écriture créative – quelques conseils

Dessin: CM, école Sainte-Madeleine 2015  / texte : 1er jet élève de CM, école Louvois 2015.

A propos d’écriture créative et de rapport aux œuvres…

Comme pour tout rapport à l’art, il faut se rappeler qu’il s’agit pour nous, en tant qu’enseignants, de permettre à chaque élève de vivre des expériences esthétiques, portes d’entrée au monde de l’art et de la culture. Et pour cela, il faut se rappeler que la poésie nous permet à la fois de nous reconnecter avec nos sentiments et sensations les plus intimes et avec le « Dehors ». Elle permet d’ailleurs de faire le lien entre notre intériorité et l’Universel. D’où l’importance du contexte si l’on veut mettre toutes les chances de son côté en tant qu’enseignant pour que quelque chose se passe chez les élèves. La poésie s’apparente au sacré (même s’il ne s’agit ni de foi ni de religion), elle profite d’un brin de cérémonie. Il convient d’y penser quand on l’aborde en classe.

Les pistes d’écriture créative présentées ici reposent toutes le lien étroit entre une œuvre et un regardeur. Le regard sur l’œuvre facilite l’entrée en écriture et l’écriture permet
de s’approprier l’œuvre de façon intime.

Une phase d’approche de l’œuvre est tout de même nécessaire avant d’écrire. Elle ne doit pas être savante et rébarbative mais basée sur l’expression des ressentis, le croquis, le jeu. La structuration des connaissances liées à l’œuvre viendra ensuite pour confirmer les ressentis et les intuitions révélés par dessins et textes produits.

 

Faire vivre un mur d’expression, un arbre à poèmes…

Quand on lit de la poésie (au sens large) ou de la littérature de jeunesse et qu’on repère des choses qu’on aime : passages d’un livre, poèmes entiers mais aussi expressions, extraits, une image poétique ou drôle, un mot bizarre ou savant…  Il faut les garder précieusement comme des trésors. Voici quelques idées pour constituer le trésor et puis pour le faire vivre :

Des espaces consacrés à l’affichage avec une mise en valeur

  • Supports variés: Papiers ronds, en forme de nuages, etc., papiers de couleurs ou spéciaux (calques, papier japon, kraft…), formats peu courants : bandes de papier verticales, horizontales, ruban, post-it…
  • Techniques variées: Calligraphie, mélange image – texte, polices de caractères variées, calligrammes, illustrations, carte mentale…
  • Faire des ponts entre les arts: Associer à la collection de mots et poèmes, des images ou des reproductions d’œuvres, des musiques, des photos, des dessins…
  • Associer à la collection les textes que l’on produit et dont on est particulièrement fiers (textes produits par les élèves à différencier par la présentation des œuvres des poètes).
  • Faire vivre tout cela en s’y référant sans cesse : pour le plaisir en relisant ou en déclamant parfois des morceaux choisis, comme aide à l’écriture quand on manque d’idées, pour repérer quels sont les secrets du poème pour essayer de se les réapproprier pour écrire…

Un carnet de lecteur pour chacun
qui vient compléter les affichages et en constitue également une trace personnelle possible.

Des moments et des endroits privilégiés
  • Des rituels poétiques (lecture / écriture) tous les jours.
  • Des moments institutionnalisés de lecture personnelle pendant la semaine avec une incitation à se servir de son carnet de lecteur.
  • Une fréquentation assidue des poèmes (au sens large) qui ne se limite pas à en apprendre un par cœur de temps en temps. On peut les lire juste pour le plaisir, en écrire…
  • Une habitude de chercher les « secrets» des poèmes ou des textes, tout en ne réduisant pas le poème à l’application d’une technique ! Bien spécifier que l’on n’épuise jamais tous les secrets d’un poème ou d’un texte et qu’on n’arrive jamais qu’à lever un petit coin du mystère.

Quand on cherche les secrets du poème, on ne donne pas de mots savants pour désigner des figures de style ou des moyens littéraires, on laisse les élèves décrire les moyens employés avec leurs mots et on n’oublie pas de garder tout cela en mémoire (affichage, porte-vue…) pour pouvoir s’y référer lorsqu’on écrit. On met en place cet aller-retour incessant entre lecture et écriture.

  • Instaurer un coin d’écrivain dans la classe avec des pistes d’écriture déjà testées que ceux qui ont envie peuvent continuer à explorer, des jeux d’écriture connus des élèves, des incitations variées à l’écriture (questions ouvertes, énigmes à la Harris Burdick) que les élèves choisissent ou tirent au sort. Réfléchir avec les élèves sur le devenir de ces textes (cahier d’écrivain, carnet de lecteur, mur d’expression, arbre à poèmes, affichage, journal, etc.) Ne pas oublier de laisser le choix :
    • d’écrire pour eux seuls,
    • de faire lire à l’enseignant pour s’améliorer, pour se faire aider ou pour se faire corriger les erreurs…
    • de le lire devant les autres.
    • de la mise en valeur (affichage, recueil collectif, recueil personnel…)
Une mise en valeur au niveau de l’école

Sous la forme

  • D’un mur d’expression avec des questions inspirantes auxquelles on répond sur un post-it (ou autre).
  • D’un arbre à poèmes (ceux qu’on a découvert et ceux qu’on a écrit).
  • De moment institutionnalisés de lecture ou de déclamation devant un public (les camarades, les autres classes, les parents…).
  • D’une revue littéraire au niveau de l’école.
  • D’un affichage dans les couloirs…
  • D’une participation à un concours du genre Printemps de l’écriture, incorruptibles, etc.

Page proposée par Anne Matthaey, CPD arts plastiques – dernière mise à jour mars 2019.