LES PIONNIERS DU CINÉMA_1

Un programme de 13 courts métrages sur les débuts du cinéma
Années de création :
entre 1895 et 1914
Durée
: 50 minutes

Sortie d’usine, Les frères Lumière, 1895, N&B, muet, 1’sortie-usine11
Attelage d’un camion, Les frères Lumière, 1897, N&B, muet, 1’
Arrivée d’un train à la Ciotat, Les frères Lumière, 1897, N&B, muet, 1’
Les Pyramides, Les frères Lumière, 1897, N&B, muet, 1’
Le Village de Namo, Gabriel Veyre, 1900, N&B, muet, 1’
La petite fille et son chat, Les frères Lumières, 1900, N & B, 1’
Le Déshabillage impossible, Georges Méliès, 1900, N & B, 2’pionniers03
Kiriki, acrobate japonaise, Segundo de Chomon, 1907, coul., muet, 2’40
Fantasmagorie, Emile Cohl, 1908, N&B, muet, 2’
Sculpteur moderne, Segundo de Chomon, 1908, coul., muet, 4’
Gertie the Trained Dinosaur, Winsor Mc Cay, 1914, N&B, muet, 8’23
The Great Train Robbery, Edwin S. Porter, 1903, coul., muet, 10’46
Le Voyage dans la Lune, Georges Méliès, 1902, N&B, musique de Air, 14’

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LE PROGRAMME

Ce programme a été spécialement conçu pour le dispositif École et Cinéma.
Il présente les premières du cinéma et offre  un voyage dans le temps pour

  • Se rappeler que le cinéma a une histoire
  • Prendre conscience que la naissance et l’évolution technique du cinéma sont liées à la curiosité, à la créativité humaine et à des rêves poursuivis
  • Vivre des étapes de la création cinématographique
  • Faire un hommage aux « pionniers du cinéma »

 

Le programme sur le site « Enfants de Cinéma », partenaire du dispositif « École et Cinéma » (résumé / notes d’intention / cahier de notes sur…/ images)

A découvrir, le programme sur la nouvelle plateforme Nanouk d’Enfants de Cinéma: de la pédagogie, des ressources.

Le point de vue du cahier de notes d’Enfants de Cinéma confié à Rochelle Fack, auteure.


 

MOTS-CLÉS

Invention / Premier /  Photographies animées / Cinématographe / Historique / Effets spéciaux / Dessins animés / Projection / Spectacle cinématographique / Mémoire / Archives / Patrimoine


 

POINTS D’APPUI POUR LE PARCOURS DÉCOUVERTE

Partir à la découverte du cinéma par la découverte des premiers films est une belle aventure pour les élèves.

  • Leur position de spectateurs de cinéma tout débutants les place dans la même situation que les spectateurs des films du programme. Cette situation doit être évoquée avec eux, pour leur permettre de comprendre l’enjeu du programme et en faciliter la compréhension.  Une identification sera alors possible durant la séance.
  • Une belle occasion s’offre pour parler de la salle de cinéma. Raconter aux élèves qu’à l’époque des débuts du cinéma, il n’y avait pas de salle consacrée et que les « spectacles d’images » se déroulaient dans les foires.
  • Évoquer la salle de cinéma d’aujourd’hui. La caractériser. Comparer une séance de cinéma et le visionnage d’un film à la télé, en s’appuyant sur l’expérience de la salle vécue lors de la précédente séance.
  • Évoquer les différences « techniques » (qualité et intensité du son / format de l’écran et des images / obscurité et lumières)
  • Évoquer les différences de postures corporelles personnelles et les contraintes de la salle
  • Évoquer les différences d’impressions et de  ressentis (avoir les mêmes émotions ensemble / rire ensemble et rire seul /pleurer ensemble et pleurer seul / avoir peur ensemble et avoir peur seul)

 

Il sera utile aussi  d’expliquer aux élèves que les films qu’ils verront (qu’ils ont vus) sont anciens et que chaque film programmé a apporté une nouveauté et a ainsi marqué une avancée dans l’histoire du cinéma.

  • Comparer les films du programme aux films actuels. Relever les grandes différences.
  • Évoquer différents moments notoires :  le plus émouvant, le plus drôle, le plus insolite, le plus incompréhensible, le plus impressionnant, etc.

 

LES FILMS et LES PISTES PÉDAGOGIQUES

Voir des extraits du programme (38min)

Les films des frères Lumière
Sortie d’usine, Les frères Lumière, 1895, N&B, muet, 1’
 Les élèves y voient Des employés qui sortent des Usines Lumière, d’abord les ouvrières, puis les cadres. 
 Les élèves y découvrent  Le premier film tourné avec le cinématographe.
Un documentaire et des informations du quotidien de la fin du XIXème siècle.
 Les élèves y apprécient  L’authenticité du moment et son historicité
Le déplacement des personnes, de façon naturelle mais, malgré tout, parfois orienté par la présence de la caméra
 Les élèves y comprennent  Le cinéma a une histoire. Le cinéma est une découverte humaine. Il n’a pas toujours eu la forme que nous lui connaissons.
Les élèves y apprennent  La notion de plan fixe

Le plus du film : les toutes premières images en mouvement. Les frères Lumière choisissent de mettre en valeur les personnels qui ont fabriqué leur caméra, leurs pellicules, dans leur Usine Lumière à Lyon, usine qui fabrique essentiellement des plaques photographiques.
Prouesses techniques:
– une caméra en bois et métal, lourde qui reste fixe le temps du tournage
– un tournage, forcément en extérieur; le peu de sensibilité des pellicules nécessite une lumière vive
– une pellicule courte qui n’autorise qu’un tournage de 50 à 60 secondes.
Prouesses artistiques:
les premiers films des Lumière portent en eux les enjeux maitrisés de ce nouveau langage et notamment
– les questions de plan
– les questions de point de vue
– les questions de profondeur de champ
– les questions de hors-champ
– les questions de mise en scène

Pour en savoir plus, le film sur le site Wikipédia, avec des éclairages sur les enjeux du premier film

Attelage d’un camion, Les frères Lumière, 1897, N&B, muet, 1’ 
 Les élèves y voient  Un attelage de douze chevaux blancs qui traverse le plan. Il tire un camion, qui clôt le défilé. 
Les élèves y découvrent  Les modes de déplacement de la fin du XIXeme siècle.
Les élèves y apprécient  Le cadrage de la scène
Les élèves y comprennent  L’importance du cadrage choisi
Les élèves y éprouvent La notion de plan fixe
La notion de cadrage

Le plus du film: au-delà de son réalisme et de son caractère documentaire, le film porte une force et une valeur  artistiques marquées. Le plan  est habité de temps et de mouvement. La caméra est  fixe comme pour le film précédent mais, sa position permet de cadrer le déplacement de l’attelage en diagonale, amplifiant ainsi le mouvement sur l’écran.

Arrivée d’un train à La Ciotat, Les frères Lumière, 1897, N&B, muet, 1’
 Les élèves y voient Un train à locomotive à vapeur entre en gare de La Ciotat. Sur le quai, des gens accueillent les voyageurs qui descendent des wagons.
Les élèves y découvrent  Une émotion forte 
Les élèves y apprécient  L’authenticité du moment et son historicité
Les élèves y comprennent  L’importance du cadrage choisi qui donne de la profondeur de champ à la scène
Le jeu entre le mouvement du train et celui des voyageurs.
La disparition des voyageurs de l’écran et ainsi, la notion de hors-champ
Les élèves y éprouvent  La notion de plan fixe / la profondeur de champ / le hors champ

Le plus du film: « Ce court métrage a eu un impact particulièrement durable ; il a provoqué la crainte, la terreur, et même la panique. » rapporte un journaliste. En effet, la caméra est positionnée de façon à capter l’image en diagonale et donner l’impression que le train va sortir de l’écran.
Les premiers spectateurs de ces images qui bougent, se sont laissés surprendre et ont véritablement cru  qu’une  locomotive fonçait sur eux.

A découvrir: Une archive de 1961 présentant un hommage à la première du film « Arrivée d’un train à La Ciotat. »

Les Pyramides, Les frères Lumière, 1897, N&B, muet, 1’
 Les élèves y voient Des enfants qui exécutent des pyramides humaines et de sauts périlleux.
Les élèves y découvrent  La fascination
Les élèves y apprécient  Les prouesses physiques des enfants

Le plus du film est dans la comparaison avec le film de Segundo de Chomon qui traite la même thématique de façon totalement différente.

La petite fille et son chat, Les frères Lumières, 1900, N & B, 1’
 Les élèves y voient  Dans un jardin, une petite fille donne à manger à un chat. Son expression joviale s’effare quand le chat résiste à la mise en scène.
Les élèves y découvrent  La notion de mise en scène.
Les élèves y apprécient Le jeu entre la petite fille et le chat.
Les expressions de la fillette.

Le plus du film: Les expressions de visage de la fillette traduisent avec naturel les différentes émotions qui la traversent (plaisir / surprise / désarroi / déception / etc.)

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 Avec les élèves autour des films des frères Lumière:

  • Évoquer l’émotion qui habite les « premières fois » en distinguant l’émotion de celui qui a enregistré des images animées pour  la première fois et l’émotion de ceux qui découvrent des images qui bougent pour la première fois. S’appuyer sur des expériences personnelles « la première fois que j’ai…, j’ai ressenti… « . Le moment peut s’accompagner d’une recherche de vocabulaire des émotions juste, élargi grâce à une liste de mots disponibles (voir lexique des émotions). Avec les élèves plus âgés, on évoquera les émotions liées aux expériences artistiques (spectacles / films / oeuvres picturales ou musicales)
  • Trouver une explication à  la courte durée de chaque film. Les élèves peuvent s’appuyer sur des propositions faites (télécharger un document_propositions_1min présentant des propositions)
  • Évoquer la question de la spontanéité des scènes ou de leur organisation, leur mise en scène. En 50/60 secondes, a t-on le temps de capter naturellement sur les images, tout ce qui y a été capté, avec un début et une fin marqués et une action  entièrement et parfaitement inscrite dans ce temps ?
    Un temps de pratique permettra d’éprouver cette question (voir ci-dessous)

Avec les élèves, des pratiques artistiques permettant de mieux cerner les enjeux des films des frères Lumière

  • Pour comprendre la notion de point de vue, de cadrage et son importance, surtout dans un plan fixe: proposer aux élèves de choisir une scène (dans la rue / dans la cour) et de l’observer à travers un cache en carton, valant viseur d’une caméra. Observer la scène à travers le cache, essayer divers  points de vue et divers cadrages.
  • Réaliser plusieurs courts-métrages, à l’aide d’appareil photo numérique ou de téléphone portable, en respectant les contraintes des Frères Lumières: – plan fixe d’une minute maximum. Les choix de capture d’images des élèves devront aboutir à des réalisations dont le cadrage est pertinent au regard des mouvements enregistrés.

 

Le site de l’Institut Lumière présente les inventions des Frères Lumière

Entendre Louis Lumière parler de ses premiers films (site de l’Institut National de l’Audiovisuel)

Les films de Georges Méliès

 

Le Déshabillage impossible, Georges Méliès,  1900, N & B, 2’
 Les élèves y voient  Un personnage cherche à se défaire de ses vêtements. Ce simple déshabillage devient une tâche impossible pour lui; de nouveaux habits le revêtent sans cesse.
Les élèves y découvrent Une courte aventure dont ils comprennent l’irréalisme.
Le principe du trucage au cinéma
Les élèves y apprécient   Le comique d’une situation simple.
Les élèves y comprennent L’irréalisme de la situation et le recours à des techniques de trucage.
La fonction comique de la  répétitivité.
Les élèves y éprouvent  La notion d’effets spéciaux au cinéma

Le plus du film : le trucage expérimenté par Méliès.
Substitution par arrêt de la caméra = on arrête le tournage de la caméra, et, sans la déplacer, sans changer son cadrage, on introduit ou enlève un élément ou un personnage de la scène et on  reprend le tournage de la scène. Ici, le personnage revêt un nouvel élément vestimentaire.
Le fait de percevoir le trucage donne au  film, aujourd’hui, un caractère  d’autant plus émouvant.

Méliès découvre le trucage par sérendipité:
Alors qu’il tourne une de ces vues place de l’Opéra à Paris, la caméra se bloque et bien sûr lorsqu’elle se remet en marche, les piétons et les véhicules ont changé de position. Lors de la projection, Méliès  constate avec surprise que, sur son film,  les passants semblent se transformer  et qu’un omnibus s’est changé en corbillard.  Il vient de découvrir le truc de substitution par arrêt de la caméra.

Le Voyage dans la Lune, Georges Méliès, 1902, N&B, musique de Air, 14’
 Les élèves y voient
 Des astronomes réunis en congrès décident de faire un voyage dans la lune et le mettent en oeuvre.
Les élèves y découvrent Un clin vers la littérature de Jules Verne
Les élèves y apprécient Le burlesque de la situation
Le décalage entre la réalisation de ce projet dans le film et les conquêtes et  moyens techniques d’aujourd’hui.
Les élèves y comprennent  Le rôle de la fiction au cinéma
Les élèves y apprennent  Les débuts du cinéma de fiction
Les débuts du cinéma fantastique
La force des trucages

Le plus du film : Un projet dans la démesure, une ambition artistique et un pari énorme
Le film est composé de 30 tableaux. La pellicule mesure 260 mètres, soit 15 minutes de projection (1 minute pour les films des Lumière).
Le tournage du film dure 3 mois,  nécessite la création de décors, de costumes et la présence d’une troupe de comédiens maquillés.
Georges Méliès joue le rôle du Professeur Barbenfouillis.
Méliès souhaite que le film soit en couleur et, le film fini,  fait colorier les 13795 images du film, image par image, par 200 ouvrières.
Le coût du film est de 10 000 francs or. Pour être rentable, le film se devait d’ attirer plus de 20000 personnes, la place coûtant à l’époque 50 centimes…
Pour être autonome face à ses créations, Méliès  autofinance ses films.
Le film, après quelques péripéties connait un succès, jusqu’aux Etats-Unis.

Grâce à l’inventivité de Méliès, « Le Voyage dans la lune » marque un véritable tournant dans la manière de concevoir le cinéma.

Entendre Georges Méliès parler du cinéma des frères Lumière (site de l’Institut National de l’Audiovisuel)

Un dossier complet sur le film illustré de nombreuses images de documents d’époque

La page d’un site d’éducation artistique consacrée au Voyage dans la Lune présente une analyse du premier plan de film et des liens utiles

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 Avec les élèves autour des films de Méliès :

  • Comparer les courts-métrages des frères Lumière et les courts-métrages de Georges Méliès.
  • Caractériser le cinéma de Méliès et y inventorier les nouveautés et inventions.
  • Réaliser quelques tours de magie (des tutoriels sont disponibles sur Internet)
  • Décrire quelques effets spéciaux et tenter d’en expliquer le principe.
  • L’émission « C’est pas sorcier »; la magie des effets spéciaux présente, entre-autres,  les trucages inventés et pratiqués par Georges Méliès
Les films de Segundo de Chomon
Kiriki, acrobate japonaise, Segundo de Chomon, 1907, coul., muet, 2’40
Les élèves y voient  11 personnes habillées en japonais exécutent des portés acrobatiques, défiant les lois de la pesanteur
Les élèves y découvrent  Une situation impossible dans la réalité
Les élèves y apprécient Le traitement différent d’une thématique déjà vu dans les films des Lumière.Le jeu graphique dues aux  évolutions humaines
La prouesse technique de réalisation
Les élèves y comprennent  Le cinéma permet de créer des images traduisant des situations insolites
Les élèves y apprennent  A s’interroger sur l’authenticité ou la construction des images produites
A s’interroger sur les trucages

Le plus du film : Synthèse des avancées cinématographiques faites par les frères Lumière et de celles faites par Georges Méliès dont de Chomon  est le grand rival.
Pour créer son film, de Chomon utilise un truc simple mais bluffant, déjà utilisé par Méliès dans l’Homme mouche :  en rampant sur le sol, on donne  l’impression de marcher le long d’un mur.  Les Kiriki, acrobates japonais réalisent leurs figures acrobatiques au sol, la caméra est placé en hauteur.
Le film a inspiré Philippe Découflé, chorégraphe (voir des vidéos de Philippe Découflé)

Sculpteur moderne, Segundo de Chomon, 1908, coul., muet, 4’
 Les élèves y voient  Un décor théâtral, une femme et des petits personnages posés sur un socle. Puis, des statues d’argile et  un bloc de glaise qui se transforme comme par magie
Les élèves y découvrent  L’animation en pâte à modeler
Les élèves y apprécient  Les diverses transformations de la matière
Les élèves y apprennent  Une nouvelle technique d’animation qui servira de nombreuses productions

Le plus du film : Premier film d’animation en pâte à modeler. Pour réaliser son film, De Chomon ne construit pas ses sculptures devant la caméra, il les détruit. Le film est ensuite passée à l’envers.
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 Avec les élèves :

  • S’essayer à réaliser des figures géométriques humaines au sol. Prendre des images fixes (photos) ou réaliser une courte vidéo en assurant une prise de vue en plongée totale (prévoir une table sur laquelle le photographe ou le vidéaste pourra monter)
  • Voir des extraits d’autres films d’animation utilisant la technique de la pâte à modeler (Petites z’escapades du studio Fol’images / Wallace et Gromit de Nick Park, 1980 / Barbe Bleue de René Bertrand, 1938 / Mary et Max de Adam Elliot, 2009)
Le film de Gabriel Veyre
Le Village de Namo, Gabriel Veyre, 1900, N&B, muet, 1’
 Les élèves y voient  La rue d’un village indonésien avec des enfants qui suivent la caméra
Les élèves y découvrent  La caméra bouge
Les élèves y apprécient  La spontanéité des enfants qui suivent la caméra avec curiosité, sans savoir ce que c’est
Les élèves y comprennent  La notion de film « documentaire »
Les élèves y éprouvent  La notion de travelling

Le plus du film : le panorama été tourné depuis une chaise à porteur. Les films de Veyre tournés en Indonésie sera présenté à l’exposition universelle de 1900

Le film d’Emile Cohl
Fantasmagorie, Emile Cohl, 1908, N&B, 35′
 Les élèves y voient  Un clown, formé d’une tête en boule, de membres en trait et portant un chapeau  rencontre sur un fond noir personnages et objets qui mutent
Les élèves y découvrent
Le dessin se crée devant eux
La virtuosité du dessinateur
Les élèves y apprécient  La simplicité du trait assimilable à un dessin enfantin
La transformation imprévisible des dessins
Les élèves y comprennent  Des dessins improvisés   forgent un récit
Les élèves y apprennent   La dimension surréelle du cinéma

Le plus du film :  Emile Cohl se saisit de la technique du « mouvement américain » qui permet d’animer des objets inertes , « par magie » (par un tournage image par image) et l’utilise pour photographier une série de dessins représentant les étapes d’un mouvement décomposé (à la manière des folioscopes et autres jeux optiques du pré cinéma). C’est les débuts du cinéma d’animation en tant qu’art

Avec les élèves : Pratiques plastiques autour des objets du pré-cinéma

Le film de Winsor Mc Cay
Gertie the Trained Dinosaur, Winsor Mc Cay, 1914, N&B, muet, 8’23
 Les élèves y voient  Le défi de Winsor Mac Cay,  promettant qu’il peut faire revivre un dinosaure.
Les élèves y découvrent Le premier dessin animé
Les élèves y apprécient La simplicité du trait
Le rendu réaliste
La bonhomie du dinosaure
Les élèves y comprennent La création du dessin animé

Le plus du film:
Une technique rudimentaire mais efficace; des dessins tracés à l’encre sur des feuilles blanches sont filmés à l’horizontale par une caméra fixe. Pour s’éviter une multitude de dessins, McCay garde un décor unique; un arrière -plan minéral, fait de collines, de rochers et d’un lac qu’il reproduit sur chaque planche. Pour animer sa production,  McCay va jouer sur le placement du personnage dans le décor, sur  les mouvements  du personnage et, au moment du filmage,  sur  la distance entre le dessin et la caméra.
Il se révèle ainsi aussi expert dans la recherche des images en  mouvement que dans le dessin.(McCay est alors connu comme illustrateur de bandes dessinées)

Le travail et les expérimentations créatives de McCay ont largement influencé Walt Disney qui n’a jamais manqué de le reconnaitre.

Le film de Edwin S. Porter
The Great Train Robbery, Edwin S. Porter, 1903, coul., muet, 10’46
 Les élèves y voient Le braquage d’un train
Les élèves y découvrent  L’utilisation d’un mannequin dans une scène de rixe
L’utilisation du « composting » , association de deux scènes dans un même plan : action de l’histoire  à l’intérieur de la gare et  train passant à l’extérieur vu par la fenêtre.
Les élèves y apprécient  Le décalage des deux images dans la même scène lié à un rapport de taille mal « géré » ( le train est démesuré par rapport à la gare)
Les élèves y comprennent Pour nous faire rêver, le cinéma construit des images.
Les élèves y apprennent  Le cinéma est un spectacle qui joue avec nos émotions

 Le plus du film:  L’ incrustation de plusieurs images dans le même était déjà utilisé par Méliès, Edwin S. Porter est le premier a s’en servir dans une scène réaliste.  

 Avec les élèves:  pratique plastique autour de la manipulation et la création d’image : Partant de plusieurs images (photos / dessins / images de magazines)  disponibles, réaliser une nouvelle image en utilisant le procédé de l’incrustation. Les contraintes de rapport de taille seront abordées en fonction de l’âge des élèves et seront posées.
La narration pourra renforcer le sens de l’image créée.

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Voir une vidéo  réalisé pour École et Cinéma de l’Isère sur le programme  » Les pionniers du cinéma ». La vidéo analyse le programme; elle donne des apports culturels pour l’enseignant  et des apports pédagogiques (pistes pour la classe).

Des propositions d’atelier autour de trucages (site pédagogique)

logo-bas-rhin___   Fabienne Py, conseillère pédagogique en arts plastiques et visuels, DSDEN 67   ____