Le jardinier qui voulait être roi (Conte)

jardinier_photoDeux courts-métrages tchèques
Technique : animation de marionnettes avec la voix d’André WilmsHistoire du chapeau à plume de geai réalisé par Vlasta Pospisilova, couleurs
Durée : 23 min
La Raison et la Chance
réalisé par David Sukup,
Durée : 40 min
Année de création : 2011


LE FILM

« Le jardinier qui voulait être roi » sur le site des « Enfants de Cinéma », partenaire du dispositif « École et Cinéma » (résumé / notes d’intention / images)

 

Voir le film


L’AFFICHE

Disponible en grand format sur le site Nanouk, site pédagogique d’Enfants de cinéma

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MOTS-CLÉS

Film d’animation, marionnette, conte, court-métrage, passé, présent, époque médiévale, époque contemporaine, roi, justice, injustice


DES PISTES PÉDAGOGIQUES AUTOUR DU FILM

Dossier proposé par l’académie de Nancy-Metz

 

Le site École et Cinéma de l’académie de Grenoble présente un diaporama avec des pistes pour le film (diapos 16 à 23) sur



LES POINTS D’APPUI POUR LE PARCOURS CONTE

Autour de la structure des contes

Les deux histoires sont des nouvelles issues d’un ouvrage très connu en République tchèque, écrit par Jan Werich (1905 / 1980) .
Jan Werich est l’auteur des films d’animation de Jiri Trnka (1912/1969), grand réalisateur de films d’animation de marionnettes (voir la rubrique Les marionnettes comme personnages du film.

Les deux épisodes sont construits sous la forme de conte, ils sont plaisants, drôles et divertissants tout en contenant une morale.

Les thématiques des films font écho à l’histoire de la République tchèque et engagent une réflexion sur les enjeux du pouvoir et sur la notion de liberté. Deux questions qui peuvent être exploitées avec les élèves, selon leurs compétences et leurs capacités de compréhension et de réflexion (voir les propositions faites dans la partie Dénoncer et faire réfléchir ? ).

De toute manière, il sera important, pour l’ensemble des élèves ayant vu ces deux courts métrages animés, de dépasser le plaisir du divertissement pour entrer dans les intentions de réalisation des auteurs.

Autour des personnages et de leur rôle

1. Le rôle des personnages dans chaque film

Les personnages ont des rôles bien marqués dans chaque histoire et le repérage de leur fonction, au regard de la structure des contes est donc aisé.
L’attention peut alors se focaliser sur le traitement de ces personnages et de leur rôle dans le film.

2. Les marionnettes comme personnages du film

Les deux courts-métrages animent des poupées marionnettes.

L’animation de marionnettes est une grande tradition tchèque (voir – Les films d’animation de Jiri Trnka (1912/1969)

La maitrise des moyens techniques du cinéma permettent aux réalisateurs tchèques de prêter à leurs personnages toute une palette d’émotions, du tragique au comique en passant par le poétique.

3. Les caractéristiques physiques et morales des marionnettes

Les marionnettes de chaque court-métrage sont plutôt rustiques mais vêtues d’étoffes précieuses et évoluent dans des paysages « bricolés » en matériaux divers.
Le choix des textures et des matériaux contribuent à l’atmosphère générale du film; pour l’un la mélancolie, pour l’autre l’humour et l’énergie.

Avec les élèves

  • Répertorier les matériaux utilisés pour la fabrication des marionnettes dans chaque court-métrage.
  • Répertorier la palette des couleurs présentes dans les vêtements des personnages, dans chaque court-métrage.
  • Évoquer l’ambiance de chaque court-métrage et l’état d’esprit dans lequel chacun a été vécu.
  • Constater que les émotions sollicitées sont différentes d’une histoire à l’autre.
  • Répertorier ces émotions histoire par histoire.
  • Faire le lien entre les palettes de couleur et l’ambiance de l’histoire.
  • Pour « L’histoire du petit chapeau à plume de geai »
  • Noter les noms des personnages (Tom « massif »/ Alphonse « àfond » et Jean), et leurs moyens de locomotion (un bulldozer / une Bugasserrati / une mobylette).
  • Mettre en valeur que leur nom et leur moyen de transport sont en accord avec leurs caractères (fort et indolent / rapide et pressé / simple et humble) et leur engagement dans la vie.
  • Discuter de ces 3 façons de vivre, des dérives de chaque engagement de vie en restant attentif à ne pas aller sur le terrain du jugement.
  • Remarquer l’intérêt de ces 3 attitudes pour la narration.
  • Focaliser l’attention sur le temps dans l’histoire et dans le film

 

 « Il était une fois… » le temps

Dans les contes, les notions de temps, d’espaces et de distances se défont de toute rationalité.

Le manque de temporalité réaliste associé au « Il était une fois… » appuie le caractère merveilleux des contes mais renforce aussi la pérennité de leur morale.

Au cinéma, le temps est, lui aussi, élastique, au gré du réalisateur. Les procédés cinématographiques permettent de le déformer :

  • l’arrêter (l’image se fige )
  • l’accélérer (passer d’une situation à une autre sans présenter les temps intermédiaires)
  • le ralentir (le film est ralenti)
  • faire des retours dans le passé ( flash back)
  • avancer dans le futur (flash forward)
  • recourir, en voix off, à la voix intérieure du personnage (« quand j’étais jeune… »)
  • recourir à des images ou des documentaires authentiques insérés dans le scénario
  • recourir à des objets qui « évoluent » dans le décor (un bouquet qui se fane / la neige qui s’amoncelle / etc.)

La notion de temps est très présente dans les deux histoires du « Jardinier qui voulait être roi ».

Il est figuré de différentes manières dans les 2 courts-métrages :

  • par le mélange d’objets et d’accessoires issus d’époques très différentes qui se côtoient dans un monde médiéval (roi / château / etc.). Il traduit peut-être l’intemporalité du conte
  • par l’insertion d’images d’actualités vraies
  • par le thème même d’un des films qui s’appuie sur la nostalgie et la recherche de la jeunesse perdue
  • par des « voyages possibles » entre le présent et le passé ou le présent et le futur, un leitmotiv de la création littéraire et cinématographique
  • dans le traitement filmique des contes.

Avec les élèves

  • Repérer les anachronismes et en suggérer le rôle (par exemple sous la forme: le scénariste a peut-être voulu montrer que…). Différentes propositions peuvent émerger et peuvent sembler valides; l’essentiel est de s’interroger sur cette question, d’émettre des hypothèses et donc de réfléchir aux intentions possibles dans la création.
  • Repérer et répertorier les moments où le film passe d’une situation à une autre sans présenter les temps intermédiaires. Une bonne occasion d’expliquer aux élèves ce qu’est une  » ellipse temporelle « . Cette figure de style utilisée aussi dans la littérature (« ellipse narrative « ) est difficile pour les élèves, elle les oblige à rétablir mentalement les passages que l’auteur passe sous silence. Le repérage des ellipses temporelles dans les courts-métrages, est fait dans Le cahier de note sur… Pages 13 et 14. Un travail d’accompagnement pour la compréhension du récit et pour la compréhension du principe de l’ellipse temporelle, peut consister à essayer de dire, à dessiner ou à écrire ce qui a pu se faire ou se passer dans le temps absent du récit ; la réalisation d’un story-board est particulièrement recommandé pour cette activité.
  • Dans l’histoire du petit chapeau à plume de geai, recenser tous les indicateurs qui mettent l’idée du temps en valeur : les noms des personnages / leurs moyens de locomotion / des paroles (« j’ai traversé cette vie si vite… »), le vieillissement des personnages / des moments de contemplation et constater la différence entre le traitement filmique et le traitement littéraire connu des élèves.

 Moralité des contes

Ces deux films parlent autant aux enfants qu’aux adultes par leur engagement et les questionnements moraux qu’ils véhiculent (le pouvoir et la tyrannie pour La raison et la chance, la recherche du bonheur pour L’histoire du petit chapeau à plume de geai.)

Ils ont été écrits en écho à l’histoire de la Tchécoslovaquie. Avec les élèves, il ne s’agit pas d’insister, peut-être même pas de présenter ces épisodes historiques mais de faire réfléchir aux intentions des metteurs en scène et au message véhiculé par les contes.

Avec les élèves

1. A propos du pouvoir tyrannique, du complot et de l’injustice (La raison et la chance)

  • Relever toutes les manifestations d’injustice et d’abus de pouvoir (les jugements arbitraires, l’absence de justice, la conspiration, l’hypocrisie du conseiller, les aveux forcés…) et les éléments de sa mise en scène.
  • Recenser les moyens disponibles dans le château pour surveiller sans être vu (portes dérobées, judas dissimulés dans les tableaux).
  • Évoquer comment et pourquoi les espaces sombres du château participent de l’ambiance du film.
  • Évoquer des situations de tyrannie ou d’injustice connu des élèves (réelles ou fictives en se référant à d’autres contes)
  • Trouver un « slogan » , une morale pour le conte.

2. A propos des choix de vie et de la recherche du bonheur (Le petit chapeau à plume de geai)

Comme dans beaucoup de conte, c’est le « petit », le modeste, le simple qui « gagne » et qui semble avoir trouvé un équilibre de vie sans excès mais… Le film appelle une interrogation personnelle, intuitive, sur le bonheur, sur l’envie d’être heureux et sur la manière de réussir sa vie.

Des questions que les élèves se posent aussi, même si ils ne les verbalisent pas forcément.

Le film est l’occasion de cette réflexion « philosophique » qui peut être mené en prenant appui sur d’autres contes, sur des lectures, sur des exemples et modèles contemporains, sur des modèles familiaux. Autant de points d’appui qui permettent aux élèves d’enrichir leurs pensées, de confronter leur avis et de le moduler.

Télécharger le dossier réalisé par Françoise Maurin, Conseillère pédagogique arts visuels, DSDEN du Gard, Académie de Montpellier :

  • Les fiches 4A/ 4B / 4C / 4D de ce dossier pédagogique peuvent nourrir vos propositions de travail autour des personnages du film.
  • Les fiches 7A / 7B / 7C / 7D peuvent nourrir vos propositions de travail autour du temps.

DES LIENS AVEC D’AUTRES DOMAINES ARTISTIQUES

Arts visuels

– Jiri Trnka (1912/1969), La main, 1965, film d’animation

– Jiri Trnka (1912/1969), La Grand-mère cybernétique, 1962, film d’animation

Arts du quotidien

La Bugasserati, clin d’oeil aux automobiles de la marque Bugatti, permet une passerelle vers deux richesses du patrimoine local :
– Les usines Bugatti de Molsheim
– La cité de l’automobile, collection Schlumpf, de Mulhouse

Les usines Bugatti à Molsheim usine_bugatti

La saga Bugatti sur le site wikipédia

La cité de l’automobile à Mulhouse abrite 500 véhicules dont 464 automobiles de 98 marques.

C’est la plus importante collection de Bugatti au monde avec deux des six fameuses Bugatti Royale dont la Bugatti Royale Coupé Napoléon bugatti_royale

 

Coordination : Fabienne Py – Conseillère pédagogique en arts visuels