La ruée vers l’or

rueeTitre original : The Gold Rush.
Film en noir et blanc
Scénario : Charles Chaplin
Producteur : Charles Chaplin pour la United Artists.
Voix et musique de Charles Chaplin
Année de création :
Version originale, 1923/1925
Nouvelle version, 1942
Durée : 69’

 


 
LE FILM

« La ruée vers l’or » sur le site des « Enfants de Cinéma« , partenaire du dispositif « École et Cinéma » (résumé / notes d’intention / images)

 

« La ruée vers l’or » sur Wikipédia (résumé / personnages présentés en acteurs et créatures / anecdotes)

 

Le film sur le site de Arte

 

La bande annonce (pour info : site commercial)


 
L’AFFICHE

affiche_ruee

Disponible en grand format sur le site « Enfants de Cinéma »


 
LA MUSIQUE

 

Dans la version de 1942, la musique est de Charles Chaplin, Gerard Carbonara et Max Terr.

Pour la première de La Ruée vers l’or, le 26 juin 1925, la projection était accompagnée d’une partition pour orchestre compilée par l’un des plus grands compositeurs de films muets, d’origine roumaine, Carli D. Elinor (1890-1958).
A l’époque, les films muets n’étaient jamais silencieux; l’accompagnement musical était joué en direct.
Les salles prestigieuses des grandes villes possédaient même leur propre orchestre.
Dans les petites salles, l’accompagnement musical était la plupart du temps une improvisation au piano ou au violon.

Réalisateur exigeant, Chaplin avait pleinement conscience de l’importance de la musique sur le scénario.

Quand, en 1942, Chaplin décida de ressortir La Ruée vers l’or dans une nouvelle adaptation pour un public désormais accoutumé au parlant, il composa et enregistra une partition totalement neuve, avec pour directeur musical un célèbre musicien populaire, Max Terr. Ce dernier fut nominé aux oscars de 1943 pour la musique originale de La Ruée vers l’or, dans la catégorie “Meilleure Musique pour un film dramatique ou une comédie”.

Extraits du site officiel de Charlie Chaplin
(http://www.charliechaplin.com/en/biography/articles/68-La-Ru-e-Vers-l-Or)

Pour repérer les musiques dont Chaplin s’inspira pour sa bande sonore, voir la rubrique « Liens avec d’autres domaines artistiques »


 
LA DANSE DES PETITS PAINS

Revoir ce moment poétique exceptionnel


 
MOTS CLÉ

Burlesque, femme aimée, or, neige, vagabond, cinéma muet, voix off, version originale, scénariste, acteur, producteur.


 
PISTES PÉDAGOGIQUES


LE FANTASTIQUE DANS LA RUÉE VERS L’OR

 

Fantastique ou Burlesque ?

Généralement, on dit de ce film qu’il appartient au genre du burlesque
Qu’est-ce-que le burlesque ?
Le film burlesque relève de la grande famille du cinéma comique dont l’intention est de divertir le public en utilisant les armes du rire ou du sourire.
La comédie amuse par l’exagération des mœurs et des caractères dans une perspective réaliste.
Le burlesque utilise des effets comiques inattendus et des gags qui, subrepticement insérés dans le récit, créent un univers absurde et irrationnel.
Le vocable «burlesque» vient de l’italien burla (plaisanterie). Au XVIIème siècle, il désignait un genre littéraire.
Pour désigner le cinéma burlesque, les Américains emploient aussi le mot slapstick qui signifie coup de bâton.La bastonnade et l’envoi de tartes à la crème sont les gags les plus fréquents dans les films burlesques.

Le film n’est pas reconnu « officiellement » comme un film fantastique.
Cependant, une analyse prenant en compte les décalages entre le réel, le possible et l’impossible permet d’entrer dans le monde fantastique de Charlie Chaplin.
Avec les élèves :
– Répertorier, décrire les différentes situations totalement insolites
– Expliquer la part de l’insolite.
– Les ranger dans l’ordre chronologique, les situer dans l’espace
– Essayer d’expliquer la fonction de ces moments insolites dans le film. Pour cela,
– Les qualifier du point de vue de l’ambiance qui s’en dégage (rassurante / confortable / amusante / inquiétante / etc.) et saisir en quoi ils servent l’histoire.

- Faire la même recherche avec les situations totalement réalistes.

Les trucages dans le film

Charlie Chaplin usent de trucages pour créer des phénomènes qui n’existent pas dans la réalité et qui servent les effets comiques qu’il recherche.
Avec les élèves :
– Repérer ces scènes impossibles,
– Imaginer comment le metteur en scène a pu faire pour réaliser la scène. Pour cela,
– Émettre des hypothèses diverses sur les techniques, des trucages, même si ces hypothèses ne peuvent pas se vérifier. Cette activité d’imagination permet aux élèves de se créer une intuition et une perspicacité des effets spéciaux. Par ailleurs, elle installe des attitudes de curiosité et d’inventivité qui serviront l’avenir scolaire et professionnel des élèves.
En ce qui concerne le film La Ruée vers l’or, les trucages sont connus. Il sera donc possible de comparer les propositions des élèves et les techniques réellement employées.

La plupart des trucages du film de Chaplin ont été réalisés lors du tournage.
Les trucages sont décrits dans le Cahier de note sur, document d’accompagnement réalisé par Enfants de Cinéma :

  • Pour la scène d’intérieur, avec le basculement de la cabane suspendue dans le vide, un plateau actionné par des poulies a été utilisé.
    Avec les élèves, il serait possible de réaliser le dispositif en miniature.
  • Une maquette a servi à la réalisation des scènes où l’on voit la cabane de l’extérieur. Ces scènes ont été tournées en studio.
    Avec les élèves, il est possible de repérer ce trucage puisque lorsque des personnages apparaissent dans ces scènes (Big Jim ou Charlot), ils ne donnent pas l’impression de marcher sur la neige et leurs pas ne laissent pas de traces dans la neige. Techniquement, on a eu recours à des incrustations, pas encore très bien maitrisées à l’époque.
  • Pour la transformation  en poule, on arrête la caméra, on fait revenir en arrière la pellicule, le personnage déguisé en poule prend la place et on s’assure que le reste n’a pas bougé (accessoires, Big Jim, assis, les mains posées sur la table) pour qu’il n’y ait pas de chevauchement quand la caméra filme à nouveau. Même chose dans le sens inverse, de la poule géante au personnage.
  • La lutte de Charlot contre le vent qui l’empêche de sortir de la cabane n’a pas nécessité une soufflerie puissante. On voit que le sol est légèrement incliné, rendu glissant, le reste étant dû au talent de mime de Chaplin.
La Ruée vers l’or

L’or est un élément chimique de symbole Au (du latin aurum). Il s’agit d’un métal précieux très recherché, depuis toujours, et apprécié sous forme de parures ou de pièces de monnaie..
Ce métal au naturel se présente sous forme de pépites, qui peuvent avoir été réduites en poudre ou en paillettes, par érosion mécanique.
Il y a deux types de mines d’or : celles qui exploitent des roches aurifères en place, généralement des filons, et celles qui exploitent des alluvions résultant de l’érosion fluviale des roches mères. Les minerais sont concassés et broyés.
La ruée vers l’or est une expression qui désigne l’arrivée massive de chercheurs d’or, en quête de fortune rapide, dans un lieu où la découverte d’un filon a été annoncée.
Au XIXème siècle, de nombreuses villes ont ainsi émergé en Californie, Australie, ou encore dans la région du Klondike (rivière canadienne du Yukon), où se situe l’histoire du film.

L’histoire racontée est-elle réelle ou inventée ?

Le contexte de la création du film permet de poser la question.
Charlie Chaplin construit son film à partir d’un récit authentique lié à la ruée vers l’or (l’expédition Donner de 1846-1847). Un groupe d’émigrants en route pour la recherche d’or se retrouve perdu et bloqué par une tempête de neige dans la Sierra Nevada. Pour survivre, certains mangent leurs chaussures, d’autres les corps sans vie de leur confrère ou les chiens morts de l’expédition et d’une photographie de 1898 de la ruée vers l’or dans le Klondike. Charlie Chaplin utilise les « anecdotes » de cette aventure et amplifie leur caractère effarant, inconcevable jusqu’à rendre les situations cocasses mais non moins tragiques dans le cadre de la lutte de son personnage pour sa survie.
Le tournage fut compliqué; plus de 600 figurants, des décors extravagants et des effets spéciaux. La dernière scène ne fut réalisée qu’en mai 1925 après 15 mois de tournage.

Avec les élèves :
– Comparer l’image d’introduction du film, le passage du col de Chilkoot avec la photographie de prospecteurs présentée sur le site Wikipédia (http://fr.wikipedia.org/wiki/Col_du_Chilkoot) (voir ci-dessous) et constater que Chaplin s’inspire d’une image authentique.
– Lire les « coulisses de la Ruée vers l’or » sur le site officiel de Charlie Chaplin.
– Comprendre les enjeux de réalisation.
– Mettre en évidence les difficultés de réalisation du film liées au choix du site
– Mettre en évidence les prouesses techniques, au regard des techniques cinématographiques disponibles à l’époque. Comparer avec les techniques et matériels disponibles aujourd’hui pour la réalisation de films.

Les coulisses de la réalisation du film La Ruée vers l’Or

Photo de prospecteurs dans le col de Chilkoot, 1898
Image Wikipédia
propecteurs
Photogramme du film : le premier plan du film, 1922 plan1
Quelques références artistiques utiles pour le travail autour du fantastique :
Dennis OPPENHEIM (1938)Device to root out of evil, 1997Vancouver (Canada) device

 
DES LIENS AVEC D’AUTRES DOMAINES ARTISTIQUES

Arts du langage :

L’appel de la forêt (The Call of the Wild), 1903 et Croc-blanc( White Fang), 1906 de Jack London. Des scènes de la ruée sont insérés dans ces romans se déroulant au Klondike.

Arts du visuel :

Les photographies de l’ascension du col du Chilkoot et en général celles prises durant la ruée vers l’or devinrent célèbres à leur époque. parmi les photographes on peut citer:
– Georges G Cantwell
– Joseph Burr Tyrrell (http://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Burr_Tyrrell)

– Balthazar Picsou, le canard avare créé en 1947 par Carl Barks, pour les dessins animés de Walt Disney.
« Au fil des histoires de Barks, des éléments de la vie de Picsou sont petit à petit divulgués. Telle l’apparition d’un amour de jeunesse, Goldie O’Gilt, propriétaire d’un saloon à Dawson City à l’époque où Picsou était chercheur d’or au Klondike dans Donald au Klondike (Back to the Klondike) en mars 1953. » in http://fr.wikipedia.org/wiki/Balthazar_Picsou

Arts du son :

Les musiques dont Chaplin s’inspira pour la bande sonore de la version du film de 1942
« Le Vol du bourdon » de Nikolaï Rimski-Korsakov (1844/1908) dans l’extrait avec le vent dans la cabane (position sur le film 0:05’23’’ / 0:06’20’’) et dans la scène de lutte contre la rafale de vent.
– La valse de « La Belle au bois dormant » de Piotr Ilitch Tchaïkovski, (1840 / 1893) dans l’extrait où Charlot danse avec Georgia au saloon.
« Guillaume Tell » (ouverture de ) de Gioachino Rossini (1792/1868) pour la scène de la cabane dangereuse

La chanson « Ce n’est qu ‘un au revoir » (« Auld Lang Syne »), chanson populaire écossaise. Différentes traductions françaises des paroles existent (http://fr.wikipedia.org/wiki/Auld_Lang_Syne)


 
LA RUÉE VERS L’OR ET PIERRE(S)

 

Le clin d’œil avec « Pierre(s) » est peut-être celui de la préciosité du métal qui permet tous les rêves comme les pierres dites précieuses. Un rapprochement peut être fait sur la manière de découvrir, d’extraire ces matériaux précieux du sol et sur les espoirs qu’ils suscitent.
Par ailleurs, l’or est allié à la pierre. Il se situe dans la roche ; le filon-mère. Au fil de millions d’années, il est emporté par les torrents et parvient jusqu’à la rivière, où il se mêle au sable et aux graviers.

Pour en savoir plus sur l’aventure de la ruée vers l’or

Coordination: Fabienne PY, Conseillère pédagogique en arts visuels