ERNEST et CELESTINE

Dessin animé
Réalisation : Benjamin Renner, Vincent Patar et Stéphane Aubier  
France-Belgique-Luxembourg, 2012.
Couleur,  76 min
Avec les voix de Lambert Wilson (Ernest l’ours) et  Pauline Brunner (Célestine la souris)

César du meilleur film d’animation en 2013

Inspiré de la série d’albums pour la jeunesse  écrits et illustrés par Gabrielle Vincent

Dialogue et scénario : Daniel Pennac
Musique : Thomas Fersen



LE FILM

Ernest et Célestine sur le site Nanouk, site pédagogique d’Enfants de cinéma partenaire du dispositif « École et Cinéma »

Le point de vue sur le film, rédigé par Camille Girard, administrateur des Enfants de cinéma

Voir la bande annonce sur Allociné

Des informations sur le film sur le site Wikipédia

Lire des critiques sur le film



L’AFFICHE

Deux affiches en grand format  sont disponibles sur le site  Nanouk, site pédagogique d’Enfants de cinéma partenaire du dispositif « École et Cinéma »



MOTS-CLÉS

Amitié, solitude, préjugés, anticonformisme, rencontre, art et musique, dessin animé, littérature de jeunesse



PREMIÈRES RENCONTRES AVEC LE CINÉMA

_____   Préparer la première rencontre avec le cinéma  _____

La rencontre avec toute oeuvre, quelle que soit sa nature se prépare et s’inscrit fortement dans le PEAC de l’élève.
La rencontre avec un film se prépare d’autant plus qu’elle va se dérouler dans un lieu insolite, inconnu de  la plupart des élèves: la salle de cinéma.

Il est essentiel d’évoquer quelques données avec les élèves afin de leur permettre :

  • de comprendre les enjeux culturels de la « sortie ». Faire que la sortie devienne une aventure culturelle.
  • de découvrir avec lucidité et respect un nouveau lieu ayant une fonction spécifique et une organisation particulière
  • de prendre conscience de l’importance de ce moment et du bonheur d’être initié à un nouvel art
  • d’apprécier la rencontre avec une oeuvre authentique  et de partager ce moment avec d’autres (émotions collectives)
  • de disposer de quelques données, quelques clés de compréhension facilitant une  complicité avec l’oeuvre (attitude et comportement de spectateur)

_____   Préparer la rencontre avec un  film _____

Différentes solutions permettent d’initier les élèves au film vu , de manière à faciliter la rencontre, sans pour autant la déflorer.
Il s’agit pour l’enseignant de se garantir que:

  • les élèves sont en attente de l’histoire, la vivent
  • les élèves sont en mesure de comprendre les points un peu complexes du film
  • les élèves peuvent se saisir des quelques points remarquables qui participent de  la singularité du film

Pour cela, l’enseignant peut se saisir de tous les supports de communication existants dans le domaine du cinéma:

  • L’affiche peut être observée pour y repérer des éléments iconographiques et des éléments textuels. Elle donne en général des repères sur le titre du film, les personnages, etc. et permettent de formuler quelques hypothèses qui aident à recevoir le film
  • La bande-annonce met en appétit. Elle révèle généralement quelques moments essentiels du film sans pour autant tout dire. Elle est comme un mini-film avant le film. Le site Allociné possède un moteur de recherche permettant d’accéder aux bandes annonces des films (attention, site commercial)
  • Le synopsis du film mérite d’être lu aux élèves. Il les met en situation d’entendre un texte construit. Et s’il ne comprennent pas tout, ils peuvent puiser des mots qui servent l’entrée dans le film. Le site Nanouk,  site pédagogique d’Enfants de cinéma partenaire du dispositif « École et Cinéma » présente un synopsis de chaque film pour les enseignants dans la partie « Enseignants » pour les élèves dans sa partie « A l’école » . Le site Allociné offre des synopsis courts exploitables avec des élèves (attention, site commercial).
  • Des critiques de film aiguise l’esprit critique des élèves. A lire avant la séance  ou au retour de la séance, les critiques  permettent  de comprendre que différents avis peuvent exister sur un même objet  et/ou un même sujet. Elles encouragent à émettre un avis personnel et à accepter celui des autres.

_____   Préparer la rencontre avec ce  film _____

Les enseignants, chacun selon le niveau de compétences des élèves, selon le temps et les objectifs retenus pour la séquence autour du film,  se saisissent des supports de communication du film pour mettre à disposition des élèves un premier regard sur le film.
Ces supports sont rendus disponibles ci-dessus § Le film.

Le film est émaillé de quelques références artistiques qui échappent aux élèves si on ne les y rend pas attentifs avant la séance.
Nous préconisons de les mettre à disposition du regard des élèves par un affichage, au moins 15 jours en amont de la séance au cinéma, dans un espace d’affichage et de mise à disposition de documents divers, dédié au film.
Cet espace, mobilisé le temps de la séquence consacrée au film Ernest et Célestine  (15 jours avant la séance au cinéma et le temps de l’exploitation de la séance au cinéma)
permet aux élèves d’avoir accès à :

  • des images,
  • aux supports de communication,
  • à des extraits de film,
  • à des documents papier ou numériques (site Nanouk partie « A l’école ») ,
  • à des propositions d’activités, de lectures et d’écritures en lien avec le film (voir les documents pédagogiques disponibles en fin de page)

Un tel espace est à privilégier dans la classe, quel que soit le niveau de la classe.  l’environnement ainsi créé contribue à l’éducation artistique et culturelle et au développement de la littératie.
La littératie  se définit comme l’aptitude à lire, à comprendre et à utiliser l’information écrite au quotidien, dans toutes les situations

L’espace reste en place le temps de la séquence; il contribue à préparer le regard, la sensibilité et  l’entendement des élèves pour le film:  

  • L‘enseignant veillera à mettre à disposition des élèves du « matériel écrit  » accessible pour eux
  • L’enseignant veillera  à faire varier les supports mis à disposition, et ce dans un temps court,  afin que ceux-ci soient attractifs pour les élèves et répondent à leur curiosité et leur appétence pour le film 
  • L’enseignant veillera aussi à faire varier les supports mis à disposition, et ce dans un temps court,  afin que ceux-ci soient toujours en corrélation avec le contenu  de sa séquence et de ses objectifs

Pour le film Ernest et Célestine, l’espace dédié contient, outre les supports de communication et les éléments cités ci-dessus:

  • des albums de Gabrielle Vincent et particulièrement La naissance de Célestine
  • des reproductions des œuvres en citation dans le film. (voir ci-dessous § Des clins d’œil culturels). En escomptant que les images laissent des marques qui émergeront lors du visionnage du film.

Voir des pistes pédagogiques sur le site départemental

 



UN ALBUM  —  DES ALBUMS   —  UN FILM 

_____   La série des albums  Ernest et Célestine  _____

Série de Gabrielle Vincent, de son vrai nom, Monique Martin, née à Bruxelles en 1928.
En 1981, Gabrielle Vincent crée les personnages d’Ernest et  Célestine et publie le premier album de la série, aux éditions Duculot.
La série comprend 23 titres (la liste des albums sur Wikipedia)

Plus qu’une adaptation, le film est un hommage à l’ensemble de l’œuvre de Gabrielle Vincent.

Daniel Pennac, ami de Gabrielle Vincent,  pensant que « Ce n’est pas possible d’adapter l’histoire d’Ernest et Célestine parce que c’est des toutes petites histoires » choisit de mettre en scène l’aventure antérieure aux albums de la série et raconte la rencontre de Ernest et Célestine.
Cette rencontre est donc différente de la rencontre  racontée dans l’album La naissance de Célestine mais reste respectueuse de celle-ci et la rejoint:  

  • Dans le livre La naissance de Célestine (1990), : Ernest a un beau matin trouvé Célestine abandonnée dans une poubelle, et, grand cœur, l’a recueillie, nourrie, a guetté son premier sourire, s’en est émerveillé et depuis ne s’est plus séparé d’elle.
  • Dans le film : Ernest et Célestine se rencontre dans une situation conflictuelle  que leur caractère rend encore plus difficile et qui va évoluer avantageusement, au long du film.
    A la fin du film, leur amitié reconnue et acceptée de tous, Ernest et Célestine choisissent de  raconter leur rencontre de manière heureuse et 
    la modifient.  Elle devient alors l’histoire  imaginée par Gabrielle Vincent dans son album et les dessins de Célestine se confondent avec les planches de La naissance de Célestine de Gabrielle Vincent.

Benjamin Renner est fidèle aux dessins et à l’univers créés par Gabrielle Vincent. Il utilise l’aquarelle et joue avec les contours fluides des personnages comme dans  les illustrations de Gabrielle Vincent, tout en apportant sa touche personnelle.
Dans les images, il intègre des clins d’œil à l’œuvre de Gabrielle Vincent « Dans la cave d’Ernest, par exemple, tous les objets sont des objets qui ont appartenu à Gabrielle Vincent, ou qu’elle a dessinés… ». Et bien sûr, on retrouve retrouve Siméon le doudou de Célestine qui fait l’objet d’un album de la série, Ernest et Célestine ont perdu Siméon (1994).

  • Pour mieux comprendre l’esprit de la série, la psychologie des personnages et le monde choisi par Gabrielle Vincent pour sa série, consulter le site lecture.org
  • Pour en savoir plus sur les liens entre les albums et le film, lire le dossier_pédagogique Ecole et Cinéma des Yvelines 78 (pages 2,3 et 4), rédigé par Florence Patisson, CPD arts plastiques

Avec les élèves :

Quelques pistes pour prendre en compte la relation entre l’album et le film :

  • Lire quelques ouvrages de la série De Gabrielle Vincent ou, à minima, en mettre à disposition des élèves dans l’espace de lecture de la classe et dans l’espace dédié au film
  • Comparer le livre La naissance de Célestine (1990) et le début de film


LES PERSONNAGES

___    LES PERSONNAGES D’EN-HAUT   ____   LES OURS    _____

  ERNEST  – le personnage principal du monde d’en-haut-
Un gros ours solitaire qui vit en marge de la société, dans une petite maison isolée. Il aime la musique et aurait voulu être comédien. Il est pauvre, souvent affamé, ce qui le rend bougon.  Pour  tenter de survivre il fait le clown dans la rue et dévalise les magasins, ce qui le rend hostile. Mais Ernest a le cœur tendre…

  GEORGES le confiseur –LUCIENNE -son épouse et vendeuse de dents –
Georges fait sa richesse de la vente de bonbons et autres sucreries aux enfants ours sortant de l’école, en toute conscience des méfaits de son commerce. « Il faut sucrer les dents des autres enfants pour être riche ». Son affaire est d’autant plus redoutable que son épouse tient un magasin de dents et fait fortune en remplaçant les dents usagés des ours adultes.
Georges et Lucienne se comportent en bons bourgeois, affichant leur réussite sociale et matérielle.

LE CHEF DE LA POLICE DU MONDE D’EN-HAUT  – un ours blanc – 
Il traque Ernest, le sanctionne de toutes les situations jugées illégitimes et jure de l’attraper et le punir pour son « crime »

 

___   LES PERSONNAGES D’EN-BAS   ____   LES SOURIS    ____

CÉLESTINE – le personnage principal du monde d’en-bas –
Une petite souris orpheline qui vit dans un orphelinat. Elle est dynamique, aime dessiner, surtout des ours. Elle est persuadée que les ours ne sont pas aussi méchants que ceux qu’en disent les adultes du monde d’en-bas.
Elle est destinée à être dentiste (ce qu’elle ne veut pas) et, chargée, en tant que petite souris, de récolter les dents de lait des enfants du monde d’en-haut.
Sa détermination, sa débrouillardise, sa gentillesse lui permettent d’arriver à ses fins.

VINCENT – le chef dentiste –
Il dirige le laboratoire de dentistes. D’après lui, toute la force et la puissance des souris se trouvent dans leurs incisives. Il est un enseignant sévère et se montrera  intransigeant avec Célestine. 

LA GRISE – la gardienne de l’orphelinat –
C’est une « nounou » à l’ancienne,  insensible et austère. Elle répand la crainte des ours auprès des petites souris en leur racontant avec délectation des histoires à faire peur.

LE CHEF DE LA POLICE DU MONDE D’EN-HAUT  une souris blanche –
Il fait régner l’ordre. Son ennemi principal est l’ours. 

Avec les élèves:

  • Catégoriser les personnages.
          il y a le monde des souris et le monde des ours
    ce qui peut aussi se traduire par:
    —–il y a le monde d’en-haut et le monde d’en-bas
    Cette activité facilement abordable même par les plus jeunes élèves est la clé de toute la narration
  • Nommer les personnages importants dans la narration, donner leur fonction  et expliquer en quoi et pourquoi ils ont de l’importance dans le déroulé de l’histoire
  • Donner quelques caractéristiques comportementales de chaque personnage reconnu comme important pour l’histoire et mettre les différents comportements en relation avec les fonctions. Éventuellement, détecter certains excès de caractère ou de fonction
  • Faire une focale sur Ernest et Célestine pour évoquer ce qui les différencie des autres personnages et ce qui les rassemble (la solitude / la marginalité / un attrait pour le monde des arts / l’abandon des préjugés)

Pour trouver des images:

  • Le site Nanouk, site pédagogique d’Enfants de cinéma partenaire du dispositif « École et Cinéma » (rubrique « Cinémalle » / photogrammes)
  • Le site officiel du film


DEUX MONDES DIFFÉRENTS

L’approche par les personnages permet d’entrer dans les 2 mondes présents dans l’histoire.
Trois entrées dans l’analyse des deux mondes sont possibles et se complètent.

  • Décrire les deux mondes en opposant les aspects physiques:  leur architecture, les couleurs dominantes, les dimensions, etc.
  • Décrire  les deux mondes en opposant les personnes qui y vivent  et les activités qui s’y déroulent (caractères, préoccupations, valeurs défendues) pour peut-être se rendre compte de certains  points communs (valeurs)
  • Décrire les deux mondes en opposant les ressentis personnels 

Avec les élèves:

  • L’enseignant privilégiera une entrée ou l’autre en fonction de l’âge des élèves et en fonction des compétences d’analyse qu’ils auront affichées au cours des échanges autour des personnages. Il sera attentif à ce que tous les enjeux de différences entre les deux mondes seront mis à disposition des élèves.
  • Les différences entre les deux mondes seront énumérées à l’oral dans un premier temps. avec les élèves plus jeunes, on commencera par chercher les points communs.
  • Un travail de formalisation s’impose pour entrer dans une analyse du film.
    Pour cela prévoir des séries de deux panneaux destinés à accueillir les caractéristiques de chaque monde.
    Pour faciliter la tâche, les élèves peuvent mettre en balance:

    • des lieux précis (la chambre à coucher des souris / la chambre à coucher de l’enfant-ours ou les rues d’en-haut et les rues d’en-bas / la prison d’en-haut et la prison d’en-bas / etc.),
    • des personnages précis dans leur physique et leur caractère (les policiers / le roi du sucre et le chef de la clinique de la dent  / la maman ours et la grise, souris nourrice)
  • Ces panneaux se complétent selon des modes d’enregistrement divers. On y trouvera des mots, des croquis, des photogrammes, des dessins, des phrases, des nuances de couleur, etc.
  • Une liste de mots est mise à disposition des élèves pour faciliter le choix des qualificatifs pertinents et pour enrichir leur vocabulaire. A l’école maternelle et au début du CP, le corpus de mots est limité, les mots sont lus et expliqués par l’enseignant, les élèves choisissent ceux qu’ils estiment être adaptés pour chaque panneau et les dictent à l’adulte. Au cycle 2, le corpus de mots est plus important, il peut être modulé selon les élèves . Les mots sont lus par les élèves et font l’objet de recherches de définition,  complétées éventuellement d’explications de l’adulte. Les mots considérés comme pertinents sont transcrits sur les panneaux.
  • Dans les deux cas, les élèves justifient leur choix en s’appuyant sur des moments, des faits, des images engrangés dans leur mémoire. La discussion entre élèves et le soutien d’images collectées sur les sites (Nanouk et autres sites donnés en référence sur cette page) viennent confirmer les choix des élèves.
  • Dans le cadre des enseignements plastiques : les élèves sont invités à réaliser deux univers différents.
    • Contraintes: la différence porte sur un élément du langage plastique. Elle peut être posée par l’adulte ou laissée à l’initiative des élèves.
      • soit la couleur
      • soit la palette de couleur (foncé / clair )
      • soit la taille (grand / petit)
      • soit les matériaux utilisés (doux / rugueux, lisse / granuleux)
      • soit les formes privilégiées (arrondi /anguleux)
    • Procédés et matériel à privilégier
      • soit deux scènes réalisées avec des figurines et des éléments de jeux genre lego, playmobil et autres jeux de construction
      • soit deux scènes  réalisées en volume à partir de papier et carton
      • soit deux scènes réalisées à plat (collage / dessin )
    • Organisation de l’activité : la production peut être individuelle ou réalisée en petit groupe. Le choix de l’élément plastique de différence des deux univers se fait en amont de l’activité – prévoir un temps pour collecter le matériel utile – . La présentation des productions permet de justifier la manière dont la différence est traduite sur la production et de comprendre les effets produits.

L’objectif de cette séquence est de faire comprendre aux élèves que les images du film ont fait l’objet d’une recherche plastique, portée par une intention du metteur en scène.
Il s’agit que les élèves perçoivent quelques éléments qui font la particularité du film, qu’ils entrent dans le processus créatif du metteur en scène et qu’ils comprennent ce qui a guidé leurs ressentis. Sans quoi, la rencontre avec le film reste superficielle et éloignée de l’esprit de l’éducation artistique à l’école.

Cette séance de recherche  est donc prolongée d’un autre moment d’investigation et de discussion, indispensable pour que les élèves déroulent un regard averti sur le film et développent ainsi des attitudes et des habitudes de spectateurs actifs.

Il consiste à faire émerger auprès des élèves les invariants des deux mondes  et ainsi à entrer dans la portée philosophique du film.



DEUX MONDES QUI SE RESSEMBLENT

C’est en jouant avec des scènes, des dialogues, des images  en miroir que le metteur en scène met en évidence la similitude des situations que vivent Ernest et Célestine et
pointe les ressemblances de ces deux mondes pourtant présentés comme différents.

Ce procédé est à repérer dans les moments suivants:

  • la confiscation des dessins de Célestine et la confiscation des instruments de musique de Ernest
  • la cadre et le dialogue dans les deux prisons « Pour la dernière fois Célestine, où est Ernest ?…Tu sais ce qui t’attend » Pour la dernière fois Ernest, où est Célestine ? Tu sais ce qui t’attend »
  • le déroulé et le décor des deux procès (à noter que les deux scènes se déroulent l’une au-dessus de l’autre

Le Dossier pédagogique de la coordination Ecole et Cinéma de l’Orne (page 10) présente quelques images.

Avec les élèves:
Deux solutions pour l’enseignant:

  1. Prendre des images comme point d’appui (Voir  Dossier pédagogique -page 10) pour présenter des points communs entre le monde d’en-haut et le monde d’en-bas et rechercher ensuite avec eux d’autres éléments vus ou ressentis  présentant une ressemblance
  2. Rechercher collectivement (ou en petit groupe) des points communs notoires entre le monde d’en-haut et le monde d’en-bas en s’appuyant sur des scènes vues et repérées lors de la séance.
    Décrire ces scènes pour expliquer ce qui est commun (parfois ce sont les dialogues comme dans les deux prisons,  parfois les images comme au tribunal, parfois une scène décalée dans le temps comme la perte de la dent de la Grise et celle de l’avocat) et comprendre le procédé filmique mis en oeuvre
    Des images, des extraits, la lecture du dialogue viendront ensuite soutenir et conforter les analyses des élèves.

D’autres ressemblances sont notoires dans le film; elles portent sur le comportement des personnes, sur leur excès de souhait d’ordre, d’organisation sociale, d’uniformité  et sur leur incapacité à accepter un comportement et une façon de penser différents.

Le besoin naturel d’égalité, de justice les amène à y être sensibles tout au long du film.



DES PRÉJUGÉS

Le monde du dessus et celui du dessous ont ce triste point commun : l’individu comme être sensible et singulier n’y est pas reconnu comme une valeur centrale de l’existence. Chaque être est tristement absorbé par un tissu de croyances et de diktats qui président à sa destinée. Qu’il naisse chez les ours ou les souris, chaque sujet est soumis à des finalités qui le dépassent.
Extraits du Cahier de notes sur le site Nanouk  site pédagogique d’Enfants de cinéma partenaire du dispositif « École et Cinéma »

Dans un tel monde,  la différence n’est pas acceptée. Elle menace l’ordre établi et  fait peur.
Un tel monde écarte la tolérance et lui préfère l’exclusion.

Le film Ernest et Célestine offre des points d’appui, des exemples, des situations concrètes (bien que fictives)  pour promouvoir les valeurs inscrites dans le programme d’enseignement moral et civique de l’école et facilite ainsi une discussion à visée philosophique autour de questions (questions extraites du programme de 2015) comme

  • Accepter les différences
  • Respecter les autres
  • Comprendre que la règle commune peut interdire, obliger, mais aussi autoriser

Avec les élèves: 
L’entrée dans des débats sur ces points se fait par des situations simples offertes par le film Ernest et Célestine:

  • Pourquoi les souris et les ours ne vivent-ils pas ensemble ? L’enseignant invite les élèves à trouver au moins 3 raisons et à justifier leurs réponses par le rappel de scènes ou de phrases vues ou entendues lors du visionnage  du film.
  • Définir par une ou plusieurs phrases, ce qui empêche les deux mondes de vivre ensemble. L’enseignant peut proposer une liste de phrases (vraies ou fausses) et inviter les élèves à choisir les plus pertinentes. Ce procédé permet aux élèves d’accéder à un vocabulaire nouveau et à des structures de phrases variées, tout en soutenant leur réflexion. (accéder à une liste de phrase)
    La mise en commun est illustrée d’indices captées dans le film.
  • La crainte des ours pour les souris, la crainte des souris pour les ours sont-elles fondées ?  Dans un premier, l‘enseignant invite  les élèves à réfléchir à la situation réelle (dans la nature).
    Un deuxième temps, permet aux élèves de débattre autour de la situation dans le récit du film. Les élèves présentent des situations qui justifient et excusent les craintes et des situations qui les condamnent. De ce moment émerge la notion de préjugé.
    Avec les élèves plus grand (CE1 et 2), le mot peut être analysé finement (établir une définition et comprendre sa structure linguistique pré-juger)
    Citer quelques préjugés remarquables dans le film.
    Citer quelques préjugés, éventuellement subis, ou du moins repérés dans notre société, subis ou repérés au sein de l’école, subis ou repérés au sein de la classe.
  • Comment les souris adultes et les ours adultes font-ils pour transmettre et entretenir les préjugés ? Recenser ensemble les moyens du monde d’en-haut et les moyens du monde d’en-bas (objets / histoires / paroles / manières d’être ou de faire / etc.) qui servent à installer la crainte de l’autre.
  • Ernest et Célestine pensent-ils comme les autres ? Comment vivent-ils cette façon de penser ? Comment se soustraient-ils à cette situation ?  Donner des exemples qui illustrent les attitudes sociales de Ernest et celles de Célestine.
  • Pourquoi Ernest et Célestine ne sont-ils pas appréciés des autres, même dans leur monde ? Cette question est presque redondante mais elle permet le changement de point de vue. elle tend à faire  dégager la notion de différence et d’exclusion.
    Dans le film: repérer quelques situations remarquables illustrant le fait que Ernest et Célestine sont différents. Repérer quelques situations qui traduisent combien les autres n’apprécient pas leur différences. Repérer quelques situations de réponse à la différences (= comment on arrive à l’exclusion)
    Dans le quotidien : citer quelques situations, éventuellement subis, ou du moins vus dans notre société, subis ou repérés au sein de l’école, subis ou repérés au sein de la classe de différence et d’exclusion.



LA MUSIQUE, LE THÉÂTRE, LA PEINTURE

« Il reste quand même toujours une possibilité. Il y a toujours quelque part, un passage, ne serait-ce qu’un trou (de souris) par lequel on peut, peut-être, se faufiler pour échapper à son destin. »
Extraits du Cahier de notes sur le site Nanouk  site pédagogique d’Enfants de cinéma partenaire du dispositif « École et Cinéma »

Ernest et Célestine ont en commun et de différent avec les autres, de vouloir vivre selon des orientations qui leur sont propres et qui dénotent de celles préconisées par la société organisée dans laquelle chacun vit. Pour autant, ils ne nuisent pas à leur entourage et ne mettent pas en danger la société dans laquelle chacun vit.
Ernest dit avoir refusé de suivre la tradition familiale et de devenir juge. Il a privilégié la musique et assume les difficultés de vie qui découlent de ses choix.
Célestine ne veut pas être dentiste comme l’exige sa société.  Elle aime peindre, dessiner, raconter ses histoires et remet en question les idées et les histoires établies qu’on (lui) impose; mais elle  est dans le respect du fonctionnement social.
 
L’art est leur moyen de résister.
Leur complicité naît de leur sensibilité à l’art, du besoin d’une expression autre et de la résistance aux choses convenues.
Le film permet d’interroger la place de l’art dans les sociétés.
Avec les élèves:
  • Définir, à hauteur de compétences et de compréhension des élèves, le rôle de l’art. Recenser avec les élèves tout ce que permet l’art (se divertir / rêver / rencontrer les autres / réfléchir / raconter / inventer / résister / etc.). Les propositions peuvent faire l’objet d’un cahier qui s’enrichira au fur et à mesure des nouvelles idées, tout au long de l’année. Ce cahier peut être un cahier commun à l’ensemble de l’école. Il en sera d’autant plus riche.
  • Du côté du dessin:
    Un ouvrage intéressant à mettre à disposition des élèves : Quand je dessine, je peux dépasser- ISBN : 2330050348- Actes Sud Junior – A travers des dessins de 50 artistes, l’ouvrage met en valeur l’importance de pouvoir s’exprimer librement et la gravité de ne pas pouvoir le faire.
  • Du côté de la musique:
    Le Dossier pédagogique de la coordination Ecole et Cinéma de l’Orne (page 8) propose des photogrammes de Ernest musicien et de ses instruments de musique et quelques pistes pédagogiques à exploiter avec les élèves.



DES CLINS D’ŒIL CULTURELS

La queue de la souris, est un film d’animation réalisé par Benjamin Renner en 2007.
On y retrouve une souris qui domine un lion mais on y retrouve surtout des images et des paroles qui font écho à des images et des paroles du film Ernest et Célestine.
Visionner le film d’animation de 2007 avec les élèves permet de leur apprendre qu’un artiste a une ligne artistique (qui évolue dans le temps),  et que d’une oeuvre à l’autre, on peut retrouver et reconnaitre son style.

Certaines images du film sont des références à des oeuvres classiques.
Présenter les images créées par Benjamin Renner et leurs références aux élèves permet de leur apprendre qu’un artiste a ses maîtres :  des artistes, des histoires, des images (parfois des histoires ou des images de son enfance), qu’il apprécie et qui participent de ses sources d’inspiration.

Image dans le film Oeuvres
Dans le dortoir, l’ombre de la Grise
se projette, menaçante, sur le mur.
Nosferatu le vampire,1922
film de  Friedrich Wilhelm MURNAU (1888-1931)
___   Voir des images 
Ernest musicien affamé essaie de
croquer dans le gâteau que lui tend
un ourson tiré par le bras par sa maman.
Le cirque, 1928
film de Charlie Chaplin (1889-1977) __    Voir des images 
Célestine fait un cauchemar.
Une vague menaçante ressemblant
à l’ombre de la Grise semble l’engloutir.
La grande vague de Kanawaga, 1830
Katsushika Hokusaï (1760-1849)
Estampe ___   Voir une image Les premières images du film de
Benjamin Renner,
La queue de la souris, 2007___   Voir le film 
Les policiers souris font un exercice
de simulation d’un ours dans un piège à rat.
Les voyages de Gulliver, 1721
Jonathan Swift (1647-1745)____   Voir des images 
La chambre d’Ernest et Célestine
avec ses 3 lits bien ordonnés
Boucle d’or et les trois ours,1837
Robert Southey (1774-1843)

Pour découvrir les images extraites du film  :

  • Le site Nanouk, site pédagogique d’Enfants de cinéma partenaire du dispositif « École et Cinéma »_ onglet « Ricochets »
  • Le Dossier pédagogique de la coordination Ecole et Cinéma de l’Orne (page 9)

Avec les élèves  – Avant la séance au cinéma – 

Comme nous l’avons préconisé dans la partie Préparer la rencontre, il nous semble opportun de mettre des images de ces oeuvres à disposition du regard des élèves, en amont de la séance. Les élèves s’en imprégneront et peut-être résonneront-elles lors de la séance

Avec les élèves  – Après la séance au cinéma – 

Différentes possibilités pour l’enseignant:

  • Une simple imprégnation : Mettre les photogrammes du film et les images des oeuvres référentes  en regard, affichées dans l‘espace dédié et laisser les élèves y accéder. Cette manière de faire table sur une imprégnation visuelle et sur l’action du temps.
    Elle suppose toutefois qu’une des oeuvres référentes  participent des rencontres avec les oeuvres que feront les élèves au courant de l’année, dans le cadre de leur PEAC ou de l’enseignement des arts plastiques.
    Par exemple:  l’image de Nosferatu le vampire, dans le cadre d’une séquence sur les ombres (voir des idées de séquences) ou l’image de La Vague d’Hokusaï, dans le cadre d’une séquence autour de l’eau (voir des idées de séquence ou voir un travail autour de cette oeuvre )
    Au moment de cette séquence, les élèves réagiront en revoyant l’oeuvre et l’enseignant peut revenir sur le film et sur les références qui habitent Benjamin Renner.
  • Profiter du regard attentif des élèves: Mettre les photogrammes du film et les images des oeuvres référentes  en regard, affichées dans l’espace dédié et laisser les élèves y accéder. Profiter des réactions des élèves et engager un moment collectif de constats (formels et symboliques) et de discussion autour des similitudes entre les images. Le moment permet de poser l’idée des sources d’inspiration des artistes (voir ci-dessus).
  • Construire une séance:  Photocopier les images en format A5, de manière à disposer d’autant d’images que d’élèves (sans se soucier d’une réparttion entre les l’image). Distribuer une photocopie (format A5) à chaque élève (sans se soucier images); chaque élève dispose d’une image différente (plusieurs élèves ont forcément la même image). Par un jeu de description orale des images (avec recherche de précisions dans la description = importance des qualificatifs),  reconstituer les paires.
    Ce moment ouvre vers des constats (similitudes formelles et symboliques), vers une discussion autour de la copie et des sources d’inspiration des artistes (voir ci-dessus).
DES RESSOURCES UTILES POUR L’ENSEIGNANT
« Il reste quand même toujours une possibilité. Il y a toujours quelque part, un passage, ne serait-ce qu’un trou (de souris) par lequel on peut, peut-être, se faufiler pour échapper à son destin. »


Extraits du Cahier de notes sur le site Nanouk  site pédagogique d’Enfants de cinéma partenaire du dispositif « École et Cinéma »

 Fabienne PY  —  Conseillère pédagogique en arts visuels  —  Coordinatrice EtC67
_______    DESDEN du Bas-Rhin   _______