UN TRANSPORT EN COMMUN

Programme composé de 2 films en couleur

Réalisation : Dyana Gaye
France-Sénégal,

  1. DEWENETI, 2006
    Court-métrage en couleur,
    Durée : 15 minutes
  2. UN TRANSPORT EN COMMUN
    Court-métrage en couleur, 2010
    Durée: 48 minutes

Film en version française



Sommaire: 

1ère partie: Pour l’enseignant 2ème partie: Avec les élèves
  • Informations sur le film
  • Connaissances culturelles utiles
  • Indispensable à considérer avec les élèves
  • Points d’appui pour des débats
  • Liens avec d’autres domaines d’enseignement
  • Des dossiers pédagogiques à consulter
  • Avant la séance au cinéma
  • La séance au cinéma
  • Après la séance au cinéma
  • Ouverture culturelle

Attention, les rubriques  qui suivent concernent une analyse et un travail autour du deuxième film du programme, à savoir  Un transport en commun



POUR L’ENSEIGNANT

  INFORMATIONS SUR LE FILM

  • Un transport en commun sur le site Nanouk, site pédagogique national du dispositif « École et Cinéma »
  • Le point de vue sur le film, rédigé par Rochelle Fack,  essayiste, romancière et enseignante en cinéma à l’université Stendhal-Grenoble 3.
  • L’affiche
  • Voir la bande annonce 
  • Des informations sur le film sur le site Wikipédia
  • Une interview de Dyana Gayé dans laquelle elle parle du film

  CONNAISSANCES CULTURELLES UTILES 

Une comédie musicale
Un Transport en commun est une comédie musicale qui met en scène de nombreux personnages dont le point commun est de voyager ensemble pour aller de Dakar à Saint-Louis. Par le chant, par la danse, ils vont se raconter, raconter la raison, plus ou moins grave qui les contraint à ce voyage.  Le spectateur découvre ainsi un moment de leur vie, tout en découvrant, en second plan le quotidien,  les espoirs et aspirations de l’Afrique aujourd’hui.

Le chant et la danse donne de l’allant au film et enchante le spectateur. Le spectateur sera d’ailleurs d’autant plus enchanté qu’il sera troublé et touché par le rapprochement qu’il fera avec les comédies musicales de Jacques Demy et plus particulièrement avec Les Demoiselles de Rochefort et Les Parapluies de Cherbourg.
Dyana Gayé revendique cette référence inspirante.

La comédie musicale est, au départ un genre théâtral dont le cinéma s’est emparé. Au terme comédie, on associe souvent comique, pour autant, les comédies musicales peuvent être légères ou dramatiques. Ce qui les caractérise est  la présence de scènes au cours desquels les personnages passent spontanément d’une expression naturelle à une expression chantée et dansée.  Les scènes dansées et chantées engagent la plupart du temps des univers  rêvés, idéalisés, voire imaginaires.
Les premières comédies musicales au cinéma sont apparues avec le cinéma parlant.
Quelques noms et titres  à retenir:
;;;;;Fred Astaire (1899-1987)/ Ginger Rogers (1911-1995) / Vincente Minelli (1903-1986)
;;;;;Chantons sous la pluie, 
1952, de S.Donen et G.Kelly (1912-1996)  / West Side Story, 1961, de Robert Wise /  La Fièvre du samedi soir, 1978, de J.Badham avec John Travolta (1954-)/ Les Demoiselles de Rochefort, 1967 et Les Parapluies de Cherbourg 1964 de Jacques Demy
Dans Un Transport en commun, Dyana Gayé transpose habilement l’art de la comédie musicale de Demy  au Sénégal;  le décor est la ville avec ses réalités, les chansons alternent entre le wolof et le français. Ce qui importe pour Dyana Gayé est de combiner une forme d’expression artistique occidentale avec une réalité africaine. Les séquences chantées et dansées permettent à la réalisatrice de donner à ses personnages, une présence forte, une réalité dénuée de toute symbolique et de tout cliché.
Tout en produisant un film  fictionnel, Dyana Gayé le positionne aussi dans le champ documentaire. 

Un documentaire, un contexte sociétal
Dans une comédie musicale, les scènes sont construites, agencées, chorégraphiées et leur exécution apporte l’enchantement attendu pour ce genre cinématographique.
Dyana Gayé se sert de ces scènes et des paroles chantées pour faire exprimer à ses personnages  leurs rêves, leurs réalités, leurs utopies ou  leurs souffrances. Les paroles de ces chansons donnent au spectateur des informations sur les personnages (et leur donnent vie) mais elles révèlent aussi (et surtout) des informations sur les aspirations des Sénégalais, transcrivant ainsi indirectement une réalité de la société sénégalaise.
Cette réalité se retrouve dans le choix des arrières-plans des plans de situation et des plans généraux de Dyana Gayé; ils offrent un décor concret puisque  tournés en extérieur, dans les villes, au milieu de la foule.
Lorsqu’une ville est filmé dans sa réalité (pour un documentaire ou pour une fiction), il ya toujours la nécessité d’un minimum de dispositifs pour le tournage (machinerie / caméra / éclairage / prise de sons/ etc.). Lors du tournage de Un Transport en commun, Dyana Gayé installe à plusieurs reprises une grue transformant ainsi la ville en scène théâtrale dans laquelle les passants, « figurants improvisés » et momentanés, de par leur naturel, contribuent à l’aspect documentaire. On note d’ailleurs des comportements divers; certains observent la scène, d’autres entrent timidement et à distance dans le jeu scénique mais en règle général, les passants  continuent l’action engagée.
Le jeu des acteurs par ses faiblesses s’inscrit pleinement dans l’esprit d’un témoignage sociétal. Certains sont des professionnels, d’autres non. Ils sont tous de très jeunes acteurs qui se trouvent confrontés à un genre filmique qu’ils n’ont jamais croisé et qui ne résonne pas dans leur culture.  Les imperfections dans la voix des acteurs (ils ne sont pas tous chanteurs)  renforcent également la part documentaire du film. Dyana Gayé a tenu à ce qu’ils ne soient pas doublés pour conserver cette fragilité. Elle dit être touchée encore aujourd’hui par les imperfections du film qui renforcent et le documentaire et le récit.

Une double culture affirmée
Dyana Gayé  est née en France,  
vit en France. Sa famille est originaire du Sénégal et Dyana Gayé a grandi dans une double culture ; la culture sociale et sa culture familiale.
Son cinéma est marquée de cette double culture mais pour autant, Dyana Gayé ne cherche pas à créer des films identitaires.  A travers le cinéma, elle se préoccupe davantage de la rencontre entre deux cultures,  
« la rencontre de mes deux moi ». qu’elle donne à voir en transposant  des codes esthétiques et artistiques occidentaux dans la réalité et la modernité sénégalaises.

  INDISPENSABLE A CONSIDÉRER AVEC LES ÉLÈVES 

La musique, le chant et la danse
Les chants, en français et en wolof, sont les moteurs de la narration. C’est à travers  l’expression chantée que chaque personnage se révèle dans ses  intentions immédiates, et dans ses pensées plus intimes .
L’importance de l’univers sonore dans le film est  donnée dés la scène d’ouverture du film dans laquelle se succèdent : sons et bruits de la ville,  air d’opéra diffusé par la radio du taxi et  chanson susurrée par deux personnages féminins. La succession des sources sonores de cette scène guide l’oreille et joue comme un indice annonçant le genre du film  (comédie musicale).
Le chant est le moyen pour chaque personnage de se dévoiler

Les ambitions des personnages et quelques éléments de la vie au Sénégal
Les personnages  révèlent dans le chant aussi bien leurs intentions, leurs illusions, leurs ambitions, leurs regrets, leurs critiques que la réalité de leur quotidien.
Les motivations de voyage sont fortes pour la vie et l’engagement futur de chaque  personnage. Elles impliquent du passé (les regrets de MMe Barry), du futur (les ambitions  européennes de Malik), du politique (les propos du chauffeur de taxi), de l’émotionnel et donnent une image de la réalité et la diversité de la société sénégalaise d’aujourd’hui.
Les personnages ont donc tous des attentes liées à ce voyage et le spectateur est confronté à la coexistence de préoccupations. Grâce à  chaque personnage et à son discours, Dyana Gayé propose un aperçu de la société sénégalaise.
Dyana Gayé travaille son film, sur la base d’un road-movie, 
le temps d’un voyage,  autour de la rencontre / non-rencontre.

La rencontre
Le cinéma de Dyana Gayé est engagé autour de la question de la rencontre.
Dans Un transport en commun on retrouve cette question traitée selon différents registres.

Certaines touchent la fiction:

  • La rencontre des personnages ou comment des personnes qui ne se connaissent pas et qui n’ont aucun point commun échangent un moment de vie, le temps d’un déplacement. Mais y a t-il  réellement une  rencontre ? Peut-on parler d’échanges ?  de partage ? même  éphémère ?  ou la situation n’est -elle pas plutôt une coexistence de préoccupations individuelles qui, collectées, reflètent les  préoccupations collectives ?

D’autres touchent le processus artistique et scénaristique:

  • Le déplacement de modes d’expression et de procédés de création cinématographique dans une autre culture intéresse Dyana Gayé. Elle l’ interroge, de différentes manières à travers ses films.  
    Une comédie musicale jouée par des acteurs sénégalais, dans un scénario se déroulant au Sénégal, où la danse et la musique répondent à d’autres codes, est un rêve et un défi cinématographique pour Dyana Gayé.

Par le cinéma, la réalisatrice fait vibrer ses deux cultures :

  • A la recherche peut-être d’un accord parfait, sans dominante d’une culture ou de l’autre, elle met en scène la rencontre entre ses références artistiques occidentales (ses préférences artistiques, ses émotions esthétiques)  et sa culture d’origine. 

 « Les gens sont rassemblés par hasard, juste parce qu’ils ont une destination commune. Comment déclencher la rencontre entre eux, instaurer un dialogue ? C’est ce que permettent la musique, la chanson et la danse ». D. Gayé   

Les genres au cinéma :
Le film concentre deux genres ; la comédie musicale et le road movie.
Chacun de ces genres fait partie du choix de réalisation de Dyana Gayé et est remarquablement déployé tout au long du film.
1. la comédie musicale Le film s’inscrit entièrement dans le genre comédie musicale et prend comme référence  les comédies musicales françaises remarquables.
La comédie musicale donne de l’allant au film et de la présence à chaque personnage.
2. le road movies  La réalisatrice se sert du temps d’un voyage pour dépeindre le tableau du Sénégal qu’elle découvre aussi progressivement et beaucoup dans  des déplacements à travers le pays. Dans son film, le voyage consiste plus en départ – faux départ, arrêts forcés -reprises de route qu’en une randonnée routière aventurière.
Le road movie témoigne du rôle de l’automobile comme pur moyen de mobilité individuelle et comme symbole de liberté. Dans le film, il est le reflet des modes et des moyens de déplacement au Sénégal et, du fait  des enjeux des déplacements des personnages, il est symbole de libération. 

Le titre du film:
Il renvoie justement aux propos artistiques de Dyana Gayé. 

D
u fait de la polysémie du mot transport, le titre peut faire apparaître:
le principe du road movie 
mais aussi,
l
a mixité des genres dans le film (transport = déplacement)
le plaisir de chanter ensemble et les émotions qu’il procure (transport = manifestation d’une émotion)
les émotions partagées du fait de la rencontre (transport = effusion commune)
le saut prospectif, la quête émancipatrice de chaque personnage  (transport = déplacement dans l’avenir)
et pour le spectateur, le plaisir d’être transporté avec d’autres spectateurs dans un univers différent de son quotidien. 

  POINTS D’APPUI POUR DES DÉBATS 

Les modes de déplacement en lien avec les questions environnementales et avec les questions de confort personnel :  individualisme et donc sentiment de liberté – transports collectifs et donc situation avec des contraintes  

La notion de temps:  la patience, la placidité, le flegme

  RELATIONS AVEC D’AUTRES DOMAINES D’ENSEIGNEMENT 

Dire Lire Ecrire sont présents de manière intrinsèque dans une séquence d’éducation artistique et culturelle.
Les moyens de pratiquer le Dire Lire Écrire  à partir de la rencontre avec un film sont développés sur la page « Les incontournables d’une séquence autour d’un film au cycle 3« .
Les moyens de se saisir du Dire Lire Ecrire pour ce film sont développés ci-dessous.

Des liens étroits avec le programme de géographie
Le film, par son aspect documentaire et par son tournage dans des lieux vrais et des décors naturels, permet  « 
la découverte et la compréhension des relations dynamiques que les individus-habitants et les sociétés entretiennent à différentes échelles avec les territoires et les lieux qu’ils pratiquent. (extraits du programme de 2015  du Cycle 3).
Le film servira d’appui (thème 1 -Se déplacer-) pour les questions de mobilité, de regards sur différents types de mobilités et d’infrastructures de communication.

Des liens avec les enseignements artistiques et les pratiques plastiques
L‘essentiel du déplacement est filmé à l’intérieur du taxi, un huis clos donnant l’impression d’enfermement, amplifié par les différents placements de la caméra qui montrant toujours la même chose, change juste le point de vue.
Les choix filmiques de la réalisatrice ouvrent deux pistes de réflexion et d’expérimentation en arts plastiques

  • la question du point de vue
  • l’enfermement

Les images de paysages, de villes, de places traduisent la frénésie, l’exubérance africaine par la profusion  d’objets (voitures/valises/personnes/etc.) et de couleurs qui les envahissent et que la réalisatrice a choisi de montrer et de mettre en valeur.
Plastiquement, on parle d’accumulation. Ce terme est associé à certaines oeuvres des nouveaux réalistes , dont particulièrement Arman (1928-2005) (voir une image) L’accumulation engage un travail autour de la collection, de l’inventaire et un travail de composition (assemblage / entassement / juxtaposition).

  • l’accumulation

Dyana Gayé affirme dans une interview que l’idée du film lui est venue de ses carnets de voyage qu’elle réalise au cours de ses déplacements en taxi brousse au Sénégal.

  • le carnet de voyage

Quelques  pistes d’expérimentation sont déclinées ci-dessous § Pour les élèves – Après la séance de cinéma –

  DES DOSSIERS PÉDAGOGIQUES A CONSULTER   



AVEC LES ÉLÈVES

Cette rubrique permet aux enseignants de se saisir de contenus et de démarches pour accompagner la réflexion, l’enrichissement, les connaissances des élèves dans la considération du film.
La page intitulée « Les incontournables d’une séquence autour d’un film au cycle 3« 
donne des contenus indicatifs sur les leviers génériques d’une éducation artistique, culturelle et sensible autour du cinéma.  A consulter, à exploiter ! 
Les rubriques ci-dessous donnent les recommandations pour le film Un transport en commun
Les deux pages d’approche pédagogique se complètent.

    AVANT LA SÉANCE AU CINÉMA   

Attention: le programme comprend deux films, cette information doit être donnée aux élèves, avant la séance.
Leur point commun : ils sont tous les deux réalisés par la même réalisatrice et ont y retrouve ses priorités artistiques:  Ils se passent tous les deux dans la même ville. Ils engagent tous les deux du fictionnel, mis en scène dans une réalité sénégalaise. Tous les deux portent une confrontation de la culture occidentale et de la culture africaine.
Les pistes pédagogiques déployés ne concernent que le deuxième film du programme Un transport en commun
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Présenter aux élèves plusieurs documents de communication pour le  film Un transport en commun, choisis parmi

Suggestion: Les élèves ne sont pas tenus d’avoir à leur disposition les mêmes documents.
au contraire, le moment de mise en commun sera plus riche si les élèves n’ont pas tous consulté les mêmes documents. De plus, la répartition peut être faite en fonction de l’accès plus ou moins facile des documents et des compétences des élèves.

En s’appuyant sur  les  données recueillies et comprises:

  • profiler un contenu de film;  avec un premier temps en collectif à l’oral suivi d’un écrit personnel de quelques lignes permettant de donner ses attentes et son pressenti
  • individuellement ou en duo, retenir 3 mots clés exprimant une projection personnelle du contenu du film.

Considérer le genre de la comédie musicale:

  • recenser quelques films vus et connus des élèves.
    Sans les raconter, les définir par quelques mots-clés et les catégoriser (critères à trouver ensemble mais surtout critères approchant les genres au cinéma)
  • recenser quelques genres cinématographiques connus des élèves, en décliner les caractéristiques les plus notoires
  • en s’appuyant sur des films connus et déjà vus par les élèves (PEAC et programmations antérieures de Ecole et Cinéma 67), relever quelques caractéristiques de la comédie musicale et définir par des mots-clés (l’enseignant peut soutenir cette recherche par une liste de mots proposés. Cette liste peut contenir des intrus…)
  • voir une vidéo (france-télévision) définissant la comédie musicale
  • rédiger une définition de la comédie musicale (individuellement ou collectivement)

Évoquer le cinéma de Jacques Demy :
Jacques Demy a inspiré Dyana Gayé pour sa comédie musicale. Les passages chantés et dansés du film de Dyana Gayé sont des allusions fortes aus comédies de Jacques Demy et tout particulièrement aux Demoiselles de Rochefort (film  programmé en 2018/2019 par le dispositif dans le Bas-Rhin.).

  • se servir des outils de communication du cinéma  (bande annonce / photogrammes / extraits  / synopsis ) et éventuellement de sa mémoire personnelle (Le film a été programmé en 2018/2019 par le dispositif dans le Bas-Rhin.) pour (re)découvrir l’essentiel de la comédie musicale Les demoiselles de Rochefort 
    (voir site  Nanouk, le site pédagogique national du dispositif Ecole et Cinéma – onglet: analyse de séquence et onglet : cinémalle pour photogrammes / affiche /extraits)
  • écouter la chanson d’amour de Maxence dans Les demoiselles de Rochefort ; reprise assumée pour la chanson d’amour entre Dorine et Antoine
  • établir  une passerelle prospective entre le film de Demy et le film de Gayé

L’enseignant peut proposer aux élèves d’être attentifs à certains points dans le film comme

  • le moment où intervient la première musique, la première chanson
  • tenter de reconnaître différents styles de musique
  • retenir les » informations » données dans les chansons
  • retenir une ou deux (ou plus) paroles de chansons
  • observer les « décors » et les arrières-plans des scènes chantées et dansées / observer les « figurants »
  • questionner la place de la caméra

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   LA SÉANCE AU CINÉMA et LE FILM   

Les élèves y apprécient
  • La musique et la danse qui rythment le film
  • L’authenticité des personnages
  • L’authenticité des paysages
  • Les relations humaines qui se construisent
Les élèves y découvrent
  • Un mode de vie éloigné des stéréotypes
  • Un mode de déplacement original
  • Des préoccupations des personnages
  • Différents styles musicaux
  • Différentes manières de filmer
Les élèves y éprouvent (et y apprennent)
  • Les sensations et les émotions de l’attente
  • L’empathie pour différents personnages
  • La force d’images réalistes
  • Combien le traitement des images et la place de la caméra servent les ambiances et le jeu relationnel
  • Comment et combien la musique rythme le film
  • La notion de point de vue (de face, de profil, en plongée)  et  ses effets
  • La gamme des plans (plan général / plan rapproché / gros plan) et  leurs effets

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   APRÈS LA SÉANCE AU CINÉMA  

Confronter l’idée qu’on s’était faite du film et le film 
  • revenir sur la projection personnelle et sur les mots-clés choisis avant la séance
  • estimer les écarts
  • exprimer satisfaction ou déception
  • s’exprimer sur la comédie musicale. Quand apparaissent les premiers chants ?, appréciation sur les danses, appréciations sur les chants
  • s’exprimer sur les moments enchanteurs et sur les moments plus réalistes
  • trouver 3 mots-clés pour caractériser le film (individuellement / collectivement)
Cerner les intentions de la réalisatrice
  • Le choix du titre:  entrer dans la polysémie du mot « transport » et du titre:
    – un transport en commun comme mode de déplacement = action des personnages, d’être déplacés ensemble d’un endroit vers un autre
    – un transport en commun = action des spectateurs, d’être  confrontés, ensemble, le temps du film,  à une autre réalité que la réalité occidentale
    – un transport en commun = vive émotion, sentiment partagé d’un moment émotionnellement et artistique fort, lié au chant et à la danse. Ce transport touche les personnages, les acteurs et les spectateurs.
  • faire des constats sur des oppositions repérés dans le film
  • citer et examiner des plans qui servent le versant narratif et la comédie musicale  et des plans qui servent le versant documentaire du film
  • émettre des hypothèses sur les intentions de la réalisatrice. Une liste de propositions peut être mise à disposition des élèves pour faciliter leur réflexion.
    Le visionnage d’une interview de Dyana Gayé  (6’35 à 11′) apporte des éléments de réponse
  • inventer un (ou plusieurs) mot-valise pour définir le genre particulier du film
Comprendre les ambitions  des personnages du film
Échanger son avis sur les personnages est un incontournable pour les élèves et permet de
  • citer son personnage préféré
  • recenser les personnages selon leur histoire
  • comprendre et décrire la raison du déplacement de chacun et la motivation qui justifie le déplacement de chaque passager.
    Un document avec propositions inductrices peut être mis à disposition des élèves. Ce document présente des propositions du film, d’autres n’ayant aucun lien avec le film.
  • imaginer ce qu’un personnage peut penser d’un autre; par exemple :  quel regard porte  Antoine sur MMe Barry ou que pense le chauffeur de taxi de Xxx. Par écrit, produire une ou deux phrases significatives de ces pensées. Ces phrases pourront ensuite être soumises aux autres élèves, comme  jeu de devinettes: « qui pense quoi de qui ? »
  • réfléchir aux relations qui s’établissent dans le taxi. Ya -t-il des échanges ? du partage ? des vraies conversations? des confidences ? A quel moment les gens commencent-ils à se parler ?
  • réfléchir aux échanges qui existent (ou pas) dans les transports en commun fréquentés par les élèves. Comment se comportent les voyageurs dans le tram ?, dans le train ? Émettre un jugement personnel.
  • écrire un court texte sur un des personnages. Un cahier de charges sur le contenu du texte peut être donné (par exemple : décrire physiquement le personnage / donner quelques traits de caractère / indiquer la raison du voyage / écrire une ou deux pensées du personnage / parler de sa chanson / émettre un avis personnel sur le personnage/ etc.)
Interroger l’insolite; ce qui s’écarte de notre mode de vie
  • recenser les situations, les objets, les dispositifs, les manières qui ont paru « bizarres » parce que différents de ce que nous côtoyons et rencontrons dans notre quotidien
  • les catégoriser (différentes catégories seront proposées par les élèves)
  • considérer plus particulièrement les différences de modes de transport entre ceux du film et ceux de notre quotidien
  • percevoir quelques enjeux de la mobilité (pourquoi se déplacer ?  comment ? quelle économie pour le voyageur?  pour l’environnement et la planète ? )

Apprécier la force des images et de la musique
1. les images

  • repérer différentes sortes de lieux d’action
  • catégoriser selon des critères divers. On vise l’idée de scènes en extérieur et scènes se passant dans le taxi
  • comparer les scènes en extérieur et les scènes en voiture
  • émettre des hypothèses sur les moyens de filmer dans une voiture; réfléchir aux limites de la situation,  aux possibilités de tournage (place d’une caméra / du cameraman / mouvement de la voiture / mouvement de la caméra / etc.),  aux variantes possibles de la situation.
  • imaginer des données techniques envisageables pour un tel tournage
  • donner la technique utilisée par Dyana Gayé, à savoir: les acteurs sont filmés à travers le pare-brise,  la caméra est fixée sur une voiture travelling qui précède ou suit le taxi ou elle est fixée sur le capot du taxi,
  • à l’aide de photogrammes, plans dans le taxi, comparer la composition des différentes images. L’enseignant fait porter l’attention sur les notions de plan et sur les notions de point de vue
  • repérer les différences, les décrire, les caractériser en terme technique =  relever les différences de plan et les différences de point de vue. Imaginer la position de la caméra.
  • voir des vidéos  pour éclairer ces questions: La valeur des plans Le mouvement de  caméra (attention site avec publicités)
  • inventorier les possibilités de position de caméra = ouverture vers de la pratique dans le cadre des enseignements en arts plastiques (voir ci-dessous)
  •  examiner les effets liés à la technique de filmage, à savoir que les images n’offrent pas de hors-champ et donnent l’impression d’un enfermement, d’un huis-clos
  • structurer les apprentissages techniques liés au langage cinématographique par la rédaction de définition ou par un court résumé
    (voir aussi page sur les incontournables d’une séquence au cycle 3)

2. la musique et les chansons

S’exprimer à travers des pratiques plastiques
Les séquences proposées sont fondées sur les enjeux artistiques picturaux du film

  • Le point de vue ou réaliser une série de prises de vue (photographiques ou croquis dessinés)  d’une même scène.
    La scène sera composée soit d’objets, soit de personnes (par exemple  une mise en scène d’élèves avec un chauffeur et des passagers installés dans une voiture ou un transport en commun).
    La position du dessinateur ou du photographe changera pour multiplier les prises et les points de vue.
    Les effets obtenus par les différents points de vue sont observés et commentés et mis en relation avec les photogrammes du film. (voir ci-dessus)
  • Expérimenter, créer à partir d’ accumulation
    ;;;; Les élèves rapportent des objets du quotidien, de récupération pour constituer une réserve hétéroclite.
    ;;;; – Une première séance consiste à trier et classer les objets selon des critères appartenant au langage plastique (couleur / forme / matière première / dimension)
    ;;;; – En petit groupe, les élèves rassemblent les objets qu’ils souhaitent mettre en valeur dans leur composition d’accumulation
    ;;;; -Chaque petit groupe d’élèves discute de la forme finale de la production visée, réalise un croquis qui précise l’organisation des objets pour ou dans cette production
    ;;;; -Chaque groupe réalise sa production. celle-ci peut être à plat ou en volume / durable ou éphémère /  
  • Créer un carnet de voyage retraçant le film.
    Il comporte:
    – certaines étapes ou anecdotes choisies du voyage,  illustrées par des dessins, des croquis et annotées
    – des portraits annotés (objectivement et/ou subjectivement
    – des annotations relatives  aux impressions personnelles

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   OUVERTURE CULTURELLE  

Le musée du bagage de Haguenau (5 rue Saint-Georges) présente des malles et valises de différentes époques  (voir une vidéo)

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Cinéma

  • Jacques Demy, Les demoiselles de Rochefort, 1962
  • Vincente Minnelli (1903-1986), Georges Gershwin (1898-1937), Un américain à Paris, 1951
  • Stanley Donen (1924-2019), Gene Kelly (1912-1996), Chantons sous la pluie, 1952

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Littérature

  • Cécile Benoist, A toi le Sénégal, 2012, Milan- j’explore le monde-
  • Christian Epanya, Le taxi brousse de Papa Diop, 2005, Syros
  • Véronique Vernette, Moi, j’attendais la pluie, 2004, Point de suspension

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Musique et son

  • Les chansons du film
  • Des extraits de comédies musicales (au choix)
  •  « O sole mio« , 1898, chanson napolitaine, version de Enrico Caruso (attention site avec publicités)
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Arts plastiques en lien avec les pratiques proposées

Fabienne PY  —  Conseillère pédagogique en arts visuels  —
Coordinatrice MetC67 / EetC67
_______    DSDEN du Bas-Rhin   _______

Publié le 18/11/2019