PRINCESS BRIDE

Film de 1979

Titre original : The princess bride   

Réalisation : Rob Reiner
Scénario de William Goldman (d’après son roman, 1973)
Couleur,  98 min

Musique : Willy DeVilleMark Knopfler (guitariste et chanteur du groupe Dire Straits) et Albert Von Tilzer

Antenne d’Or au festival d’Avoriaz en 1988
Prix du Public au festival international de film de Toronto en 1988

Le film fait partie de la Liste du BFI (british film institue) des 50 films à voir avant d’avoir 14 ans établie en 2005.



LE FILM

Princess Bride sur le site Nanouk, site pédagogique d’Enfants de cinéma partenaire du dispositif « École et Cinéma »

Le point de vue sur le film, rédigé par Jean-Pierre Berthomé, enseignant à l’université de Reims.

Voir la bande annonce

Des informations sur le film sur le site Wikipédia

Écouter la chanson du film
Ecouter les introductions des chansons de la bande-son



L’AFFICHE

Disponible en grand format et en trois versions différentes  sur le site  Nanouk,
site pédagogique d’Enfants de cinéma partenaire du dispositif « École et Cinéma »



MOTS-CLÉS

Histoire d’amour, Conteur,  Aventure, Duel, Épreuve,  Evasion, Vengeance, Action, Humour



UN CONTE 

___  Tout d’abord un roman  ___

Le film est l’adaptation d’un roman homonyme de William Goldman paru en
1973.
William Goldman écrit des romans et des pièces de théâtre mais aussi des  scénarios pour le cinéma, dont plusieurs à partir de ses romans. Deux scénarios de Goldman (celui de Butch Cassidy et le Kid  et celui de  Les Hommes du président) ont été récompensés par un Oscar.
Le livre Princess Bride est un livre culte.  Lire un extrait du livre

___  Au début, un livre  ___

La séquence d’ouverture du film est conçue pour rappeler que l’histoire racontée est issue d’un livre,  avec la symbolique forte d’un grand père racontant de façon traditionnelle cette histoire, lue de père en fils dans la famille.
Le film rend d’ailleurs hommage au livre et à la littérature en offrant tout au long du film des allers-retours entre des scènes du conte et des scènes où le grand père lit l’histoire à son petit fils malade.
Ce procédé cinématographique permet de

  • ancrer l’histoire comme un conte
  • distinguer le fictionnel et le réel
  • poser les contes comme intemporels tout en ayant le souci de les mettre en phase avec notre époque
  • par les dialogues entre le grand père et le petit fils, réduire le caractère un peu désuet et  les clichés de l’histoire
  • mettre en valeur l’importance de l’écriture littéraire et de sa complicité avec l’écriture cinématographique
  • suggérer la magie et la charge émotionnelle du cinéma et de la littérature comme contrepoids au jeu vidéo
  • faciliter l’identification au(x) personnage(s)

___  Et un conte  ___

La structure de l’histoire est construite sur celle des contes traditionnels:

  • état initial
  • quête
  • éléments perturbateurs
  • personnages adjuvants
  • actions
  • résolution
  • état final

L’histoire contient tous les « ingrédients » voire les clichés un peu désuets d’un conte.
Mais le traitement de l’histoire par Rob Reiner fait de Princess Bride, une histoire pleine d’humour et un conte moderne dans le respect des règles du conte.
Il amplifie toutes les situations, jouent avec les stéréotypes, caricature  pour jouer avec les codes du cinéma d’aventure

Avec les élèves:

  • Mobiliser les connaissances autour de la structure du conte
  • Retracer les grandes étapes du film
  • Recenser tous les éléments relevant des éléments mobilisés traditionnellement dans un conte
  • Inscrire les étapes du film dans la structure du conte
  • Trouver, inventer un titre significatif pour chaque étape
  • Citer les scènes excessives. Argumenter sur ces excès et sur leur raison d’être dans le film
  • Repérer des éléments qui inscrivent le conte dans une modernité actuelle
  • Qui est le héros ? Quels sont ses exploits ? Quelle est sa quête ? Contre quoi est-il amené à lutter pour atteindre sa quête ?
  • Informer les élèves du choix de Rob Reiner de jouer avec les codes du film d’aventures et avec les codes du conte. Rechercher avec les élèves les moyens utilisés par Rob Reiner pour caricaturer les contes et le film d’aventure.
LES PERSONNAGES 

___   Le petit-fils et le grand-père    ___

Ils ne sont pas des personnages de l’histoire de Bouton d’or et de Westley mais leurs échanges et leur complicité en font des personnages forts du film.

Le grand-père est à l’image souvent suggérée du grand-père à l’ancienne. Il regroupe les qualités attendues caricaturalement dans la génération des aînés: calme, disponible, à l’écoute de son petit fils, assuré de son expérience d’aîné et défendeur des vertus de son époque. A travers la lecture d’une histoire, il sensibilise son petit fils à des valeurs qu’il cherche à lui transmettre ; celles véhiculées par l’histoire lue mais aussi l’intérêt du livre, de la lecture et des histoires racontées.

Sa voix est la voix Off du film qui lit l’histoire ; elle est la même entre les deux espaces (histoire et époque) enchevêtrées du film et fait ainsi le lien entre réalité et fiction. (voir aussi la partie « bande-son » ci-dessous)
La voix démarre l’histoire avec l’image en plein écran du visage du grand-père sur lequel on lit la plénitude de la lecture. Et,  la voix continue l’histoire en voix off, sur  un fondu enchaîné qui emmène le spectateur dans un autre espace.
C’est par la voix que l‘histoire s’interrompt de temps en temps pour répondre aux questions du gamin,  pour l’interpeller même et ramener le spectateur dans le réel.
Ce procédé  filmique engage le jeune spectateur à s’identifier au petit fils et lui permet de prendre du recul par rapport au récit et de davantage savourer l’histoire en tant qu’histoire, comme une histoire racontée.

Le petit-fils est un garçon caractéristique des enfants de l’époque de la sortie du film (début des années 80), entièrement inscrit dans son temps.
La décoration, les objets présents dans sa chambre en témoignent:  rideaux et portes des placards,  rollers, robots, figurines et voitures miniatures,  « bricolages « d’école », fanions et posters accrochés au mur.
Son attitude, ses occupations sont également en prise avec les mouvements et les  fluctuations des années 80: engouement pour les jeux vidéos à manette, retenue face à la présence de son grand-père, rejet de  la lecture et des histoires.
Il cède au désir de son grand-père, se laisse finalement surprendre par sa proposition et se laisse séduire par l’histoire racontée.
Comme tout enfant de son âge, il manifeste son rejet pour les histoires d’amour et pour les baisers langoureux entre amoureux mais se laissera aussi prendre par la romance qui justifie et donne sens à tous les épisodes de l’histoire.

___   Westley   ___

C’est le héros du film.  Son « statut » évolue au cours de l’histoire mais sa  quête reste  unique ;  retrouver Bouton d’Or et être heureux avec elle.
On le découvre en palefrenier soumis, en pirate mystérieux, en vaillant duelliste, en habile stratège et beau parleur,  en courageux aventurier, en brave otage condamné mais aussi en chiffe molle ayant perdu, malgré lui, tous ses moyens physiques.
Dans toutes les situations, se dégage de lui et de ses attitudes, une certaine noblesse, de l’élégance, du détachement  et de l’humour.  C’est peut-être ces éléments qui font  que même ses ennemis (Montoya et Fezzik)  l’admirent et  finissent par l’aider, voire  le sauver lorsque il sera incapable de réagir et de lutter.

___   Bouton d’Or   ___

Jeune, belle, plutôt en retrait, elle est une princesses idéale et « objet » de convoitise; Ce qui définit assez bien sa présence et son jeu effacés dans l’ensemble de l’histoire. Elle semble plutôt subir et accepter tout ce qui lui arrive, sans se défendre, ni chercher à lutter et se fait même haranguer pour cela. Pourtant, elle passe par de nombreuses aventures fâcheuses, dangereuses  et humiliantes qui peuvent être considérées comme autant d’expériences initiatiques avant  le bonheur du  grand amour.   On notera qu’elle est un peu moins passive dès qu’elle est en présence de Westley. Il est le ressort de sa vie.

___  Prince Humperdinck  ___

C’est un beau prince qui choisit d’épouser une femme simple, « du peuple ». Bouton d’or est son élue et il se bat pour elle et pour la garder.
Sa sincérité est douteuse, son sourire ment et il cache la vérité à son aimée.
Il bénéficie du statut de Prince; ce qui lui permet d’avoir du pouvoir et des moyens pour atteindre ses buts. Pour autant, en tant que personne,  il ne semble pas avoir beaucoup d’envergure et parait comme un être fade, transparent.

___  Inigo Montoya   ___

Son nom évoque le voyage pour la recherche et la conquête de territoire et de richesses.
Il est à la fois  « mauvais » garçon et homme d’honneur. Sa vie a été bouleversée, enfant,  par la mort de son père, dont visiblement il ne se remet pas et qu’il veut venger.
Il pourrait presque être aussi le héros de l’histoire et en a l’envergure.
La fin de l’histoire laisse d’ailleurs entrevoir un avenir de gloire pour Inigo Montoya.

___  Vizzini  ___

Il est cynique, perfide, intéressé, ce qui fait de lui un « méchant » et un personnage dangereux. Mais le ridicule de ses attitudes et sa détermination à atteindre son but, contre vents et marées, engage le spectateur à ne pas trop le prendre au sérieux.
Ce qu’il n’a pas prévu ou ce qui s’oppose à son projet lui parait « Inconceivable »
A noter combien le mot dans  la prosodie de la VO (à écouter icidu film est plus fort.

___  Fezzik ___

On retient tout d’abord de lui son physique impressionnant et sa force de colosse. Il est également remarquable par son humour et sa sensibilité aux mots (jeux de rimes)  qui dissonent avec son aspect physique et le rendent plutôt sympathique.
Comme Montoya, il changera de camp et d’adversaires au cours du film.

L’acteur qui tient le rôle de Fezzik s’appelle André René Roussimoff, alias André the Giant et est un catcheur et acteur français.
A l’âge de 14 ans, atteint d’une acromégalie, il mesure  1,92m et pèse 92 kg.
A sa mort en 1993 (à l’âge de 53 ans), il mesure 2,24m et pèse 235 kg.

___  Comte Ruggen  ___

Il est le confident du Prince Humperdinck. Au cours de l’histoire on découvre qu’il est aussi celui que Inigo Montoya recherche pour venger son père.
Il perd sa superbe et révèle sa pleutrerie lorsqu’il rencontre Inigo.

Avec les élèves: 

  • Identifier les personnages relevant du monde réel et les personnages relevant du récit fictionnel
  • Définir le rôle de chaque personnage dans le film et dans l’histoire
  • Examiner les changements d’attitude des personnages au cours du film. Cette recherche  concerne l’évolution des personnages réels (le petit fils) et celle des personnages de la fiction. Pour chaque personnage, repérer le contexte qui amène  le changement. Associer un mot clé à chaque changement. Ex: par jalousie / par admiration / par amour / par menace / par crânerie, etc. L’enseignant pourra inviter  les élèves  à choisir dans une liste de changements possibles déjà établie ou engager un groupe d’élèves à établir une liste qui sera soumise ultérieurement aux autres élèves. Cette liste offre plusieurs possibilités de  réponses  pour un même personnage et des réponses inutiles pour ces personnages. L’activité de recherche puis celle de mise en commun amène les élèves à justifier et éclairer leur choix
  • Relever les excès de personnages voulus par Rob Reiner pour faire émerger les caricatures voulues par le metteur en scène.

A découvrir un document présentant des photogrammes des personnages édité par Médiatarn, association partenaire d’Ecole et Cinéma dans le Tarn.

UN FILM PLEIN D’HUMOUR

___  Une mise en scène originale  ___

Le film repose sur une suite presque ininterrompue de péripéties extraordinaires, d’exploits héroïques, de retournements de situations qui s’inscrivent assez  bien dans l’esprit d’ironie  et de burlesque absurde de la création dans les années 80 (Cf:  Les Monty Python).
Cet enchaînement  de scènes donne au récit  sa dynamique mais lui enlève au passage une part de vraisemblance (voire de crédibilité) pour le resituer comme une  histoire.
L’ enchaînement  des scènes incroyables  apporte  du comique au film, la voix off du grand-père qui raconte l’histoire compense les effets comiques et apporte le « sérieux » au film.
Le film  fonctionne aussi sur la base de scènes en citations à des films cultes. Se saisir et apprécier ces citations renforcent l’impression d’un film offrant une plaisanterie où se mêlent la fantaisie et la gaieté.

___  Des personnages  stéréotypés  ___

Pour consolider cette impression de plaisanterie voulue dans le film, Rob Reiner joue avec des stéréotypes des contes et les met à mal, avec humour.

> Ces stéréotypes touchent des aspects physiques des personnages mais aussi et surtout   des attitudes et  des manières.
On peut citer, par exemple:

  • la blondeur de la princesse, sa naïveté et sa passivité. peut-être aussi son abnégation
  • la prestance effrontée du prince Humperdinck, qui ne perd rien de son assurance quels que soient le danger et l’enjeu mais qui est peu courageux face à ses responsabilités
  •  les héros qui affichent une certaine noblesse de pensée
  • les héros qui se relèvent (à plusieurs reprises même) après des blessures graves, voire mortelles

> Les stéréotypes  sont également présents grâce aux oppositions très marquées entre les personnages.
On peut citer par exemple

  • la taille gigantesque de Fezzik contre la petite taille de Vizzini
  • la force de Fezzik contre la ruse de Westley
  • la droiture de Westley contre la fourberie de Vizzini

> Tous les acteurs semblent jouer en exagérant volontairement les caractéristiques de leur personnages.
Comme le scénario joue aussi sur des paradoxes qui contrarie les stéréotypes (par exemple, le plaisir des mots pour un géant),  l’exagération contribue à la tonalité comique du film.

> Les cadrages, les plans et les prises de vue voulues par  Rob Reiner s’inscrivent aussi dans les stéréotypes de cadrage, de plan et de prise de vue.
On peut citer, par exemple:

  • les gros plans sur les scènes d’amour
  • les plans moyens pour valoriser les héros et les combats
  • la scène finale, baiser sous un soleil couchant

Avec les élèves: 

  • Repérer quelques éléments qui font des personnages, des caricatures ou des stéréotypes des personnages des contes traditionnels.
    L’enseignant pourra  engager un groupe d’élèves à établir une liste qui sera soumise ultérieurement aux autres élèves. Contrainte à poser aux élèves: cette liste doit offrir plusieurs possibilités de  réponses  pour un même personnage et doit comporter des réponses inutiles.
  • Repérer les paradoxes qui contrarie les stéréotypes.

A découvrir trois documents présentant un travail et des photogrammes autour des plans dans le film des édité par Médiatarn, association partenaire d’Ecole et Cinéma dans le Tarn.
document plan large  /document plan moyen / document gros plan

___  Un langage diversifié,  des dialogues décalés    ___

On peut remarquer un véritable goût à mettre un langage de qualité et des jeux de langage au coeur du film,  provoquant, d’ailleurs,  parfois des situations comiques.
On peut aussi être surpris, voire offusqué : ce langage choisi côtoie des gros mots.

Parmi les jeux de langage, on peut citer

  •  Le comique lié aux  répétitions de As you wish (comme tu voudras) par Westley et de Inconceivable (inconcevable) par Vizzini
  • La phrase répétée par Inigo Montoya, toujours sur la même prosodie (contrôle du ton,  du rythme, de l’intonation, de l’intensité sonore) comme un leitmotiv qui traduit son état d’esprit et sa détermination. La répétition de cette phrase immuable  donne à chaque fois à la situation une gravité à laquelle se mêlent   ironie et mépris.
  • La dissonance entre les plaisir des mots et des rimes du géant et sa taille qui évoque dans nos inconscients celle d’un personnage rustre et peu raffiné
  • Le décalage entre le langage précieux et policé utilisé par les protagonistes des duels et la situation périlleuse et  en tension dans laquelle ils se situent
  • Le décalage entre le langage choisi et le langage plus grossier

Avec les élèves: 

  • Relever les éléments de langage insolites
  • Trouver une explication et un intérêt à tous les styles et  éléments de langage Faire le lien avec la situation
  • Relever les excès, les expliquer, s’en indigner, s’en réjouir, s’en choquer tout en argumentant son ressenti
DEUX ÉPOQUES 

En grande partie, l’attraction du film pour le jeune public est due aux aller-retours entre  la réalité du XXème siècle du film et l’histoire racontée.
Cette superposition met en valeur :

  • les relations entre le grand père et le petit fils
  • l’importance de la transmission
  • l’enjeu de la lecture, des livres et des histoires
  • une intention du réalisateur de mettre la lecture et les histoires en concurrence favorable face  aux jeux vidéos et autres activités à forte technologie
  • une intention du réalisateur d’afficher une parenté étroite entre la littérature et le cinéma du fait de la narration

Cette superposition apporte une dynamique au film.

LA BANDE-SON 

___  La voix off donne l’histoire   ___

  • La voix off est celle du grand-père qui lit l’histoire. Elle reste la même entre les deux espaces (histoire et époque) enchevêtrées du film et fait ainsi le lien entre réalité et fiction.
  • La voix démarre l’histoire avec l’image en plein écran du visage du grand-père sur lequel on lit la plénitude de la lecture. Et,  la voix continue l’histoire en voix off, sur  un fondu enchaîne qui emmène le spectateur dans un autre espace. C’est par la voix que l’histoire s’interrompt de temps en temps pour répondre aux questions du gamin,  pour l’interpeller même et ramener le spectateur dans le réel.
  • Ce procédé choisi permet à Rob Reiner d’affirmer fortement que dans son film, il souhaite raconter une histoire.
  • Ce procédé  filmique engage le jeune spectateur à s’identifier au petit fils et lui permet de prendre du recul par rapport au récit et de davantage savourer l’histoire en tant qu’histoire, comme une histoire racontée.

___  Le principe de la voix off permet de jouer avec nos ressentis     ___

  • Le procédé  filmique de la voix off qui raconte, engage le jeune spectateur à s’identifier au petit fils, lui permet de prendre du recul par rapport au récit et de savourer l’histoire en tant qu’histoire, comme une histoire racontée.
  • C’est par l’intermédiaire de ce procédé filmique qu’ « on » saute les passages avec les baisers au début du film. Dans le film le grand-père contente ainsi son petit-fils et se garantit qu’il ait envie d’entendre la suite de l’histoire.
    Grâce à ce procédé, le réalisateur contente le jeune public qui doit avoir les mêmes réticences que le petit-fils.
  • La voix off du grand-père racontant interrompt le récit pour revenir dans le monde réel, à des moments clés de l’histoire. Cette forme de suspend permet d’amplifier la dramaturgie de la scène et de mettre le spectateur en situation d’attente fébrile de la suite.
  • Elle permet aussi, à l’inverse d’atténuer les scènes plus impressionnantes, en fonction des réactions du petit-fils (lorsqu’il manifeste son refus de voir la princesse devoir épouser le « méchant »). Réactions que l’on doit certainement retrouver parmi les spectateurs.

___  La musique   ___

Rob Reiner a choisi d’accompagner l’histoire qu’il raconte dans le film, d’une musique en phase avec l’époque dans laquelle il crée. Reiner était un admirateur de Marc Knopfler, guitariste et chanteur du groupe Dire Straits. Il est convaincu que son travail et ses sonorités seront parfaites pour illustrer le caractère à la fois étrange et romantique du film. 

A noter que  cette musique moderne et contemporaine joué en accompagnement d’ une histoire d’une autre époque plus ancienne apporte un contraste bénéfique à l’ensemble du film.

En 1988, la chanson Storybook Love, chanson du film, écrite par Willy DeVille et arrangée par Mark Knopfler, a été nominée aux Oscars pour la meilleure chanson originale. Elle fonctionne comme une mélopée de barde; romantique et bucolique à souhait.

Les musiques Cliffs of Insanity et  The Fireswamp and the Rodents of Unusual Size (RTI) qui accompagnent les passages tendus dans les marais semblent venir d’outre-tombe et intensifient l’effroi de la situation.

Écouter la chanson du film  – Storybook Love – 
Ecouter les introductions des chansons de la bande-son

Avec les élèves: 

  • Définir le principe de la voix off.
    Noter la définition établie en commun dans le dictionnaire du cinéma de la classe et/ou chaque élève note la définition qu’il a établi dans son cahier personnel.
  • Recenser quelques particularités et intérêts qu’apporte la voix off dans le film
  • Ecouter les extraits de la bande-son musicale. Recueillir les impressions ressenties. Mettre les extraits sonores en lien avec une étape ou une scène du film.

D’autres pistes autour de la bande-son sont développées dans un document sur la bande-son réalisé  par Médiatarn, association partenaire d’Ecole et Cinéma dans le Tarn. Le document permet l’accès aux extraits sonores à analyser avec les élèves.

DES CLINS D’ŒIL CULTURELS

____    Le cinéma   _____

  • Les références au cinéma de cape et d’épée mais aussi au cinéma de romance, au cinéma fantastique, etc. sont nombreuses et sont déclinées dans la partie sur le genre (voir ci-dessous)

____    Pirates / flibustiers et corsaires   _____

  • Barbe Noir (1680-1718), pirate anglais présent dans les Antilles et au large des colonies britanniques en Amérique.
  • Le Corsaire Rouge, Klaus Störtebeker ( 1360- 1401), célèbre pirate allemand
    L’île de Rügen présente chaque année un spectacle qui met en scène ses aventures légendaire.
    Rugen est le nom d’un personnage du film …

____    Des légendes   _____

  • Excalibur, épée magique légendaire du roi Arthur, le roi des Bretons, dans les textes de la légende arthurienne rédigée à l’époque du Moyen Âge

Avec les élèves: 

  • Établir la différence entre le pirate / le corsaire / le flibustier / le contrebandier.
LE FILM ET LE GENRE

___  Un film de cape et d’épée ___

Les scènes et repères dans le film 

  • Le  duel entre Montoya et l’homme masqué
  • Toutes les scènes de combat inégal (1 ou 2 hommes contre une armée)
  • L’antipathie entre deux royaumes
  • Le désir de vengeance et d’honneur

Des références cinématographiques et littéraires

___  Un film d’aventures ___

Les scènes et repères dans le film 

  • Un héros masqué
  • Un héros qui cherche fortune au-delà des mers
  • Un héros qui cherche vengeance
  • Les héros qui ne meurent pas
  • L’enlèvement de la princesse
  • La présence (virtuelle) de pirates (pirate Roberts )

Des références cinématographiques et littéraires

___  Un film de romance et d’amour ___

Les scènes et repères dans le film 

  • L’amour vainc tous les obstacles, même la mort
  • La lutte et la concurrence pour une femme
  • La quête de la bien-aimée, du grand amour, engage la bravoure et la persévérance
  • Le baiser final, dans un décor romantique
  • Le style plutôt « romantique » de la musique

Des références cinématographiques et littéraires

  • Les grands films d’amour du cinéma américain
  • Victor Fleming, Autant en emporte le vent, 1939
  • Clint Eastwood, Sur la route de Madison, 1995
  • James Cameron, Titanic, 1997
  • Sydeny Pollack, Out of Afrika, 1985
  • Tim Burton, Edward aux mains d’argent, 1990
  • William Shakespeare, Roméo et Juliette, 1598

___  Un film fantastique ___

Les scènes et repères dans le film 

  • Les anguilles géantes qui menacent dans la mer
  • Le couple de sorciers aux pouvoirs extraordinaires
  • Les marais de feu, territoires sauvages d’où surgissent des créatures maléfiques
  • Les RTI (rats de taille inhabituelle)

Des références cinématographiques et littéraires

  • James Whale, Frankenstein, 1932
  • Steven Spielberg, Les dents de la mer, 1976
  • Ray Harryhausen, maitre incontesté des effets spéciaux au cinéma, en particulier dans Jason et les Argonautes de Don Chaffey (1963) et dans Le Septième Voyage de Sinbad de Nathan Juran (1958)

___  Un film d’humour ___

Les scènes et repères dans le film 

  • Les commentaires décalés des personnages dans les situations les plus graves (ex: lors du duel entre  Montoya et l’homme masqué)
  • La désinvolture des personnages dans les situations graves (ex: enlever le caillou de ses bottes juste avant le combat)
  • L’humour des dialogues (ex: le combat de l’esprit entre Vizzini et Westley)
  • La répétition de mots (inconceivable)
  • La manière dont Westley se fait reconnaître de Bouton d’Or (As you wish)
  • Des situations incongrues
  • Les situations gaguesques lors de la paralysie de l’homme masqué
  • Des anachronismes langagiers (ex: le Big Mac)
  • Des trucages faciles à repérer
  • Les comportements et attitudes de certains personnages comme l’Albinos et Vizzini

Des références cinématographiques et littéraires

Avec les élèves:

  • A partir des films que les élèves connaissent ou ont déjà vu, les catégoriser pour établir différents genres
  • Pour chaque genre trouvé, donner un qualificatif et quelques caractéristiques
  • Élargir le corpus de film de chaque genre trouvé en s’appuyant sur des synopsis lus et sur les affiches correspondantes au synopsis (voir site Nanouk)
  • Tenter de catégoriser Princess Bride. Défendre le choix fait en apportant des arguments objectifs puisés dans les scènes du film.

Pour en savoir plus sur la question du genre du film

A votre disposition : 


Fabienne PY  —  Conseillère pédagogique en arts plastiques  —  Coordinatrice EetC 67
_______    DSDEN du Bas-Rhin   _______