent les choses de façon intuitive, sans forcément tout analyser. Quand j’ai vu, à l’âge de 15 ans, 2001, Odyssée de l’espace, de Stanley Kubrick, je n’ai rien compris, ou presque rien, mais je l’ai tout de même adoré. » MDdW

Tout en racontant une histoire universelle, celle de la vie, le film surprend:

  • Il n’arrive jamais ce que le spectateur attend.
  • Le spectateur est profondément touché du début à la fin du film par son contenu
  • Une autre originalité du film se trouve dans l’esthétique et  la beauté des dessins, dans la technique d’animation  et dans la musique. Elles impriment au film son caractère particulier.

Les recherches graphiques 
Le raffinement du film tient autant à son contenu qu’à son traitement graphique et cinématographique.  L’esthétique du dessin, la palette de couleurs, les représentations de l’eau,  les techniques d’animation sont louées dans toutes les critiques du film.

La gestuelle des personnages a été étudiée en amont des dessins. Des acteurs ont été filmés pour servir de modèles. Les poses significatives sont retenues  et redessinées comme dans un cours avec un modèle vivant.  Cette manière de faire s’appelle l’animationalytique.
Pour les dessins, le crayon numérique qui permet de dessiner sur une palette qui est un écran d’ordinateur a été privilégié au crayon sur papier (choix fait après avoir animé deux versions d’un même plan, un avec crayon sur papier et un avec ce crayon numérique). Cet outil numérique permet de voir de suite le résultat de l’animation, sans avoir à scanner les dessins séparément et facilite  le travail de  retouches. 

Les dessins des décors,  ont été créés sur papier au fusain, de façon très spontanée, avec de grands gestes, des frottements avec la paume de la main. Cet aspect artisanal donne une belle texture granuleuse à l’image.
Des photos prises par Michael Dudok de Wit, lors de son séjour aux Seychelles, ont été utiles à la fois pour mettre l’équipe de dessinateurs dans une ambiance de survie et de solitude mais aussi pour révéler le ciel à tous les moments de la journée, et particulièrement  l’influence de la lumière sur les nuages.
De la documentation vidéo, des images de tsunami, de tempêtes et de surf ont servi la réalisation des séquences de vagues et de raz-de-marée.

Le radeau et les tortues ont été animés en numérique et comme tout est finalisé avec le même style graphique, on ne voit pas que c’est du numérique.

La musique et la bande sonore
La musique a été créée par Laurent Perez del Mar (1974-), jeune compositeur français de musique de film.
Dans la bande sonore, bruits de la nature (le bruissement des feuilles, le clapotis de la pluie) et musique se lient intimement l’un à l’autre. Ils ont à dessein été mixés ensemble. Le choix de percussions et de flûtes natives renforce ce continuum: une écoute attentive du film – sans l’image – (Ecouter la musique : 48′) permet de repérer les procédés à l’œuvre pour créer le sentiment que la musique procède de la nature (la scène du tsunami par exemple) ou bien au contraire de l’intériorité des personnages (la scène de l’extase amoureuse). Extraits du dossier enseignant du CNC (Centre National du Cinéma)
Le compositeur Laurent Perez del Mar dit avoir eu trois impératifs :
1 – Respecter les silences, les bruits de la nature.  2 – Veiller à ce que la musique et les sons, les ambiances de la nature se fondent totalement.  3 – Créer un rythme dans la narration avec la musique. « Pour obtenir la cohabitation la plus subtile entre les sons naturels et la musique, j’ai utilisé beaucoup de pièces de bois, de bambous, dans l’écriture des percussions », commente t-il.

  INDISPENSABLE A CONSIDÉRER AVEC LES ÉLÈVES 

Un peu de  philosophie:
Le film dans une narration fictionnelle et dans sa dimension très poétique décrit la vérité du monde. 
Il est dépourvu de morale et laisse à chacun trouver sa lecture et engager sa dimension explicative.
Il ne joue pas l’explication du monde et exige donc quelque méditation et une médiation (à hauteur de compétences d’élèves), aux effets immédiats et en devenir.

L’universalité des questions:
Ce film raconte aussi que la mort est une réalité. L’être humain a tendance à s’opposer à la mort, à avoir peur de la mort, à lutter contre et ceci est très sain et naturel. Et pourtant, simultanément, on peut avoir une compréhension intuitive très belle qu’on est la vie pure et qu’on n’a pas besoin de s’opposer à la mort. J’espère que le film transmet un peu ce sentiment. » Michaël Dudok de Wit
A noter l’influence de la culture asiatique pour laquelle la mort n’est pas considérée comme une fin tragique mais comme une fin naturelle.

L’intention est donc bien d’exposer le cycle de la vie et de présenter la condition humaine que l’Homme doit accepter (naître / grandir / vieillir / mourir).
Une autre intention est de mettre en valeur la réalité des écosystèmes nécessaires à la survie des espèces (voir une vidéo avec des extraits choisis).
Le film engage donc à apercevoir et à réfléchir à:

  • le cycle de la vie  »
    qui est traité à travers deux comportements cycliques, l’un attribué dans le film aux   personnages  humains (la naissance/ la mort), l’autre attribué dans le film aux   personnages  animaux (la chaîne alimentaire)
  •  la relation de l’homme à la nature.
    Dans ces deux chaînes de vie, la nature joue un rôle, presque comme un personnage discret mais indispensable. Elle est dangereuse et malfaisante (au début du film) mais aussi hospitalière et salvatrice puisqu’elle produit les ressources pour survivre.
  • Dans l’époque que nous vivons, le film invite peut-être à une conscience écologique. Le personnage ne cherche pas à transformer la nature pour sa survie et son confort, il s’adapte à la nature. 

Le rapport au temps
Le film présente plusieurs enjeux de réflexion par rapport à la notion de temps et au rapport de l’Homme et de la nature au temps.
On notera tout d’abord que le film est totalement en marge du temps, en ce qu’il ne permet aucun repère d’époque. Au spectateur de décider si l’histoire s’est déroulée il y a longtemps, ou aujourd’hui ou se passera dans X années. Ou si, fondamentalement, elle relève de toutes époques.
Parallèlement, on notera que, si quelques jeux de couleur dans le ciel indiquent des changements dans les journées et des successions de journées, rien ne permet de prendre des repères de durée. On voit que les personnages vieillissent, on voit que l’enfant grandit.
Le cycle de la vie s’écoule, la vie se répète; l’enfant reprend les gestes de son père et revit les mêmes expériences.  La nature, elle, reste identique, témoin 
permanent de l’éternel recommencement de la vie. 

De cette atemporalité découle une certaine platitude (le film n’offre aucun rebondissement), une certaine uniformité sans pour autant amener l’ennui. Le temps ou l’absence de temps sert à raconter, sert à mettre en valeur le propos et engage la sérénité.
Michaël Dubok dit que : « Le temps n’a plus d’importance quand on est heureux. Il n’y a plus ni passé, ni présent, ni futur ». 

La symbolique de certains éléments

  • La tortue:
    « J’ai choisi la tortue car elle est paisible et solitaire et c’est pour cela que je l’aime. Mais j’ai voulu qu’elle garde une part de mystère » Michael Dudok de Wit
    Cet animal est porteur d’autres symboliques, particulièrement relatives à notre rapport au  temps:
    …- – l’espérance de vie des tortues, variable selon les espèces, peut atteindre jusqu’à 100 ans
    ;;;;– les tortues sont apparues il y a 200 millions d’années et sont considérées comme des animaux fossiles
    ;;;;– la tortue est présente sur tous les continents. on peut dire que c’est un animal universel, connu et reconnu par tous les humains.
    ;;;;– la tortue est associée à la lenteur et à la sagesse
  • Le tunnel:
    Le tunnel est utilisé comme la symbolique d’un passage aboutissant à une modification interne.  Il est à la fois l’enfermement dans une situation et la sortie vers la lumière qui permet de déjouer cet enfermement. Dans  les histoires, il vaut comme passage initiatique. On le retrouve dans le film  « Le voyage de Chihiro » de Hayao Miyazaki, 2001, dans le livre éponyme de Anthony Browne en 1989, dans la littérature de Claude Ponti (1948- ).
    Dans La Tortue Rouge, le « naufragé » tombe dans un trou et n’a d’autre solution que d’avancer dans ce tunnel dont il ne connait pas l’issue.  La sortie ne lui apporte pas de secours mais change peut-être sa détermination. Plus tard, le film offre exactement le même motif avec le fils…  A interpréter peut-être comme la répétition de la vie avec l’enchaînement des générations ou comme la récurrence  et la nécessité des expériences à faire.
  • L’île déserte:
    Michaël Dudok de Wit a effectué des repérages sur une île déserte dans les Seychelles mais a souhaité éviter la « vision de carte postale » des îles tropicales avec palmiers et ciel bleu. Dans cet esprit de création originale, il faut également souligner le traitement de l’histoire qui, tout en donnant à l’île déserte sa fonction symbolique de solitude, de relation à la nature, de retour à l’état sauvage et à l’essentiel , de réflexion sur le sens de la vie, ne tombe pas dans les stéréotypes de la vie paradisiaque ou au contraire de la vie pleine de dangers divers.
    L’île déserte a servi de nombreuses créations littéraires et cinématographiques (voir ci-dessous  Chapitre: Avec les élèves / § Ouverture culturelle)

Une histoire sans parole, sans langage
Le film ne contient aucun parole. Les premières versions du scénario en contenaient, mais au fil de l’écriture, Michael Dudok de Wit et Pascale Ferran se rendent compte qu’elles ne sont pas indispensables et décident finalement de les supprimer.
Il s’avère donc que les 
personnages n’ont aucun échange et on constate que durant tout le film, il n’y a de leur part aucune volonté d’en avoir la possibilité.  La mère, certes ne parle peut-être pas, compte tenu de  son origine,  mais le père ne cherche pas à apprendre à parler à son enfant.
Ce choix des réalisateurs peut trouver diverses explications: 

  • un homme seul sur une île déserte ne parle pas …
  • le silence permet de marquer le renoncement au langage et contribue à la profondeur du propos
  • le silence est l’expression de l’intériorité
  • le silence focalise l’attention et permet une plus grande connaissance de soi
  • les états psychologiques et les émotions peuvent se traduire autrement que par les mots : le langage corporel est privilégié tout comme le sont les respirations, les cris, les soupirs. La colère, le désarroi, l’abattement, la détermination, la panique prennent une autre force.
  • l’absence de dialogues contraint donc à une exigence picturale; le dessin  doit reproduire le  langage du corps
  • dans la simplicité de leur vie, les personnages peuvent se comprendre par-delà des mots
  • l’absence de dialogue contribue à la portée universelle et intemporelle du propos fondamental. A noter également, dans cet esprit, que les personnages n’ont pas de nom.

Et pourtant, communiquer n’est-il pas le prémisse d’une vie sociale  ?
Les réalisateurs compenseraient-ils  l’absence de dialogues et de communication par la scène au cours de laquelle les parents dessinent pour l’enfant ?

Et compenseraient-ils l’isolement et l’absence d’ouverture vers une vie autre (vers un autre regard sur le monde et  d’autres cultures)  par la scène de la bouteille à la mer trouvée par l’enfant ?

La force du dessin  ou comment les réalisateurs se servent des dessins  et de leur animation pour traduire la charge émotionnelle du récit et pour mobiliser nos émotions.
A noter aussi les grands espaces vides dans les images. A l’instar du « sans dialogue », ils font silence dans l’image et laissent une place  à l’imaginaire du spectateur.

La charge émotionnelle personnelle
« Je voudrais avec ce film, parvenir à combiner trois éléments. Tout d’abord, une histoire forte. Ensuite, je souhaite que cette histoire s’inscrive dans un univers visuel empreint de beauté : beauté naturelle des paysages, du jeu des ombres et de la lumière du soleil et de la lune, de l’élégance et de la subtilité des mouvements. J’aimerais aussi que le film témoigne d’un profond respect pour la nature, y compris pour la nature humaine, et qu’il véhicule un sentiment de paix et d’admiration devant l’immensité de la vie. » MDdW

  POINTS D’APPUI POUR DES DÉBATS 

La diversité de points de vue qu’offrent certaines questions soulevées dans le film,  permet  aux élèves  de donner leur avis, de trouver des éléments et arguments pertinents pour le défendre, d’écouter, comprendre et respecter l’avis de l’autre et de faire évoluer leur pensée.
Deux questions particulièrement intéressantes peuvent être retenues:

  •  Vivre sur une île déserte, un rêve ou un cauchemar ?   La relation à la solitude
  • Parler, ne pas parler…

Des pistes autour de ces questions sont abordées dans le chapitre ci-dessous  « Avec les élèves« .

  RELATIONS AVEC D’AUTRES DOMAINES D’ENSEIGNEMENT 

Dire Lire Ecrire sont présents de manière intrinsèque dans une séquence d’éducation artistique et culturelle.
Les moyens de pratiquer le Dire Lire Ecrire  à partir de la rencontre avec un film sont développés sur la page « Les incontournables d’une séquence autour d’un film au cycle 3″.
Les moyens de se saisir du Dire Lire Ecrire pour ce film sont développés ci-dessous.

Des liens étroits avec le programme d’enseignement des arts plastiques
(question de la représentation du monde  / question de la matérialité de la production plastique et la sensibilité aux constituants de l’oeuvre )

  DES DOSSIERS PÉDAGOGIQUES A CONSULTER   



AVEC LES ÉLÈVES

Cette rubrique permet aux enseignants de se saisir de contenus et de démarches pour accompagner la réflexion, l’enrichissement, les connaissances des élèves dans la considération du film.
La page intitulée « Les incontournables d’une séquence autour d’un film au cycle 3″
donne des contenus indicatifs sur les leviers génériques d’une éducation artistique, culturelle et sensible autour du cinéma.  A consulter, à exploiter ! 
Les rubriques ci-dessous donnent les recommandations pour le film La Tortue Rouge
Les deux pages d’approche pédagogique se complètent.

   AVANT LA SÉANCE AU CINÉMA 

Deux affiches différentes sont produites pour le film.

        
Disponibles sur le site Nanouk, site pédagogique national du dispositif

Dans le moment de préparation à la rencontre avec le film, il sera pertinent de présenter les différentes affiches.

  • observer les deux affiches
  • prélever des indices sur chaque affiche pour émettre des hypothèses sur le contenu du film
  • considérer le titre : LA tortue rouge et le mettre en balance avec UNE tortue rouge. Argumenter sur les différences -en connaissance de la langue – en contenu de narration –
  • en s’appuyant sur l’analyse des ces données et sur  les documents  mis à disposition ( résumé / critiques / photogrammes / bande annonce), profiler un contenu de film
  • individuellement ou en duo, retenir 3 mots clés exprimant une projection personnelle du contenu du film – une liste de mots clés peut être mise à disposition des élèves –

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   LA SÉANCE AU CINÉMA et LE FILM   

Les élèves y apprécient
  •  Un conte « fantastique » 
  • Une aventure humaine 
  • Les rebondissements
  • La sympathie pour le personnage
  • La diversité des émotions
  • Des images sublimes
Les élèves y découvrent
  • Des images saisissantes 
  • Une bande son authentique et envoûtante
  • Un personnage émouvant
  • Une aventure fantastique, surnaturelle
  • Un récit sur le cycle de la vie
  • Des images remarquables par leur graphisme, leur simplicité, leurs couleurs et  leurs points de vue
  • Des représentations variées de l’eau 
Les élèves y éprouvent (et y apprennent)
  • Des moments de suspens
  • L’empathie 
  • Le ressenti des paniques du personnage
  • La contribution de leur imaginaire à l’histoire
  • La dimension poétique 
  • L’universalité 
  • Une habileté à considérer les images  
  • Combien le traitement d’une image peut servir à révéler des ambiances et des sentiments 
  • Comment  les images contribuent à nos émotions 
  • La notion de point de vue (de face, en plongée, en contre plongée)  et  ses effets
  • La gamme des plans (plan général / plan rapproché / gros plan) et  leurs effets

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   APRÈS LA SÉANCE AU CINÉMA  

Confronter l’idée qu’on s’était faite du film et le film 
  • revenir sur la projection personnelle et sur les mots-clés choisis avant la séance
  • estimer les écarts
  • exprimer satisfaction ou déception
  • trouver 3 mots-clés pour caractériser le contenu du film (individuellement / collectivement). Une liste de mots (liste différente de celle proposée avant le visionnage) peut être mise à disposition des élèves afin d’anticiper la réflexion nécessaire.
Être  désarmés par le film
« Quand j’ai vu, 2001, Odyssée de l’espace de Stanley Kubrik,  à l’âge de 15 ans,  je n’ai rien compris, ou presque rien, mais je l’ai tout de même adoré. » dit Michael Dudok de Wit.
Avec La Tortue Rouge, il crée un film accessible à tous les âges, à tous les publics qui l’apprécieront selon leur degré de compréhension.
Le film peut surprendre et déranger des élèves habitués à plus d’humour, de facilités de compréhension et de rebondissements.
  • par écrit par une phrase ou une question, les élèves notent,  de manière individuelle et spontanée, ce qui leur a semblé difficile, incompréhensif ou pas apprécié dans le film .    L’utilisation de post-it disponibles dans l’espace consacré au cinéma  ou selon tout autre organisation peut être une facilitation, ce qui permet
    une réflexion et une mise en oeuvre possible,  à tout moment pour l’élève, sur une durée tangible définie. Ce procédé respecte des interventions spontanés pour les élèves. Un autre intérêt est de mettre en regard tous les avis, dans un certain anonymat.

Être fascinés par le film
Le récit prend « aux tripes », même ceux qui ne sont pas entièrement convaincus par son contenu. Il touche, même (et surtout)  s’il dérange et marque par la qualité des images, par les symboles simples rendus encore plus prégnants par la musique.

  • par écrit par une phrase ou une question, les élèves notent,  de manière individuelle et spontanée, ce qui leur a semblé fascinant, intéressant ou troublant dans le film.   L’utilisation de post-it disponibles dans l’espace consacré au cinéma  ou selon tout autre organisation peut être une facilitation, ce qui permet
    une réflexion et une mise en oeuvre possible, spontanée,  à tout moment pour l’élève, sur une durée tangible définie. Ce procédé respecte des interventions spontanés pour les élèves , un autre intérêt est de mettre en regard tous les avis, dans un certain anonymat.

L’ensemble des questions, des remarques, des avis est mis en commun et est classifié en catégories à créer et ouvertes.
Les élèves gardent un accès à ces documents, peuvent faire évoluer les catégories, peuvent commenter entre-eux, spontanément. L’enseignant laisse du temps pour que la pensée et les avis se forment.


Comprendre/ interroger les enjeux du film
Échanger son avis sur le film et sur les personnages est un incontournable pour les élèves. C’est pour eux le moyen  de faire évoluer la compréhension du film 

  • Un document  peut être établi pour permettre de cerner les enjeux du film et avoir une plus grande intelligibilité.

Il se construit à partir des éléments pris en compte dans les remarques et les avis émis antérieurement (voir ci-dessus).
Il se complète progressivement. Il permet de réfléchir aux différentes composante du film et d’accéder à une symbolique.
Voir un exemple de document en pdf.

Méditer sur la solitude, le besoin des autres, le rapport à la civilisation
Le film n’aborde jamais directement la question de la solitude ou du besoin de société. Pourtant, le spectateur s ‘interroge presque naturellement sur sa relation à la solitude et sur la manière dont lui,  pourrait ressentir et gérer une situation d’isolement absolu.

  • Produire un texte sur la solitude.
    Consigne: chaque élève fait d’abord la liste de tout ce qu’il découvrirait, apprécierait et ressentirait dans une solitude absolue et durable .
    Chaque élève fait une deuxième liste de tout ce qu’il craindrait, refuserait détesterait et ressentirait dans une solitude absolue et durable.
    Chacun écrit ensuite son texte, à partir de la lecture de ses listes, selon un schéma imposé , « Moi seul.e sur terre,  je….. »
    Deux solutions pour la rédaction : prendre les idées dans l’ordre dans lequel elles ont été écrites (liste de plaisirs puis liste de détestations) ou les organiser dans un jeu d’alternance entre plaisirs et détestations.
    Un travail de réorganisation du texte peut éventuellement permettre un regroupement par idées et une organisation par paragraphe.
  • Interroger la question de la communication entre les personnages. Comment communiquent t’ils ? Pourquoi ne se parlent-ils pas ?
    Un document présentant des propositions peut être mis à disposition des élèves afin d’élargir leur réflexion et d’enrichir le débat.
Découvrir un récit sur le vivant et le cycle de la vie
Cette séance permet des échanges sur les fondamentaux du film à savoir, le cycle de la vie et les relations de l’homme à la nature. Elle fait lien avec les connaissances acquises dans le cadre de l’enseignement des sciences et particulièrement avec la question  du vivant et de sa diversité  et celle des êtres vivants dans leur environnement.
Autour de la question du vivant sur l’île
  • recenser les  éléments de vie représentés dans le film.
  • différencier clairement le personnage et la vie « parallèle » existant sur l’île
  • établir le jeu relationnel existant entre le personnage et les animaux, entre les animaux eux-mêmes
  • donner une définition scientifique de la chaîne du vivant et éclaircir le concept
  • montrer comment cette chaîne est représenté dans le film
  • voir une vidéo présentant le cycle du vivant dans le film sur le site Transmettre le Cinéma, site pédagogique du dispositif  Collège au cinéma

Autour du cycle de la vie

  • décrire le déroulement de la vie des humains sur l’île
  • définir cette vie par quelques mots. Comparer avec la vie quotidienne dans notre époque.
  • recenser les moments et les gestes répétés, et récurrents d’une génération à l’autre. Expliquer leur raison d’être dans l’histoire
  • retrouver à travers le film les grandes phases du cycle de la vie
  • selon les besoins manifestés par les élèves, et échanger autour des questions « philosophiques » du cycle de la vie

Interroger la relation de l’Homme à la nature 

La nature tient  la place d’un personnage dans le film.
Elle est largement présente dans les images, elle est encore plus présente dans la bande-son. Par ces  deux présences, elle contribue aux sensations du spectateur.

Mais la nature est aussi un personnage à part entière, du fait de la relation forte et incontournable qui existe entre le personnage homme et la nature.

  • recenser les manifestations de la nature dans le récit
  • recenser les procédés utilisés pour donner de l’importance  à la nature dans le film . On pense aux dessins : nuances de verts dans la bambouseraie / éclairage des nuages par le soleil /gris de houle/ etc.  et aux sons:   bruissement des feuilles / fracas des vagues /cri du phoque/ etc.
  • distinguer les moments présentant une nature hostile et les moments présentant une nature salvatrice et hospitalière
  • donner des exemples puisées dans le film de la relation de l’homme à la nature
  • citer et lister des actions que l’homme aurait pu avoir dans et avec la nature
  • parmi  les actions citées, distinguer les actions qui auraient servi sa survie, les actions qui auraient nuit à la nature, les actions responsables, les actions moins responsables, et les actions irresponsables (les élèves peuvent se baser sur d’autres films, sur des séquences télévisées  ou sur des œuvres littéraires)
  • comparer et mettre en relation avec la relation de notre société avec la nature

Apprécier la force des images et de la bande-son

  •  A partir de photogrammes, trouver des points communs de réalisation à toutes les images (couleurs / épure / espace vide / touche et trait graphique / etc).
  • Qualifier les choix des dessinateurs.
  • Commenter et argumenter au regard du contenu du film.
  • Constater les effets  en terme d’ambiance et de sensations sur le spectateur
  • De mémoire, retrouver des éléments sonores perçus, entendus,  lors du visionnage. Les recenser.
  • Ecouter des extraits de la musique (Ecouter la musique : 48′). 
  • Ecouter la musique accompagnant le tsunami pour être attentif aux sons ( à partir de 1:42) qui évoque les bruits dans (de) la nature. Noter ce qu’ils évoquent.
  • Ecouter un autre extrait et imaginer une scène.
    L’associer à une étape du film (scène de l’au-revoir) en essayant de justifier son choix de scène.

A voir pour éclairer l’ensemble du film et apporter des références picturales et philosophiques:

  • Une vidéo assortie d’un commentaire compréhensible par les élèves.

S’exprimer à travers des pratiques plastiques  
Les séquences proposées sont fondées sur les enjeux artistiques picturaux du film

  • Les représentations de l’eau
    L’eau, du fait de divers phénomènes physiques se manifeste sous différentes formes qui permettent chacune d’engager des pistes d’expérimentation de représentation plastique . On pense à – l’eau en mouvement – l’eau stagnante   – l’eau figée.
    Compte tenu du contexte et des images référentes du film, les pistes proposées engagent l’eau en mouvement 
    Démarche proposée pour une séquence  :
        1. réaliser une collection sur le thème de l’eau en mouvement (photos et images de divers styles, diverses fonctions / reproductions d’œuvres / poésies et extraits de textes / lexique scientifique / lexique poétique / etc.
        2. réaliser des nuanciers, multicolores de bleus, de gris, de verts (papiers de magazine)
        3. rechercher des multicolores de bleus, de gris, de verts avec divers outils (crayons de couleur + variations de la pression de la main / craies grasses + estompages / lavis d’encre (feuille + ou – humidifiée eau + quelques gouttes d’encre de couleur dans des dilutions diverses) / mélange de gouaches / crayons de couleur aquarellables) pour produire  des nuanciers.
        4. utiliser les teintes obtenues pour des recherches graphiques autour des mouvements de l’eau (recherches gestuelles , recherches d’outils pertinents, et recherches de composition de l’espace-feuille )
    ;;;5. constater les effets des couleurs et les effets graphiques
        6. rencontrer des oeuvres d’art sur la même problématique
    (voir ci-dessous:§ ouverture culturelle)
        7.exploiter les effets de couleurs et les effets graphiques les plus remarquables pour une production personnelle figurative d’une vague
  • Imaginer, représenter l’eau comme un élément, un personnage, un  menaçant
    Cette proposition de projet personnel fait suite à l’ensemble de la démarche proposée ci-dessus et permet à chaque élève d’exploiter les effets de couleurs et les effets graphiques qui correspondent à la mise en oeuvre de son projet et de ses intentions de réalisation. 

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   OUVERTURE CULTURELLE  

A voir :

Cinéma

  • Ken Annakin, Les Robinsons des mers du sud,  1960
  • Robert Zemeckis, Seul au monde, 2000

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Littérature

  • Daniel Defoe (1660-1731) , Robinson Crusoé ,1719
  • Robert Louis Stevenson (1850-1894), L’Île au trésor, 1883
  •  Jules Verne (1828-1905), Deux ans de vacances, 1888
  • Johann David Wyss (1743-1818) , Le Robinson Suisse, 1812
  • William Golding (1911- 1993) Sa Majesté des mouches, 1954
  • Michel Tournier (1924-2016),  Vendredi ou les Limbes du Pacifique, 1967
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Arts plastiques en lien avec le film
  • Du dessin au film : une vidéo de 4min30 montrant Michäel Dudok de Wit  en train de dessiner et de commenter son dessin
Arts plastiques en lien avec les pratiques proposées
Une vague, des vagues :

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Culture scientifique, environnementale et éducation au développement durable

  • Un documentaire sur les tortues marines, sur le site de WWF Suisse
  • Un documentaire sur les mécanismes de l’hécatombe des espèces marines, sur le site de FranceTV-Info

 Fabienne PY  —  Conseillère pédagogique en arts visuels  —
Coordinatrice MetC67 / EetC67
_______    DSDEN du Bas-Rhin   _______

Publié le 21/01/2020